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14 mars 2026France: des employées sans-papiers exploitées occupent un salon de coiffure à Paris pour obtenir leur régularisation
Se plaignant de ne plus être payées depuis des mois, les salariées d’un salon de coiffure du quartier africain Château d’Eau, dans le nord de Paris, sont en grève depuis le 3 mars. Travailleuses sans papiers pour la plupart d’entre elles, elles accusent leur patron d’avoir monté un système d’extorsion en profitant de leur situation administrative précaire. Dénonçant cette « exploitation », elles occupent le salon 24 h/24.
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Sur les murs du 65 boulevard de Strasbourg, des pancartes : « Patrons voleur, patron escroc », lit Bintou. Cette esthéticienne a l’impression d’avoir été exploitée : « Il nous a arnaquées pendant quatre ans. On travaillait, on travaillait, on travaillait, mais les salaires ne sont pas payés, le contrat n’était pas bon, les congés n’étaient pas payés. »
Sur le boulevard de Strasbourg dans le 10e arrondissement, au milieu de l’enfilade de vitrines aux têtes à perruques de toutes les couleurs, Bintou et ses cinq autres collègues, chasubles de la CGT sur le dos, sont sorties de l’anonymat pour dénoncer les « abus » de leur patron et « défendre leurs droits ».
Six jours de travail par semaine
Depuis quatre ans, la trentenaire travaille dans ce salon six jours par semaine sur sept, de 10h30 à 22h pour 1 300 euros par mois, assure-t-elle. Elle doit en plus verser « 250 euros » pour obtenir chaque fiche de paie qui ne mentionne qu’une dizaine d’heures déclarées, explique-t-elle.
Selon sa collègue coiffeuse Fofana, le patron amputait chaque mois leur salaire : « Il fallait que je paye 250 € chaque fin du mois par rapport à la police et à l’Urssaf, s’il y avait un contrôle. Pour avoir une fiche de paie et un contrat de travail… Même si on n’a pas de papiers, on a des droits. »
Fausses fiches de paie
Mais il y a quelques mois, les employées découvrent lors d’une intervention de la police dans le salon que les fiches de paie sont fausses, douchant leurs espoirs de sortir de la clandestinité avec une demande de régularisation à la préfecture. L’employeur a nié ces accusations auprès de l’AFP : « Tout est faux. J’ai voulu aider ces femmes et maintenant cela se retourne contre moi », a-t-il déclaré.
Mais pour le syndicaliste qui accompagne les salariées du salon, l’intention de l’employeur ne fait pas de doute : « Il les rackettait et leur prenait 250 € tous les mois, résume Sébastien Perronet, secrétaire de la CGT du 10e arrondissement. Nous, ce qu’on espère, c’est qu’elle puisse obtenir des papiers en règle vis-à-vis du travail qu’elles ont bien effectué en France depuis ces quatre ou cinq dernières années pour certaines. »
Mais hors micro, le syndicaliste explique que la reconnaissance auprès des préfectures du travail effectué par les travailleurs sans papiers peut être un long combat. D’autant plus ces derniers mois, dans un contexte de durcissement, par le gouvernement, des procédures d’obtention des titres de séjour.
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Source : www.rfi.fr

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