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14 mars 2026Les réactions des auditeurs montrent des avis divergents sur la couverture de la guerre au Moyen Orient. Certains estiment que le traitement est trop favorable à Israël et aux États-Unis. D’autres considèrent au contraire que le ton est trop critique à leur égard. Éléments de réponses avec Richard Place, directeur de la rédaction de franceinfo.
Emmanuelle Daviet : Comment recevez-vous ces critiques, opposées, et que disent-elles, selon vous, de la perception du traitement médiatique de ce conflit ?
Richard Place : On le sait, les conflits au Moyen Orient suscitent à chaque fois ce genre de réactions très tranchées, très polarisées. Parce qu’il y a aussi une polarisation politique autour de ce conflit-là. Nous sommes assez habitués à recevoir de telles critiques. Et j’ai tendance à penser que si nous les recevons des deux bords, c’est plutôt une bonne nouvelle. Cela signifie que nous avons un traitement équilibré.
Des auditeurs s’interrogent sur la manière dont les victimes civiles sont évoquées à l’antenne. Ils ont parfois le sentiment que certaines souffrances sont davantage mises en avant que d’autres, notamment celles des Israéliens, par rapport à celles des Iraniens. Estimez-vous que le contexte de ce conflit, où l’accès aux terrains est très restreint, explique en partie ce traitement ? Et comment évaluez-vous la fiabilité des informations que vous recevez sur les victimes civiles ?
En effet, le terrain dicte sans doute ce ressenti de la part de nos auditeurs, que je comprends parce qu’il y a des endroits où nous ne pouvons pas aller, et d’autres où nous nous trouvons avec du reportage, comme au Liban ou en Israël. On parvient tout de même à faire entendre des voix iraniennes, mais c’est plus compliqué, on recueille ces voix aux frontières, par exemple. Nous avons aussi réussi à joindre des Iraniens sur place, à Téhéran notamment. Mais, bien sûr, ce n’est pas la même chose que de pouvoir aller sur le terrain pour raconter et faire entendre le quotidien des victimes. Dans ces moments-là, il y a donc une forme de frustration, pour nous aussi, à ne pas pouvoir raconter ce qui se passe en Iran. Comme, d’ailleurs, nous ne pouvons pas raconter ce qui se passe à Gaza par exemple, parce que ces pays-là sont empêchés pour les journalistes.
Des auditeurs souhaiteraient savoir selon quels critères sont choisis les experts et les intervenants chargés de commenter et d’analyser la situation au Moyen-Orient ?
Il n’y a pas une « grille » de critères très précise. Ce sont souvent des gens avec qui nous avons l’habitude de travailler, que nous appelons régulièrement. Je tiens d’abord à rappeler que nous avons nos propres experts, à franceinfo, nos correspondants (Thibault Lefebvre en Israël ou Frank Mathevon aux États-Unis) ; ils ont un vrai savoir-faire, des explications précises à donner, une vraie culture des pays où ils sont en poste et de l’actualité dans ces pays-là. Nous disposons également à franceinfo de programmatrices qui accomplissent un travail énorme pour trouver des intervenants, des spécialistes, des chercheurs. Ce sont souvent des gens que nous avons rencontrés en interview, ou que nous avons sollicités pour intervenir en direct sur le mode invité. Et nous en découvrons régulièrement de nouveaux, que nous testons. Nous essayons de voir ce qu’ils peuvent nous dire et si leurs avis nous éclairent.
Je vous lis le message d’un auditeur qui résume une tendance dans ce que l’on reçoit : « La guerre en Iran est incontestablement un sujet majeur, aux conséquences que nul ne peut encore évaluer à terme. Votre rédaction y consacre un temps conséquent, ce qui est normal. Pour autant, des sujets qui ne sont pas anecdotiques ont complètement disparu. Plus un seul mot sur l’Ukraine. Où en est ce conflit ? Les bombardements russes se poursuivent-ils ? Les pourparlers sont-ils interrompus ? Il me semble que franceinfo pourrait y consacrer 10 minutes par demi-journée. Le sort des Ukrainiens mérite notre intérêt autant que celui des touristes coincés à Dubaï sur des paquebots de croisière. » Que répondez-vous à cette remarque ?
Un peu par provocation, je dirais que si l’on compare ce qui se passe en Ukraine à ces touristes bloqués sur un paquebot en disant que cela ne se vaut pas, que fallait-il faire sur la rencontre du PSG face à Chelsea ? C’est simplement un match de foot. Mais la vie c’est aussi cela : un match de foot, des touristes bloqués par un conflit sur un paquebot, et des guerres et des victimes de guerre.
L’Ukraine, nous en parlons très régulièrement. Nous en avons parlé encore hier en diffusant des extraits de l’interview de Volodymyr Zelensky réalisée par France Inter. En Ukraine, nous avons régulièrement envoyé des reporters et nous allons continuer à le faire. Nous y étions pour une journée spéciale lors des 4 ans du conflit, il y a moins d’un mois. Mais oui, quand le conflit au Moyen-Orient éclate, nous le couvrons beaucoup et il laisse moins de place pour les autres sujets, dont l’Ukraine.
Nous ne pouvons pas déterminer que nous allons consacrer 10 minutes par demi-journée sur tel ou tel sujet Nous ne dressons pas une liste de conflits et de sujets graves. Nous racontons le quotidien, la vie, nous racontons le monde tel qu’il est.
Notre analyse Actus-Eco.fr : Les informations présentées dans cet article reflètent les tendances actuelles de l’économie et des marchés internationaux. Pour plus de détails, consultez nos autres articles sur les prix du carburant et sur les marchés financiers.
Source : www.radiofrance.fr

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