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14 mars 2026Non, quitter Dubaï en cas de guerre ne conduit pas à un bannissement des Émirats arabes unis
Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, certains résidents étrangers, sur les réseaux sociaux, s’inquiètent, notamment, de leurs conditions de rapatriement. Au collège du Sacré-Cœur, à Marseille, les élèves ont repéré une vidéo de l’influenceuse Linda qui relaie un message alarmant sur Snapchat.
Jana : « J’ai vu passer une vidéo de l’influenceuse Linda dans laquelle elle expliquait que si les habitants des Émirats arabes unis quittaient le territoire en cas de guerre, ils pourraient être bannis du territoire. Est-ce vrai ?«
Non, quitter Dubaï, en cas de guerre, ne conduit pas à un bannissement
La publication, relayée par l’influenceuse Linda, montre une capture d’écran d’un message attribué à une internaute appelée « Lilyaa ».
Ce message affirme « qu’il ne faudrait surtout pas quitter Dubaï en cas de guerre, sous peine d’être banni définitivement des Émirats arabes unis, et que cela se serait déjà produit pendant la guerre du Golfe au début des années 1990.«
C’est faux, il n’existe aucune loi aux Émirats arabes unis prévoyant qu’un résident serait automatiquement interdit de retour parce qu’il quitte le pays pendant un conflit. Le droit émirati encadre bien les conditions d’entrée et de séjour des étrangers, mais rien n’indique qu’un départ en temps de guerre entraînerait un bannissement.
Les « travel bans » existent, mais pour des raisons judiciaires
Aux Émirats arabes unis, il existe en revanche des « travel bans« . Ce sont des interdictions de quitter le territoire et parfois d’y revenir décidées par la justice. Elles peuvent être prononcées en cas de dettes impayées, de litiges financiers, ou d’affaires pénales. Ces interdictions n’ont donc rien à voir avec la guerre.
L’influenceuse française Maeva Ghennam l’a illustré, malgré elle, début mars dans une vidéo sur ses réseaux sociaux où elle expliquait ne pas pouvoir quitter Dubaï parce qu’elle faisait l’objet d’un travel ban lié à une affaire judiciaire.
Un précédent historique… mais très différent
La rumeur évoque aussi un précédent pendant la guerre du Golfe entre l’Irak et le Koweït en 1990-1991.
Là encore, la réalité est plus complexe. Après la libération du Koweït en 1991, des centaines de milliers de personnes vivant dans le pays ont été expulsées ou empêchées de revenir. Il s’agissait notamment de Palestiniens, d’Irakiens et d’apatrides appelés « Bedoons ». Beaucoup ont perdu leur emploi, leurs économies ou l’accès à leurs biens dans le chaos de l’après-guerre.
Mais ces mesures relevaient de représailles politiques contre des populations accusées d’avoir soutenu Saddam Hussein pendant l’occupation du pays. Ce n’était pas une règle générale visant tous les habitants qui auraient quitté le pays par peur. Et surtout, cette situation concernait le Koweït en 1991, pas les Émirats arabes unis aujourd’hui.
Cette rumeur repose donc sur un mécanisme fréquent sur les réseaux sociaux : un événement historique réel, mais ancien et très spécifique, est repris et déformé pour lui faire dire autre chose.
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Source : www.radiofrance.fr

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