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14 mars 2026Pétrole brent : Depuis le déclenchement du conflit au Moyen-Orient, ils sont scrutés avec attention… Que se cache-t-il derrière le Brent et le WTI, les deux références mondiales des prix du pétrole?
(BFM Bourse) – Les deux contiennent le même volume d’hydrocarbures et servent de référence pour les prix du pétrole à l’échelle mondiale. Voilà bien les deux seuls points communs entre un baril de Brent, extrait de la mer du Nord, et un baril de West Texas Intermediate (WTI), produit aux États-Unis. Pour le reste, ces deux qualités de brut léger diffèrent à de nombreux égards.
Le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient fait flamber les prix du pétrole et du gaz alors que la région joue un rôle central dans la production et l’exportation des hydrocarbures consommés à travers le monde.
Cette semaine, le Brent et le WTI, les deux références mondiales pour les prix de l’or noir ont dépassé la barre des 100 dollars pour la première fois depuis 2022, et ont même tutoyé les 120 dollars. Même l’invasion de l’Ukraine par la Russie, qui avait vu le baril grimper jusqu’à 130,50 dollars début mars 2022, n’avait pas provoqué de mouvements aussi violents.
« Un baril qui dépasse un seuil critique des 100 dollars ne fait pas seulement bouger les écrans, il réveille les souvenirs des grands basculements macroéconomiques », analysait John Plassard, associé et responsable de la stratégie d’investissement de Cité Gestion en réaction à ces forts mouvements sur le pétrole.
Ces violents mouvements se sont immédiatement répercutés sur les prix à la pompe, bien que le cours du baril n’est qu’un des éléments du prix affiché sur les totems des stations-service.
« Une hausse d’un dollar du prix du baril se traduit généralement par une hausse d’un centime à la pompe », a expliqué l’économiste Philippe Chalmin, spécialiste des matières premières, interrogé par BFM Business.
La rédaction de BFM Bourse scrute et décrypte au jour le jour ces mouvements sur les prix du pétrole. Quand nous les mentionnons dans nos incontournables points marchés quotidiens, nous citons souvent deux contrats sur le brut: le Brent de mer du Nord, coté à Londres, et le West Texas Intermediate (WTI) de New York. Les deux contiennent environ 159 litres d’hydrocarbures et servent de référence pour les prix du pétrole à l’échelle mondiale.
Au fait, d’où vient le mot Brent?
Le Brent est le nom d’un gisement au large d’Aberdeen (Écosse), en mer du Nord, découvert en 1971 par l’exploitant Shell. Le géant pétrolier britannique a donné ce nom en référence à un oiseau : l’oie de Brent, rappelle Connaissance des énergies. Planete Energies, le site internet pédagogique de Totalenergies apporte une autre explication de l’origine du mot Brent, qui est l’acronyme de 5 formations géologiques réservoir du Jurassique moyen (Broom, Rannoch, Etive, Ness et Tarbert).
L’exploitation de ce champ a débuté en 1975, et était prévue de 25 ans au maximum. Elle aura duré 10 ans de plus. En réalité, il y a eu un élargissement de la base d’extraction, qui s’appelle désormais BFOE, l’acronyme de quatre gisements de mer du Nord : Brent, Forties, Oseberg et Ekofisk.
Le Brent étant extrait de la mer du Nord, il est plus accessible aux acheteurs d’Europe, d’Asie et d’Afrique, grâce aux nombreuses voies maritimes reliant ces continents.
Autre avantage du Brent, il s’agit d’un brut léger constitué de mélanges de bruts issus de 19 gisements en mer du Nord. Il est peu sulfureux et facile à transformer en diesel ou en essence. Par ailleurs, ce pétrole étant foré en pleine mer, cela facilite son acheminement, ce qui explique qu’il soit aussi largement commercialisé et que son utilisation soit très répandue, rappelle IG.
Le Brent s’est donc imposé comme un standard pour deux tiers du pétrole brut échangé dans le monde, et est scruté de près par les acheteurs européens, asiatiques et africains.
Le WTI, l’autre référence mondiale
L’autre référence mondiale est appelée WTI. Derrière cet acronyme se cachent les mots West Texas Intermediate. Comme son nom l’indique, il est essentiellement produit au Texas, un peu en Louisiane et au Dakota du Nord, avant d’être livré à Cushing, au fin fond de l’Oklahoma (quand le Brent est acheminé par pipeline au terminal de Sullom Voe, dans les Shetland en Ecosse). Le gisement de WTI est plus petit et son utilisation est relativement locale. Le WTI est donc la référence pour le marché américain.
Le Brent et le WTI ont des prix différents. Et leur évolution est tributaire des événements économiques géopolitiques de leur aire d’influence. Le Brent sera plus sensible aux tensions au Moyen-Orient, ou les décisions des principaux producteurs d’or noir, réunis sous le club de l’Opep et de ses alliés (Opep+).
L’évolution du prix de son homologue américain, est sensible aux facteurs domestiques tels que la production de pétrole de schiste. Surtout que les contrats WTI étant spécifiquement basés sur les niveaux d’approvisionnement à Cushing, dans l’Oklahoma, le marché réagit particulièrement fortement lorsque les stocks y augmentent ou diminuent, même si ces mouvements ne reflètent pas les stocks globaux de brut aux États-Unis.
Pourquoi le Brent est aujourd’hui plus cher que le WTI?
La qualité de ces deux références a aussi une grande influence sur le prix. On rappelle qu’une fois extrait, le pétrole est raffiné avant d’être livré sous forme de baril. Et la qualité du pétrole contenu dans un baril de WTI est meilleure que celle du Brent, l’or noir extrait au Texas ne contenant que 0,24% de soufre contre 0,37% pour celui extrait en mer du Nord.
Également plus léger (la densité API, qui mesure la viscosité, du WTI se situe autour de 39,6 contre 38 pour le Brent), le pétrole américain est donc plus facile à raffiner et la faible teneur en soufre le destine à la production d’essence, alors que le Brent convient mieux à la production de distillats tels que le kérosène ou le diesel.
Ce différentiel de qualité justifiait l’écart de prix historique entre les deux références, le baril de WTI s’étant longtemps échangé environ un dollar plus cher que celui de Brent. Le pétrole américain possède fondamentalement de meilleures caractéristiques que son homologue européen. Pourtant, il s’avère aujourd’hui moins onéreux. Le tournant s’est en effet opéré dans les années 2010. Le développement du pétrole de schiste a en effet inondé le marché américain et l’offre, devenue beaucoup plus importante, ce qui a pesé à la baisse sur les prix.
Aussi, jusqu’en 2015, les groupes américains n’avaient en effet pas le droit de vendre du WTI à l’étranger, contrairement aux produits raffinés. Or en 2015, l’administration Obama a levé cet « export ban ».
À l’origine de ce revirement politique et stratégique : le pétrole de schiste. Très léger, celui-ci intéresse moins les raffineurs qui lui préfèrent du pétrole plus lourd. Ce qui a désavantagé le WTI par rapport au Brent sur les marchés, obligeant Obama à autoriser les exportations de WTI.
Sauf que le pétrole américain destiné, par exemple, à la Chine a un coût de transport plus élevé par rapport au Brent, qui est plus proche géographiquement. Donc le prix de marché du WTI s’ajuste à la baisse pour compenser et rester compétitif.
Le « spread » Brent et WTI
Le Brent et le WTI évoluent donc à deux prix différents, ce qui donne lieu à un écart entre les deux contrats. Cet écart ou « spread » comme évoqué plus haut peut ponctuellement évoluer, en fonction d’une forte variation de la production ou des chocs géopolitiques.
En 2015, une forte augmentation de la production de pétrole de schiste aux États-Unis a entraîné une saturation des capacités des oléoducs, ce qui a limité la capacité à acheminer le pétrole vers la côte pour l’exportation. Cela a provoqué une baisse du prix du WTI par rapport au Brent et donc une forte augmentation de l’écart entre le Brent et le WTI, rappelle Ycharts.
Avant le déclenchement de la guerre en Iran, ce « spread » oscillait autour des 4-5 dollars, et s’est même écarté à 8,80 le 3 mars dernier. « La raison est que, en tant qu’indicateur international, le prix du Brent est davantage affecté par les perturbations d’approvisionnement en provenance du Moyen-Orient que le prix du WTI« , a déclaré Carsten Fritsch, analyste matières premières chez Commerzbank AG, cité par TradingView.
« Lorsque cet écart se creuse, cela traduit souvent des inquiétudes accrues concernant les voies d’approvisionnement maritimes, la sécurité maritime et la santé des marges de raffinage en Europe et en Asie, ajoute Ad Hoc News.
Si le Brent et le WTI sont les deux références mondiales de pétrole qui occupent le devant de la scène, il en existe pléthore d’autres. Pratiquement chaque pays producteur a son propre mélange de brut qu’il commercialise. L’Arab Light est un type spécifique de pétrole brut léger principalement produit par l’Arabie saoudite, l’un des plus grands exportateurs mondiaux de pétrole.
Le Sahara Blend est le nom de référence du baril de pétrole algérien, le Basra Medium est l’étalon phare du baril d’or noir irakien, quand le Western Canadian Select donne la température des cours du brut canadien. Il existe au total plus de 150 références que vous pouvez retrouver ici dans leur intégralité.
Sabrina Sadgui – ©2026 BFM Bourse
Notre analyse Actus-Eco.fr : Cette actualité illustre les évolutions récentes des marchés et leur impact potentiel en France. Retrouvez nos analyses complémentaires dans nos articles sur l’économie et sur les marchés financiers.
Source : www.tradingsat.com

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