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14 mars 2026Première nation au tableau des médailles, pourquoi la Chine est-elle si forte aux Jeux paralympiques ?
Comme il y a quatre ans lors de ses Jeux à domicile, à Pékin, la Chine devrait terminer la compétition en tête du classement des pays.
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La Chine, nouvelle place forte du paralympisme. Comme lors des derniers Jeux paralympiques en 2022, la Chine est en tête du tableau des médailles. Elle affiche 12 médailles d’or et 34 au total, samedi 14 mars, devant les Etats-Unis (10 en or, 20 médailles totales) et l’Italie (6 en or, 14 médailles). Pour ses Jeux à la maison il y a quatre ans, elle avait récolté 61 médailles dont 18 en or. Cela avait marqué un tournant pour le pays qui n’avait jusque-là remporté au mieux que deux médailles en 2018, après quatre éditions sans aucun podium. Comment expliquer cette transformation ?
« En 2022, quand ils ont été pays hôte des Jeux, ils voulaient à tout prix être très forts. Pékin 2022 a changé la donne », pose le Français Stefan Sazio, ex-coach de l’équipe de France, et désormais entraîneur en chef du paraski alpin en Chine depuis 2024. L’approche de 2022 ressemble à celle de 2008, quand la Chine a accueilli pour la première fois les Jeux d’été. « Depuis, on ne cherche même plus qui sera le premier pays médaillé aux Paralympiques d’été. Plus personne ne se dispute la première place, on regarde directement la deuxième », appuie Jean Minier, directeur des sports au sein du Comité paralympique et sportif français (CPSF).
« La Chine utilise depuis longtemps les compétitions sportives à des fins géopolitiques, avec une vraie volonté de marquer la puissance de son pays au travers des résultats sportifs. »
Jean Minier, directeur des sports au sein du CPSFà franceinfo: sport
Pour être à la hauteur du rendez-vous, la Chine a mis les gros moyens. « Ils ont mis en place un grand programme de détection et ont accompagné la montée en compétences. Ils ont aussi des structurations d’entraînement où les athlètes sont totalement sortis d’un cadre de vie ordinaire pour être pris en charge à 100 % dans la préparation sportive », énumère Marie-Amélie Le Fur, la présidente du Comité paralympique sportif français (CPSF).
« Pour 2022, ils ont mis les mêmes moyens sur leur relève que dans leur organisation de Jeux où ils étaient sans limites, et ont recruté des coachs en Europe », appuie Marie Bochet, cheffe de mission de la délégation française aux Jeux de Milan Cortina. Bien que les observateurs dressent un même constat, il est difficile de quantifier les sommes investies et déployées dans ce projet de performance, tant les Chinois verrouillent ce genre d’information. Contacté par franceinfo: sport, le Comité paralympique chinois, présent aux Jeux de Milan Cortina, n’a pas répondu à nos sollicitations.
« Ce sont de gros travailleurs qui ne s’arrêtent jamais. Parfois, je dois même dire stop. Ils passent plusieurs semaines sans rentrer chez eux. C’est très cadré », explique Stefan Sazio, qui entraîne ses athlètes sur les installations des Jeux de 2022. « Le site de Yanqing [du ski alpin en 2022] est devenu le centre national d’entraînement. C’est fabuleux de s’y entraîner. Nous logeons dans l’ancien village des athlètes, qui a été transformé en hôtel », assure le coach français qui décrit des conditions d’entraînement optimales au quotidien, en « conditions de course ». L’objectif n’est pas de figurer sur une marche du podium, mais de s’y afficher au sommet.
« Ils préfèrent remporter une ou deux médailles d’or que huit ou dix en argent et bronze. Ils mettent la priorité sur l’or car ils veulent que le pays brille. C’est l’aura de la nation. »
Stefan Sazio, coach en chef du paraski alpin en Chineà franceinfo: sport
L’autre avantage est démographique. L’entièreté de la population française est inférieure au nombre de personnes en situation de handicap en Chine. D’après Disability:IN, principale organisation à but non lucratif au monde dédiée à l’inclusion des personnes handicapées en entreprise, 85 millions de Chinois étaient en situation de handicap en 2018. « Avec un tel vivier, vous avez la capacité d’emmener de grandes délégations aux Jeux, avec des athlètes qui sont présents dans toutes les disciplines », pointe la présidente du Comité paralympique sportif français (CPSF), Marie-Amélie Le Fur. « Ils ont un potentiel de recrutement monumental, confirme Jean Minier. Il n’y a tellement pas de comparaison possible. [Ils peuvent] leur faire miroiter un changement de statut social et une amélioration de leur condition de vie au travers d’un projet de performance. »
L’approche a été payante, puisque jamais autant d’athlètes chinois n’avaient été alignés à Pékin en 2022, soit 96 athlètes contre 26 en 2018 et 10 en 2014. « Ils ont mobilisé d’énormes moyens sur des athlètes à potentiel. On a vu sortir des filles en paraski alpin qu’on n’avait jamais vues auparavant. Ils ont aussi un petit peu ‘joué’ sur certains coefficients et certaines classifications afin de placer les bonnes personnes au bon endroit », se souvient l’octuple championne paralympique de ski alpin Marie Bochet. D’ailleurs, en 2022, avec la pandémie mondiale du Covid, les test-events, qui servent de répétition à la fois pour les organisateurs et les athlètes en amont des Jeux, n’ont pas eu lieu. Les athlètes chinois étaient donc les seuls à avoir essayé et reconnu les installations en amont, leur conférant un avantage de taille.
« On ne savait pas si cela allait durer, se remémore Marie Bochet. On les voit peu lors de la saison sur le circuit de la Coupe du monde. Je n’arrive pas à dire s’ils vont continuer à développer ou s’ils surfent encore sur cette détection de 2022. Mais je n’ai pas vu sortir énormément de nouvelles têtes. » Si le pays se repose encore sur les investissements de 2022, reste à savoir s’ils vont continuer dans cette voie. « On l’a vu en 2008, quand la Chine devient une grande nation d’un sport, elle le reste. Elle n’est jamais revenue au statut d’avant Jeux 2008 », prévient Marie-Amélie le Fur, qui préfère y voir une émulation au sein du mouvement paralympique. « Pour nos athlètes, conclut-elle, cette concurrence chinoise leur offre une véritable adversité. Le mouvement paralympique se structure, ce qui est très positif. »
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Source : www.franceinfo.fr

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