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Le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (le BCNUDH) vient de publier ses chiffres annuels en République démocratique du Congo. Les Nations Unies publient un rapport alarmant sur la situation des droits de l’homme dans le pays. Plus de 20% de hausse des violations documentées en un an sur l’ensemble du territoire congolais.
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La violation la plus documentée en 2025 reste les exécutions sommaires ou extrajudiciaires. Les chiffres sont précis. Plus de 3 900 victimes d’exécutions sommaires ou extrajudiciaires, dont près de 300 enfants. 4 200 personnes ont par ailleurs été victimes d’enlèvements, parmi lesquelles 230 mineurs. Géographiquement, rien de nouveau : le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et l’Ituri restent les provinces les plus touchées.
Et sur la question des responsabilités, le rapport est précis : ce sont les groupes armés qui demeurent les principaux auteurs des atteintes. En tête, le M23, suivi des Wazalendo, alliés des FARDC, puis des ADF et de la Codeco.
Sur les violences sexuelles liées aux conflits, la hausse est de près de 60% par rapport à l’année précédente. Plus de 600 victimes recensées. Le M23 est là encore le premier mis en cause, selon le rapport.
Mais le document pointe aussi les agents de l’État : les militaires des forces armées (FARDC), la police nationale, et même les services de renseignements (ANR), responsables de cas touchant 20% de l’ensemble des victimes. Concernant les FARDC spécifiquement, une feuille de route a été signée en septembre 2025 par le vice-Premier ministre chargé de la Défense, Guy Kabombo Mwadiamvita. Elle court d’août 2025 à avril 2026 et détaille les actions attendues pour sortir l’armée congolaise de la liste des parties soupçonnées de schémas de violences sexuelles en temps de conflit.
Des forces étrangères sont également citées : l’armée ougandaise impliquée dans des cas visant sept victimes, l’armée burundaise dans des cas concernant deux femmes.
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Tortures et détentions par les services de renseignements pointés du doigt
Selon le BCNUDH, 503 détenus ont été recensés dans les geôles de trois services de renseignements congolais : l’ANR, le CNC et l’état-major des renseignements militaires. Certains sont là depuis 2023. Sans juge. Sans avocat. Sans nouvelle de leur famille. Des cas de tortures physiques et psychologiques ont été documentés.
Ce qui aggrave le tableau, c’est le cas du Conseil national de cyberdéfense (CNC). Cette structure n’a légalement aucun pouvoir d’arrêter qui que ce soit, dit le rapport. Pourtant, elle détient des personnes depuis de longs mois, dans des lieux non officiels à Kinshasa, ajoute le document.
Le BCNUDH a recueilli des témoignages de familles : les personnes appréhendées étaient soupçonnées d’être proches de l’ancien président Joseph Kabila, de l’ancien Premier ministre Matata Ponyo ou simplement d’avoir critiqué publiquement une décision du gouvernement.
Le BCNUDH demande aux autorités congolaises de transférer tous ces détenus devant des juridictions compétentes. Le gouvernement, réagissant à un rapport similaire de Human Rights Watch, rejette ces accusations. Il affirme que des visites ont été autorisées pour les familles, mais aussi pour les équipes de Human Rights Watch. Et il justifie les détentions par le contexte sécuritaire : l’agression de son territoire, dit-il, mais aussi des tentatives de déstabilisation des institutions, y compris par voie numérique. Les arrestations, selon Kinshasa, s’inscrivent dans le cadre d’enquêtes légalement ouvertes.
Il n’y a pas que Kinshasa qui est épinglé dans ce rapport de l’ONU. Dans plusieurs régions du pays, il y a des besoins de protection. En 2025, le BCNUDH a reçu 628 demandes de protection individuelle dans le pays : journalistes, défenseurs des droits, lanceurs d’alerte. C’est plus du triple qu’en 2024. Et dans l’écrasante majorité des cas, précise le rapport, la menace vient de l’AFC-M23 : 525 cas sur 628 lui sont directement attribués.
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Source : www.rfi.fr

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