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15 mars 2026Agents IA: la nouvelle révolution de l’intelligence artificielle va‑t‑elle vraiment remplacer nos emplois?
Les agents IA sont le dernier produit de la révolution de l’intelligence artificielle. Finies les conversations sans fin avec un chatbot pas toujours bien luné, maintenant l’agent travaille pour vous, c’est en tous cas la promesse des récents produits proposés par les plateformes comme Claude Cowork, Perplexity Computer, l’assistant d’OpenAI ou Gemini Workspace. Éclairage sur cette tendance qui enthousiasme autant qu’elle effraie avec Alex Doda, de la plateforme Agentso, spécialisée dans la création de ces agents intelligents.
RFI : Quand avez-vous démarré vos activités dans le domaine des agents IA ?
Alex Doda : Agent.so a démarré il y a plus de trois ans, début mars 2023, comme un sous-domaine. Ce n’était pas vraiment planifié et je me suis dit : okay, il y a cette chose appelée IA, ChatGPT vient d’arriver, j’ai travaillé dans le domaine de l’IA depuis plusieurs années, et j’ai rapidement pensé à ce lieu virtuel dans l’entreprise où je pourrais ajouter différents personnages IA pour que ce soit plus facile d’avancer dans mes différents projets alors que j’ai une petite équipe. C’était la motivation au départ, comment faire plus avec moins de ressources disponibles.
Un agent IA, c’est très différent d’un chatbot. Pouvez-vous expliquer la différence et pourquoi ça peut devenir important dans le futur ?
Ce qui importe plus que tout, c’est qu’un agent peut être entraîné avec des données, équipé de compétences, focalisé sur un résultat spécifique, pour qu’au lieu d’aller sur un modèle IA comme ChatGPT et d’avoir à expliquer tout à chaque fois, ces agents agissent comme des employés numériques ou virtuels dans votre entreprise. Ils peuvent aussi agir comme des compagnons qui apprennent, ils créent des souvenirs, ils deviennent plus intelligents avec le temps, ils ont leurs propres mémoires séparées les unes des autres. Et puis à un moment, ils pourraient aussi travailler ensemble pour accomplir des tâches. Je n’aime pas trop appeler ça un humain numérique, c’est loin d’être ça, mais ça aide à visualiser.
Quel genre d’utilisateurs avez-vous, quelles industries utilisent vos agents ?
La plateforme Agent.so elle-même est plus un écosystème, ça veut dire qu’on a des entreprises, des consommateurs et on a même des créateurs d’entreprises sur la plateforme pour servir d’autres entreprises. C’est très large. Quant aux domaines, ça va du marketing internet, à l’immobilier, l’entrepreneuriat, l’e-commerce… Agent.so est une plateforme où vous pouvez, avec ces outils agents, faire mieux que ce que vous faites déjà.
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Vous avez commencé très tôt, et maintenant il y a un buzz autour des agents IA. OpenClaw, Claude cowork, Perplexity Office et tant d’autres… Comment voyez-vous ce nouvel écosystème ?
L’industrie grandit parce que soudain tout le monde commence à comprendre les agents. Avant c’était fastidieux d’expliquer ce que sont les agents, maintenant chaque entreprise crée sa propre version et ses propres plateformes. Le gâteau est plus grand pour tout le monde. Je ne pense pas vraiment à la compétition de façon compétitive. J’aime le mot « coopétition ». C’est juste génial qu’encore plus de gens créent des plateformes, créent leurs propres agents, commencent à transformer leurs compagnies de logiciels, dans une certaine mesure, en compagnies de logiciels agentiques.
Il y a cette peur que ces agents fassent le travail d’employés normaux. Comment l’expliquez-vous ? Est-elle justifiée ?
C’est une préoccupation légitime. Ce n’est pas quelque chose que je prends à la légère. Jack Dorsey a récemment licencié 40% de son personnel [4 000 employés, NDLR] et une des raisons invoquées était l’IA. Il a dit qu’il ne licencie pas pour économiser de l’argent, mais parce que l’IA offre la capacité d’être plus efficace. Quand j’ai lu ça, j’étais vraiment triste. En effet, les agents pourraient vraiment remplacer beaucoup d’emplois et beaucoup de compagnies en profitent déjà. Mais j’espère voir l’industrie passer de l’IA comme intelligence artificielle à l’IA comme intelligence augmentée. Je ne souhaite pas qu’une équipe de dix personnes devienne une équipe de cinq. Je préfère garder dix personnes et travailler avec vingt agents en plus. Si on met l’humain au centre de nos décisions, on peut inverser la tendance et faire en sorte que les agents créent peut-être plus d’emplois, en tous les cas plus d’opportunités. Si on prend la responsabilité de voir l’IA remplacer les emplois, ça va changer le monde. Peut-on faire en sorte que dans ce processus, on remette la personne au centre, plutôt que la laisser dehors ?
Qu’en est-il de la sécurité des données, quel genre d’IA utilisez-vous ?
On se concentre sur la sécurité, on a une approche « privacy first » dès le moment où on a créé la plateforme. À chaque fichier que vous mettez dans l’agent pour l’entraîner, c’est un processus très simple de drag and drop [glisser-déplacer, NDLR]. En arrière-plan, le fichier est uploadé, décomposé et restructuré pour que l’agent le comprenne. Il est crypté, puis le fichier original est jeté et supprimé. On ne veut pas garder ces données, juste celles dont l’agent a besoin. Donc on déploie autant de cryptage que possible pour que la plateforme soit un endroit sécurisé où vous n’avez pas à vous inquiéter. On n’a jamais eu de hacks, on n’a jamais eu d’incidents, principalement parce que j’ai beaucoup d’expérience dans le domaine depuis dix ans.
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Comment se positionne Agent.so sur le marché ? Est-ce un outsider ?
On n’a pas été focalisé sur le marketing, c’est pourquoi ce n’est pas très connu. On s’est concentrés à créer un bon produit, c’est là où est mon attention et celle de ma petite équipe. Je crois que quand le marché décollera, on rejoindra les plus gros joueurs. On veut devenir l’endroit pour l’IA. C’est notre slogan : votre portail pour l’IA. On travaille sur tous ces outils pour amener la plupart des cas d’usage pratiques de l’IA en un seul endroit.
Est-ce que vous avez des feedbacks de non-experts ? Comment expliquer ce nouveau domaine technique, comment le rendre plus facile à comprendre ?
Du côté plateforme, on se concentre vraiment sur : faire en sorte qu’il n’y ait pas de bugs, que les gens aient une expérience vraiment facile. La plateforme n’est pas pour les férus de technique. Si vous créez un agent chez nous, vous n’avez pas besoin de savoir coder. Vous le faites visuellement.
D’un autre côté, il y a beaucoup de peur parce qu’on voit l’IA prendre beaucoup de place et partout. Ça donne l’impression que l’IA absorbe beaucoup. Mais les gens ne devraient pas voir tout à travers le prisme de la peur, plutôt par celui de : comment puis-je apprendre, comment puis-je faire ce que je veux faire, mais beaucoup mieux ? Passer de l’IA artificielle à l’augmentée. Peu importe ce que vous faites, peu importe sur quoi vous travaillez, les emplois changeront et les industries vont changer.
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Il y a ce débat entre Anthropic, OpenAI et l’usage militaire fait par les données collectées par l’IA. Comment être sûr de la sécurité, a fortiori avec les agents IA ?
Il y a des choses qui ne sont pas sous notre contrôle et les gens devraient être au courant. Chaque fois que vous envoyez des données dans n’importe quelle IA, ChatGPT d’OpenAI ou Claude d’Anthropic, ou autres, les fournisseurs sont basés aux USA et en UE pour tous nos modèles. DeepSeek, qui est chinois, fonctionne depuis un serveur aux USA et en UE. Mais vous devez savoir que vos données arrivent chez ces fournisseurs. Donc, je recommande toujours de ne rien partager de sensible, des données sur le fonctionnement d’une entreprise, des dossiers médicaux avec votre nom et coordonnées… Être un environnement privacy first au travers de tous ces fournisseurs, c’est ce qu’on vise, on espère y arriver localement encore plus vers la fin de l’année.
Pensez-vous déjà à l’avenir de ces agents IA ?
Je pense que la plupart des cas d’usage n’ont pas encore été explorés. On n’a pas encore vu les essaims d’agents, c’est-à-dire beaucoup d’agents qui travaillent ensemble. Ou l’intersection entre agents et travail créatif. Pour l’instant ce ne sont encore que des chatbots, basés sur du texte. Tout cela peut rendre le marché vraiment intéressant. Je ne peux pas commenter sur la macroéconomie, comme les GPUs ou si le marché est surévalué ou pas, je ne sais pas, et je ne sais pas si quelqu’un sait vraiment. Ce que je pense, c’est qu’on va voir beaucoup de cas d’usage qu’on n’ose imaginer. On est très très enthousiastes d’être à l’avant-garde avec Agent.so.
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Notre analyse Actus-Eco.fr : Les informations présentées dans cet article reflètent les tendances actuelles de l’économie et des marchés internationaux. Pour plus de détails, consultez nos autres articles sur les prix du carburant et sur les marchés financiers.
Source : www.rfi.fr

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