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15 mars 2026« Cette année, on va rester chez nous » : la guerre au Moyen-Orient a des répercussions sur le tourisme, y compris en France
Le tourisme international au ralenti depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Alors que quelque 100 millions de touristes se sont rendus au Moyen-Orient en 2025, ils étaient des milliers sur place au moment des premières frappes contre l’Iran, le 28 février dernier, restés bloqués dans une douzaine de pays de la région. Des milliers de voyageurs n’ont également pas pu quitter l’Asie, leurs escales au retour se trouvant au Moyen-Orient. Cet effet domino est surveillé de très près par les professionnels du secteur, réunis au salon mondial du tourisme à Paris qui se termine dimanche 15 mars.
**Valérie et son mari avaient d’autres projets mais, ces derniers jours, les images de touristes bloqués loin de chez eux ont fait reculer le couple. « Je rêve depuis des années d’aller en Égypte, je vais encore reporter ce rêve, regrette Valérie. Mais il n’y a pas que l’Égypte, on souhaiterait aller en Australie et autres… Ce n’est pas touché aujourd’hui par les événements, mais c’est loin et on ne sait pas ce qui peut arriver. Donc pour cette année, on va rester chez nous. »
Samantha est, quant à elle, venue chercher des informations au stand de la Thaïlande. Elle était prête à partir en famille mais maintenant, elle hésite. « On espère qu’on pourra encore partir cette année parce qu’on a aussi un enfant, donc on ne voudrait pas prendre de risque de rester bloqués », explique-t-elle. Elle envisage de ne pas rester trop loin de la France : « L’Espagne, le Portugal, des pays où on est sûrs. Et il y a aussi les prix qui risquent d’augmenter, souligne la mère de famille, donc financièrement parlant, est-ce qu’on pourra encore ? On connaît à peu près les prix des billets d’avion, notamment pour la Thaïlande. Si ça augmente de 10%, c’est beaucoup. »
« Sur un billet déjà cher, ça peut vite grimper. »
Entre annulations et reports, Jérémy Grasset, à la tête d’une agence de voyages spécialiste du Moyen-Orient et de l’Asie, estime qu’un quart de ses clients vont changer leurs plans et il se doit d’avoir des propositions à leur faire. En pleine crise du Covid, il avait ouvert un petit bureau en Amérique du Sud, qui pourrait à nouveau lui être utile. « On est très heureux d’avoir divisé les risques, se réjouit le voyagiste. Cela fait deux semaines qu’on est dans ce conflit et on a changé quelques experts voyages de destinations. Par exemple : un conseiller voyage qui était en Indonésie, mais qui avait déjà vécu en Argentine et au Brésil, et donc il est retourné là-bas s’installer. »
Mauvaise publicité et perte de confiance
Parmi les effets néfastes de la guerre sur le secteur du tourisme est la perte de confiance des voyageurs. Le Sri Lanka en fait les frais. Meurtrie par un cyclone à la fin du mois de novembre dernier, l’île située au sud de l’Inde mise sa reconstruction sur le tourisme. Mais, depuis quinze jours, elle est victime d’une mauvaise publicité avec, notamment, des Français bloqués sur place. Leurs vols de retour depuis Colombo, la plus grande ville, ont été annulés faute d’escale possible au Moyen-Orient. Ces escales sont pourtant la norme pour les vols en provenance d’Asie du Sud-Est.
En conséquence, l’ambassade du Sri Lanka à Paris sort de son rôle et Madame Pressadi, d’ordinaire en charge du commerce auprès de l’ambassadrice, est devenue une sorte de « super agence de voyages ». « Bonne nouvelle, il y a un vol direct de Paris à Colombo, annonce-t-elle. L’ambassade doit vous aider pour réserver les vols et déjà on a aidé quelques touristes qui étaient au Sri Lanka pour aller en France directement de Colombo à Paris. » Elle aide donc les gens dans les deux sens, à quitter le pays mais aussi à s’y rendre dans le futur. « Maintenant, avec la situation qui est très compliquée dans le monde, l’ambassade va aussi aider pour réserver les vols », justifie Madame Pressadi qui continuera à le faire aussi longtemps que nécessaire, avec pour objectif de rassurer chaque visiteur potentiel.
La France bientôt concernée par cet effet domino ?
Le tourisme dans l’Hexagone est déjà perturbé depuis les premières frappes en Iran, pourtant les professionnels restent confiants. « La semaine dernière, le tourisme à Paris, l’hôtellerie, l’hébergement, c’était -10% dans l’ensemble parce qu’il n’y avait pas de voyageurs », détaille Leslie Rival, secrétaire générale d’Alliance France tourisme, qui regroupe les poids lourds du secteur. Côté réservations, « c’est vrai, il y a un manque à gagner vers les pays concernés directement, et vers les pays limitrophes, par exemple, l’Égypte, la Turquie et la Jordanie, on a enregistré des baisses d’environ -15%, ajoute-t-elle. Sauf que ce n’est pas parce qu’on ne réserve pas aujourd’hui, qu’on ne va pas réserver la semaine prochaine si la situation s’apaise », nuance la spécialiste.
« On sait recevoir, nos collaborateurs sont prêts, tout le monde est prêt. »
« Et c’est peut-être ça la bonne nouvelle, reprend Leslie Rival, le fait que les reports sur d’autres destinations, ça peut très bien être sur la France ou l’Europe. Donc les Français qui ne partiront pas dans le Golfe peuvent rester en France. Les Chinois, les clientèles asiatiques qui habituellement vont dépenser énormément d’argent dans les Émirats, ils ne pourront peut-être pas y aller. Et où est ce qu’ils pourraient partir ? En France !, expose-t-elle_. Et donc on espère pouvoir capter ces clientèles, parce qu’en plus, avec les Jeux Olympiques, on a envoyé une carte postale absolument fantastique au monde entier il y a deux ans. »_ Le bilan est encore incertain, puisque la plupart des réservations pour l’été se font en mai.
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Source : www.radiofrance.fr

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