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15 mars 2026Guerre au Moyen-Orient : quatre questions sur la situation au Liban, où Israël mène des frappes contre le Hezbollah et la France appelle à des pourparlers
Israël pilonne le pays du Cèdre. Le Liban se retrouve au cœur de la guerre au Moyen-Orient depuis le 2 mars, quand le mouvement chiite pro-iranien du Hezbollah a tiré des missiles sur Israël en réponse à la mort du guide suprême iranien, Ali Khamenei, lors de l’offensive israélo-américaine contre l’Iran lancée deux jours plus tôt. Ainsi, c’est en Iran et au Liban qu’ont été tuées la majorité des plus de 2 000 morts recensés par les autorités des différents impliqués, en deux semaines de conflit.
Dimanche 15 mars, le bilan humain s’est encore alourdi, tandis que le Hezbollah, dont la branche armée est considérée comme une organisation terroriste par l’Union européenne, a affirmé avoir visé avec un « missile sophistiqué » la base aérienne de Palmachim, dans le centre d’Israël. L’Etat hébreu, de son côté, poursuit sa vaste campagne de frappes aériennes sur le territoire libanais.
La France suit de près cette situation. « Il faut aider l’armée libanaise à avoir les moyens de son action » pour désarmer le Hezbollah, « et ça ne peut se faire que s’il y a un cessez-le-feu », a déclaré jeudi Jean-Yves Le Drian, l’actuel émissaire d’Emmanuel Macron pour le Liban. Samedi, le président de la République a soutenu l’ouverture de pourparlers directs avec Israël et proposé de les faciliter. Franceinfo revient sur la situation au Liban ces dernières semaines.
1 Comment le Hezbollah et Israël ont à nouveau entraîné le Liban dans la guerre ?
Les tensions entre Israël et le Hezbollah sont récurrentes depuis 1982, année de l’envahissement du sud du Liban par Israël. Une occupation qui dure jusqu’en 2000. Peu après, l’Iran, ennemi d’Israël, crée une guérilla, le Parti d’Allah, « Hezbollah » en arabe, et établit une connexion directe de Téhéran à Beyrouth. Le mouvement chiite libanais appelle à la destruction d’Israël et prête allégeance au guide suprême iranien. Depuis, d’année en année, le Hezbollah a étendu son emprise politique et économique au sein du Liban, jusqu’à devenir un Etat dans l’Etat.
Le Hezbollah possède des députés au parlement libanais. Avec le soutien financier de l’Iran, il met en place très tôt des systèmes d’aides sociales aux populations les plus pauvres du Liban, particulièrement les chiites, qui constituent son électorat. Il est donc très intégré au sein de la population, car il possède des fondations, des écoles et des centres de santé. Il dépense aussi de l’argent pour la reconstruction de quartiers détruits par les combats dans le sud de Beyrouth, son fief, que sa présence transforme en cible pour Israël.
Toutefois, cette influence a décliné depuis l’attaque du 7 octobre 2023 du Hamas en Israël, et la guerre lancée en retour à Gaza. Le Hezbollah soutient alors son allié palestinien, et un autre front s’ouvre au Liban. Les frappes israéliennes affaiblissent le Hezbollah, en particulier après la mort d’Hassan Nasrallah, chef emblématique de la milice chiite, à l’automne 2024. Peu après, un cessez-le-feu est signé, sans mettre totalement fin aux frappes israéliennes. « Il était évident, avant [l’attaque lancée par le Hezbollah début mars], que les dirigeants politiques et militaires israéliens cherchaient un prétexte pour reprendre la guerre », explique dans Le Monde Yezid Sayigh, chercheur palestinien au bureau Moyen-Orient de la Fondation Carnegie.
La mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, au premier jour de la guerre en Iran, a ravivé le conflit au Liban. Dès le 2 mars, le mouvement chiite tire des missiles et des drones vers Israël, pour venger son allié. L’Etat hébreu répond par des raids. Le président israélien, Isaac Herzog, l’a assuré mardi : l’objectif est la destruction du Hezbollah, une fois pour toutes. Vendredi soir, l’actuel chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a répliqué en parlant de « bataille existentielle » contre Israël, se disant prêt à « une longue confrontation ».
2 Quel est le bilan humain de ces bombardements ?
Depuis le 2 mars, plus de 830 000 personnes ont été déplacées, d’après le dernier bilan communiqué par les autorités libanaises. Au moins 300 000 d’entre elles sont réfugiées à l’intérieur du Liban, selon un bilan du 6 mars du Conseil norvégien pour les réfugiés. Avant les bombardements, l’armée israélienne ordonne systématiquement aux habitants d’évacuer, souvent dans le nord du pays. D’autres habitants du Liban ont fui dans des pays frontaliers, en Syrie par exemple.
Le dernier bilan, daté de dimanche, fait état de 850 morts et 2 105 blessés. L’armée israélienne dit mener des frappes visant le Hezbollah et parfois des positions du Hamas palestinien. Mais ses frappes touchent également des immeubles résidentiels ou encore des centres de soins, faisant aussi des victimes civiles. « Les drones ont continué à survoler les villages, des maisons ont explosé, des agriculteurs ont été enlevés », explique une sociologue spécialiste du Hezbollah dans le média québécois Le Devoir. En parallèle, le Hezbollah continue de frapper Israël, notamment des villages proches de la frontière entre les deux pays où sont déployés des soldats israéliens.
Cette situation divise les Libanais, qui oscillent entre lassitude et colère, selon la communauté à laquelle ils appartiennent parmi les nombreuses qui composent la population du pays. La plupart des chiites soutiennent encore le Hezbollah, certains sunnites aussi, comme l’expliquaient des Libanais à France 2, mais d’autres lui tournent le dos. Chez les chrétiens, des critiques s’expriment plus ouvertement, mais beaucoup refusent de quitter leurs habitations. Ils n’échappent pourtant pas aux frappes israéliennes, comme le rapporte La Croix, qui s’est rendu dans un village chrétien du sud du Liban.
3 Quelles sont les conséquences politiques au Liban ?
Le président libanais Joseph Aoun se retrouve en arbitre de ce conflit, mais sans avoir les moyens d’intervenir. Il a accusé cette semaine le Hezbollah d’œuvrer à « l’effondrement du Liban » pour le compte de l’Iran. Le gouvernement libanais a interdit, le 2 mars, les activités militaires et sécuritaires du parti.
Dans le même temps, Joseph Aoun réclame la fin des frappes israéliennes et veut entamer des négociations avec l’Etat hébreu. Il demande aussi une aide logistique pour que l’armée libanaise puisse se déployer dans les zones de conflit et « désarmer le Hezbollah ». Car cette guerre accentue la situation de crise que vit le Liban, déjà étranglé sur le plan économique et paralysé au niveau politique. Les élections législatives, prévues en mai, viennent d’être reportées de deux ans.
4 Israël peut-il lancer une opération terrestre d’envergure, comme à Gaza ?
Parallèlement à sa vaste campagne de frappes aériennes, l’armée israélienne a progressé au sol en territoire libanais depuis deux semaines, et des affrontements ont même opposé ses soldats à des combattants du Hezbollah. Tsahal a déclaré son intention de créer une « zone tampon » entre les deux pays. Mais Israël menace aussi d’aller plus loin, avec une opération terrestre d’envergure, d’après le média américain Axios. En s’appuyant sur des sources israéliennes et américaines, il rapportait samedi que l’Etat hébreu envisage « d’élargir considérablement » son opération terrestre, « avec pour objectif de s’emparer de toute la zone située au sud du fleuve Litani ». Une carte diffusée en langue arabe par Israël demande aux habitants du Sud-Liban d’évacuer cette zone, mais les chars, stationnés plus au sud, ne se sont pas mis en mouvement.
De fait, la menace d’une attaque terrestre est prise « très au sérieux » par le gouvernement libanais, a confirmé sur France Inter, samedi, le ministre de la Culture du Liban, Ghassan Salamé. « Nous avons peur d’une escalade qui toucherait les installations civiles du pays (…) et, deuxièmement, qu’il y ait une attaque terrestre d’envergure parce qu’il y a des concentrations importantes de troupes israéliennes qui se dirigent vers le nord d’Israël », s’est alarmé cet ancien émissaire de l’ONU.
Une opération que l’armée libanaise ne serait pas en mesure de stopper, car elle n’en a « pas les moyens », a reconnu le ministre. Elle n’en a pas davantage pour mener à terme l’opération de désarmement du Hezbollah, selon lui. Le Liban cherche à former une délégation pour négocier directement avec son pays voisin. Emmanuel Macron a proposé d’accueillir des discussion à Paris. Mais le chef de la diplomatie israélienne a affirmé, dimanche, qu’aucune négociation directe n’était prévue pour l’instant avec Beyrouth.
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Source : www.franceinfo.fr

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