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ANTONIN THUILLIER / AFP
Avec Jafar Panahi en compétition dans deux catégories aux Oscars, la situation en Iran pourrait obtenir une tribune lourde de sens, qui plus est sur le sol américain.
Moment de célébration, plutôt que tribune politique majeure dans l’industrie cinématographique, la 98e cérémonie des Oscars présentée par l’animateur Conan O’Brien reste un haut lieu du soft power américain. Mais le monde entier aura les yeux tournés vers le Dolby Theatre d’Hollywood ce dimanche 15 mars. Et il sera difficile de passer sous silence le sujet iranien, deux semaines seulement après le début des bombardements américains et israéliens pour briser le régime de Téhéran. Mais il sera tout aussi délicat d’arriver à l’aborder avec justesse.
Que le sujet soit évoqué ou non, les organisateurs des Oscars ont déjà été obligés de composer avec le conflit en cours au Moyen-Orient. En cause ? L’éventualité d’une attaque de drones iranienne sur la Californie. Le risque de frappes surprises sur cet État américain est pris au sérieux par le FBI, qui s’inquiète de voir le conflit ouvert le 28 février dernier s’étendre sur le sol américain, comme l’a révélé une note de la police fédérale relayée par ABC News. La sécurité de la soirée a donc été renforcée en conséquence avec l’appui du « FBI et du LAPD (police de Los Angeles) », ont fait savoir Katy Mullan et Raj Kapoor, les deux producteurs exécutifs de la soirée.
Au centre de l’attention durant cette soirée, Conan O’Brien ne s’est pas trop mouillé lorsqu’il a été interrogé en conférence de presse sur la place qu’il souhaitait donner à la situation géopolitique internationale : « Mon rôle est justement d’animer, c’est-à-dire, je crois, de mettre les gens à l’aise et de les faire rire ». Un brin frileux, il a quand même ajouté : « Je pense que l’actualité mondiale se reflétera tout au long de l’émission. Mon travail consiste à toujours trouver le juste équilibre entre divertir et prendre en compte certaines réalités ». Ce n’est pas un ’non’ donc.
Javier Bardem ou Sean Penn comme porte-voix ?
Dans ses propos relayés par Variety le 11 mars, l’animateur des Oscars 2026 révèle aussi que certaines blagues « imaginées il y a deux mois sont déjà dépassées, et
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il se pourrait que certains événements de cette semaine se retrouvent dans le spectacle ». Mais bien plus que des blagues, ce sont surtout des prises de position fortes − à l’image de celle Golshifteh Farahani aux César − qui sont attendues de la part du gratin hollywoodien dans un tel contexte.
Parmi les remettants déjà annoncés et qu’il faudra surveiller de près lors de leur passage sur scène, compte tenu de leurs positions antimilitaristes et anti-Trump, la seule évidence connue à ce stade est le très engagé Javier Bardem. L’annonce d’une possible réunion de super-héros Marvel peut aussi laisser espérer une prise de parole en amont de Mark Ruffalo. La présence ou non de Sean Penn, acteur doublement oscarisé et activiste connu pour ne pas garder sa langue dans sa poche sera également scrutée. S’il reçoit l’Oscar du meilleur second rôle pour Une Bataille après l’autre − film éminemment politique − il ne serait pas surprenant de le voir utiliser cette tribune pour parler de l’Iran ou de l’Ukraine. Honorera-t-il les Oscars de sa présence après avoir zappé les dernières cérémonies ? Rien n’est moins sûr.
PATRICK T. FALLON / AFP
L’acteur espagnol Javier Bardem lors de la 77e cérémonie des Emmy Awards, le 14 septembre 2025, où il avait dénoncé l’oppression du peuple palestinien.
Reste à savoir si le conflit armé dans lequel les États-Unis viennent de s’engager en Iran sera frontalement abordé dans les discours des remettants ou des vainqueurs. Là encore, le doute est permis comme le note CNN : « Il est difficile d’imaginer une véritable reconnaissance du conflit de la part des présentateurs ou des nommés qui n’ont pas de lien direct avec l’Iran ». La question iranienne devrait donc reposer, presque intégralement, sur les épaules des artistes iraniens. S’ils ont la chance de monter sur scène.
Une tribune pour Jafar Panahi
Pour cela, il faut s’en remettre à la présence du réalisateur Jafar Panahi. Palme d’Or du dernier Festival de Cannes, son film Un simple accident est en compétition dans les catégories meilleur film étranger et meilleur scénario original. Une victoire (peut-être même deux), du cinéaste dissident pourrait lui offrir une tribune évidente pour évoquer le sort de la population iranienne prise en étau dans ce conflit. Ce qu’il n’a eu de cesse de faire durant toute la saison des cérémonies, d’où il est malheureusement reparti bredouille à chaque fois. Que ce soit aux BAFTA, aux César ou aux Golden Globes, où il était nommé à quatre reprises. Un vrai geste fort de la part des Oscars serait de lui offrir une tribune, sans lien avec ses deux nominations.
Jafar Panahi ne sera toutefois pas seul pour représenter l’Iran dimanche soir. Dans la catégorie meilleur film documentaire, Cutting Through Rocks pourrait même se révéler comme la vraie séquence surprise pour aborder la guerre en Iran. Le film, réalisé par Sara Khaki et Mohammadreza Eyni, aborde l’émancipation des femmes et des changements générationnels à l’œuvre en Iran à travers l’histoire de Sara Shahverdi, sage-femme et motarde, devenue la première iranienne élue conseillère municipale dans un village rural du pays. Dans cette catégorie, Cutting Through Rocks premier documentaire iranien jamais nommé aux Oscars, fait toutefois figure d’outsider.
Au fil des années et des cérémonies, les Oscars ont presque toujours réussi à surprendre les téléspectateurs en abordant frontalement des sujets politiques et qui n’ont rien à voir ou presque avec le cinéma : la guerre en Ukraine, le mouvement Metoo, etc. Le conflit en Iran pourrait bien rester un fantôme lors de cette 98e cérémonie, à peine abordé, ou à l’inverse en devenir l’invité d’honneur.
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Source : www.huffingtonpost.fr

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