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15 mars 2026Noms de domaines viticoles, de propriétés, plaques funéraires… Ce tailleur de pierre redonne vie à l’art de la gravure
L’IA ne passera pas. Elle ne passera pas partout en tout cas. Pour éviter la future débandade que projette ce nouvel outil si l’on ne sait pas l’utiliser, certains se rattachent aux traces du passé. Le métier de graveur et de tailleur de pierre de Christian Kouyoumdjian a un pied dans le passé et un autre vers le futur.
Mais un futur où les data centers ne sont pas l’épicentre de notre existence. On a tendance à l’oublier, mais ces métiers nobles, qui allient savoir-faire manuel et intellect pas formatés autour des monstres des GAFAM, existent, travaillent, ont des commandes, et ne sont pas soumis aux diktats des prédateurs du CAC 40 ou des nocifs algorithmes. Voies parallèles pour existences passionnées, loin de la machine à café du matin et des plaintes de salariés ankylosés par leurs habitudes bureaucratiques. Au Jardin des Arts d’Elne, l’atelier de pierre d’Helios, qu’a fondé il y a trois ans de ça Christian Kouyoumdjian, fait entendre le timbre de sa massette sur le ciseau dès que l’on pénètre dans l’enceinte.
Une tête de lion du prieuré de Saint-Michel-de-Cuxa
On arrive au bon moment. Un rendez-vous avec Olivier Poisson, architecte et président de l’association culturelle de l’abbaye de Saint-Michel-de-Cuxa, va à la rencontre de Christian, pour évaluer l’avancée d’une commande sur laquelle il travaille. Posé sur un établi à l’extérieur de son atelier, à la lumière franche du soleil, on peut admirer son travail de sculpture, une tête de lion qui sert de corbeau (support de pierre faisant saillie sur un mur) est un des dix éléments qui constituent le projet global de réassemblage de la façade de l’ancienne tribune du prieuré, déconstruite à la fin du XVIe siècle et liquidée à la Révolution. Une reproduction à l’identique grâce à la numérisation 3D – du bon emploi de la technologie donc – aide Christian à se rapprocher au plus près de l’œuvre originale.
Les clefs du maître graveur
C’est sur un bloc de marbre rose bien reconnaissable de l’ancienne carrière de Villefranche-de-Conflent, exploitée de 1850 à 1912, maintenant en déshérence, que le délicat travail de tailleur de pierre de Christian est palpable dans sa maîtrise et sa finesse. Le ciseau aborde la pierre dure, en évitant toute frappe qui pourrait d’un coup détruire l’œuvre à cause d’une micro-fissure dans le marbre. Une autre technique que celle qu’il utilise plus souvent pour la gravure des lettres. Car pour lui et comme pour tous bons artistes, tout part du dessin. Chaque année, Christian file dans le Périgord à Bourdeil pour se perfectionner avec l’un des meilleurs ouvriers de France, un maître graveur. Des clefs qui ouvrent pour lui des perspectives dans sa progression personnelle. Ainsi, mise en pratique il y a quelques mois sur le grand portail abbatial de l’église de St-Michel, où il a dû graver une inscription en latin sur un arc en plein cintre.
Échafaudage et mal de dos
Une inscription représentant la date de la consécration de l’église, qu’il a pu mener à bien grâce à la technique du pochoir, où préalablement du pigment ocre est déposé dans une poche, à la douce appellation de « couille » dans le jargon, avec laquelle il tapote les lettres du pochoir dont les contours sont percés de petits trous. Laissant ensuite sur la pierre l’empreinte qui servira au travail final de la gravure. Une technique permettant de bien harmoniser le rendu général avant d’attaquer la pierre. Christian est tributaire de la disposition de l’ouvrage et son corps aussi. Travail statique, concentration extrême qui occulte souvent dans l’action les maux de cervicales ou de dos, après une journée à graver sur un échafaudage.
Premier graveur sélectionné
Comme pour les particuliers, c’est la capitale romaine qui figure sur la plupart des commandes. Noms de domaines viticoles, de propriétés, plaques funéraires, le marché a tendance à se développer sur ces secteurs où la belle gravure artisanale fait encore loi, à l’inverse de l’industrielle, sans âme. Le travail de Christian, vient d’être sélectionné à Uzès au Concours d’Ateliers d’Art de France en mai. Il est le premier graveur à être en compétition depuis l’origine du concours. Bon signe.
Des métiers pas comme les autres
De clown en passant par gardien de phare ou encore maître cordonnier, ils n’ont pas des métiers dits classiques. L’Indépendant est allé à leur rencontre pour qu’ils nous racontent leurs parcours.
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Source : www.lindependant.fr

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