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15 mars 2026Pétrole, investissements, immobilier, tourisme… La guerre au Moyen-Orient, un « possible cataclysme » pour l’économie des pays du Golfe
Les monarchies de la région, engagées dans un processus de diversification de leurs économies pour préparer l »après-pétrole », souffrent, depuis le début des attaques iraniennes, d’une fragilisation de leur modèle.
La prospérité des monarchies du Golfe ébranlée. Aéroports, bases militaires, installations énergétiques, zones résidentielles… Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le 28 février, les pays de la région (Emirats arabes unis, l’Arabie saoudite, Qatar, Bahreïn, Oman, Koweït…) sont visés par des frappes de drones et de missiles iraniens, ayant fait 26 morts dans la région, dont 11 civils, d’après un décompte des autorités arrêté au vendredi 13 mars. En ripostant ainsi aux attaques israéliennes et américaines sur son territoire, l’Iran fragilise dans un même temps l’économie de pays connus pour leur relative stabilité.
Téhéran risque même de déclencher un « possible cataclysme » économique pour la zone, estime Camille Lons, directrice adjointe du bureau parisien du Conseil européen pour les relations internationales (ECFR). Franceinfo fait le point sur les secteurs déjà fragilisés par la guerre.
Le détroit d’Ormuz bloqué, des économies ébranlées
Depuis le début du conflit, plusieurs infrastructures énergétiques des pays du Golfe ont subi des attaques. De quoi conduire la compagnie publique QatarEnergy à suspendre sa production de gaz naturel liquéfié dès le 2 mars. Mais le nerf de la guerre se trouve en mer, sur une bande maritime large de 55 kilomètres : le détroit d’Ormuz, dont le blocage fait trembler toute la région. Par ce corridor maritime, transite habituellement 20% de la production mondiale de pétrole. Or, cette ressource représente en moyenne 40% du PIB des Etats du Golfe, d’après une note émise en 2024 par la direction générale du Trésor.
Face aux difficultés pour exporter leur pétrole, les pays du Golfe ont décidé de réduire leur production d’au moins 10 millions de barils par jour, a annoncé jeudi l’Agence internationale de l’énergie (AIE). « Il y va y avoir un impact sur leurs revenus immédiats, mais, du fait de la flambée des prix, la baisse des exportations est partiellement compensée », précise la chercheuse Camille Lons, spécialiste de la région. Les situations divergent du reste selon les Etats : l’Arabie saoudite dispose par exemple d’une importante réserve pétrolière, et, à l’instar des Emirats arabes unis, d’une capacité de contourner, au moins partiellement, le blocage du détroit avec un pipeline pour réacheminer une partie de la production. Un avantage dont ne disposent pas les autres pays du Golfe.
Surtout, un bouleversement à long terme menace l’ensemble de ces économies. « Le risque, c’est que la situation encourage les pays du reste du monde à diversifier leurs sources de pétrole, voire qu’ils accélèrent leurs investissements dans les énergies renouvelables », explique Camille Lons.
Un processus de diversification économique en danger
Les pays du Golfe sont déjà engagés dans un processus de diversification de leurs économies pour préparer l’‘après-pétrole », dans un contexte de baisse de la demande mondiale et de transition énergétique. « Le sujet est existentiel pour ces puissances qui ont fait de cet or noir le pilier de leur économie et de la stabilité de leurs régimes », analyse Camille Lons.
Aux Emirats arabes unis, Dubaï a ainsi construit un écosystème logistique articulé autour du port de Jebel Ali, l’un des plus grands au monde, ainsi que de l’aéroport international de la ville. « Ils sont devenus un hub de transport et de connectivité entre les différents continents », détaille la chercheuse de l’ECFR. Autonomisée de toute dépendance au pétrole, l’économie repose cependant sur la confiance des investisseurs internationaux, qui décident de faire rentrer des capitaux. Or, avertit Camille Lons, « si le territoire se met à être perçu comme instable parce que touché par des frappes, cette confiance risque d’être sérieusement mise à mal ».
Plusieurs sociétés étrangères ont demandé à leur personnel d’évacuer les bureaux après que l’armée iranienne a déclaré vouloir frapper « les centres économiques et les banques » de la région. « Il est un peu tôt pour savoir si le phénomène va se massifier », nuance Camille Lons, selon qui les options de repli pour une entreprise souhaitant maintenir sa présence sur place ne sont pas nombreuses, compte tenu de l’instabilité globale du Moyen-Orient.
Une expatriation fragile et une économie du tourisme menacée
Une importante population expatriée vit dans les monarchies du Golfe. Aux Emirats arabes unis, près de 90% des habitants ne sont pas originaires du pays, rappelle l’AFP. Parmi eux, on retrouve près de 40 000 Français. « Ces derniers n’ont que très peu de chance d’obtenir un jour la nationalité, ils sont sans attache et sont présents sur le territoire pour des raisons économiques. Le jour où le business n’est plus prospère, ils n’ont aucune raison de rester, poursuit Camille Lons.
« Les pays du Golfe souffrent d’une très grande volatilité de leur population. »
Camille Lonschercheuse et directrice adjointe du bureau parisien du Conseil européen pour les relations internationales
Le tourisme est également important dans la zone. En 2025, quelque 100 millions de voyageurs se sont rendus au Moyen-Orient, soit près de 7% du nombre total de touristes internationaux recensés dans le monde, selon l’AFP, qui se base sur les chiffres fournis par l’ONU Tourisme. Dans le détail, près de 20 millions de touristes se sont rendus à Dubaï en 2025, a chiffré pour l’agence de presse française Didier Arino, membre du cabinet Protourisme. Le cabinet Oxford Economics estime qu’en raison de la guerre (et si elle trouve une issue rapide d’ici deux mois), les arrivées de visiteurs au Moyen-Orient pourraient diminuer de 11 à 27% en 2026. Une croissance de 13% était initialement prévue, précise l’AFP.
Des investissements dans l’immobilier en sursis
L’immobilier est lui aussi mis en danger. Bien que les investissements aux Emirats arabes unis ou au Qatar proviennent essentiellement de fonds souverains locaux et de riches familles de la région, les projets développés nécessitent aussi l’apport d’autres structures financières, souvent étrangères.
Camille Lons évoque également la « dimension spéculative » dans l’immobilier des pays du Golfe. « Tous les secteurs sont liés les uns aux autres, c’est l’effet ‘cluster économique’ qui compte : les entreprises viennent toutes investir au même endroit et cela fait monter l’immobilier. » Cependant, « une perte de confiance risque de faire éclater cette bulle spéculative ». Les perturbations causées par le conflit peuvent « peser sur les prix des actifs locaux, en particulier l’immobilier », estiment également les analystes de la société financière Moody’s dans une note consultée par l’AFP.
De même, le secteur de l’intelligence artificielle, qui a récemment pris une grande place, est dans la ligne de mire du régime des mollahs. Trois centres de données d’Amazon Web Services (AWS) situés aux Emirats arabes unis et à Bahreïn ont déjà été ciblés par Téhéran.
Conscients du danger, les pays du Golfe redoublent d’efforts pour tenter de maîtriser les conséquences de la guerre, notamment pour leur réputation à l’étranger, quitte à recourir à la manière forte. Au Qatar, les autorités ont arrêté plus de 300 personnes pour publication d’images et d’« informations trompeuses ». Aux Emirats arabes unis, le bureau du procureur général a mis en garde contre « le fait de filmer, publier ou diffuser des images et des vidéos documentant les lieux des incidents ou les dégâts causés par la chute de projectiles ou d’éclats », selon l’agence locale News Agency.
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Source : www.franceinfo.fr

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