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15 mars 2026Visualisez l’impact mondial de la guerre au Moyen-Orient sur l’approvisionnement en pétrole et en gaz
Le blocage du détroit d’Ormuz et les frappes sur les infrastructures pétrolières du Golfe ont contraint les pays de la région à réduire leur production d’hydrocarbures, faisant croître les craintes sur l’approvisionnement.
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La guerre au Moyen-Orient entraîne « la plus importante perturbation » de l’approvisionnement mondial de pétrole de l’histoire. L’alerte, émise jeudi 12 mars, émane de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Le conflit, déclenché le 28 février par des attaques américano-israéliennes contre l’Iran, bouleverse en profondeur le marché énergétique mondial. Plusieurs explosions ont notamment touché des réservoirs, des champs pétroliers ou des navires transportant les hydrocarbures dans le détroit stratégique d’Ormuz.
Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, se disent prêts à une longue campagne pour forcer Washington à la retraite en pilonnant les intérêts occidentaux dans la région. Ali Fadavi, un de ses représentants, a brandi la menace d’une « guerre d’usure » à même de « détruire l’économie américaine entière » et « l’économie mondiale ».
Résultat : les prix du pétrole et du gaz se sont envolés. « On assiste actuellement à la plus grave crise énergétique », explique à France 24 Thierry Bros, enseignant à Sciences Po et expert de l’énergie. Franceinfo illustre en trois infographies le rôle clé du Moyen-Orient dans l’approvisionnement énergétique de la planète.
Vingt millions de barils sont bloqués quotidiennement dans le détroit d’Ormuz
Avec ce conflit, le choc d’approvisionnement est d’abord logistique. L’Iran bloque en effet le détroit d’Ormuz, artère stratégique qui relie le Golfe persique au golfe d’Oman et par laquelle transite habituellement un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Cette bande d’eau, entre Oman et l’Iran, est « suffisamment profonde et large pour accueillir les plus grands pétroliers du monde et constitue un point de passage stratégique majeur », note l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA).
En moyenne, 20 millions de barils par jour de pétrole brut et de produits pétroliers transitaient par ce détroit en 2025, rapporte l’Agence internationale de l’énergie (AIE). La planète en consomme environ 100 millions quotidiennement, utilisés dans les transports ou l’industrie plastique, notamment. « Le risque de fermeture du détroit d’Ormuz est le risque systémique le plus terrible qui est en train de se matérialiser pour l’industrie du pétrole », s’inquiète Thierry Bros, sur France 24.
« Nous estimons que 89% du pétrole brut et du condensat ayant transité par le détroit d’Ormuz ont été destinés aux marchés asiatiques au cours du premier semestre 2025 », ajoute l’EIA américaine. Les conséquences du conflit en cours y sont très concrètes. « Les Philippines, par exemple, importent environ 95% de leur pétrole brut du Moyen-Orient. Le président du pays a déjà demandé aux fonctionnaires de passer à une semaine de travail de quatre jours afin d’économiser du carburant », rapporte la BBC. Vu d’Europe, le Moyen-Orient « représente tout de même 20% de nos importations de pétrole et 5% de nos importations de gaz », explique à Vert Andreas Rüdinger, expert en transition énergétique au sein de l’Institut du développement durable et des relations internationales.
Alors que ce passage se ferme, les routes alternatives peinent à compenser. « L’oléoduc [saoudien] Est-Ouest de Saudi Aramco et celui d’Abou Dhabi (Emirats arabes unis) pourraient, ensemble, fournir une capacité d’environ 4,7 millions de barils par jour pour contourner le détroit en cas de rupture d’approvisionnement », note l’EIA. Faute de pouvoir exporter leurs hydrocarbures, les pétro-Etats du Golfe ont donc choisi de réduire leur production.
Près d’un tiers de la production mondiale de pétrole émane du Moyen-Orient
Face à la situation, les pays du Golfe ont réduit leur production pétrolière « d’au moins 10 millions de barils par jour », établit l’AIE dans son rapport de mars. Il y a en particulier « d »importantes réductions d’offre » en Irak, au Qatar, au Koweït, aux Emirats arabes unis et en Arabie saoudite, ajoute l’agence, qui table sur une chute de 7,5% de la production mondiale de pétrole de février à mars.
C’est pourtant l’or noir de la région qui fait largement rouler les voitures, voguer les bateaux, voler les avions du monde entier, ou qui compose le plastique de nos objets du quotidien. D’après les données de l’AIE, le Moyen-Orient produisait 30,7% du pétrole mondial en 2023, loin devant les Etats-Unis (18,5%). L’Arabie saoudite en est de loin la première contributrice, suivie de l’Irak et des Emirats arabes unis.
Près d’un cinquième du gaz mondial est extrait au Moyen-Orient
La région n’est pas seulement productrice de pétrole. Elle fournit aussi de plus en plus de gaz, rapporte l’AIE. Les pays du Moyen-Orient en sont les deuxièmes producteurs mondiaux, représentant 17% de la production, derrière les Etats-Unis (25,3%) et devant la Russie (14,9%), selon les chiffres de l’AIE. L’Iran, le Qatar et l’Arabie saoudite y contribuent majoritairement. Les exportations de gaz naturel liquéfié (GNL) du Qatar et des Emirats arabes unis, qui transitent presque toutes par le détroit d’Ormuz, représentent quant à elles 20% du commerce mondial de GNL.
Ces productions sont, elles aussi, frappées de plein fouet par la guerre. « En raison des attaques militaires contre [ses] installations », la compagnie gazière nationale du Qatar, QatarEnergy, l’un des plus grands producteurs de GNL au monde, avait ainsi annoncé dans un communiqué la suspension de sa production, lundi 2 mars.
Quatre ans après l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022, qui avait déclenché une crise énergétique inédite depuis le choc pétrolier de 1973, la crise actuelle fait craindre une nouvelle flambée durable des prix du gaz. Y compris en Europe : même si les exportations du Moyen-Orient sont à 90% dirigées vers l’Asie, un blocus prolongé provoquerait une compétition accrue à l’échelle mondiale pour les cargaisons disponibles.
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Source : www.franceinfo.fr

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