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16 mars 2026Aux Oscars 2026, de Trump à Gaza en passant par l’Ukraine, la politique n’est pas restée en coulisses
Derrière les tenues de soirée et statuettes dorées, la 98e cérémonie des Oscars a aussi été très politique. Lors des discours des vainqueurs, mais aussi sur le tapis rouge ou dans les interventions des différents hôtes, la soirée qui s’est déroulée au Dolby Theatre de Los Angeles le dimanche 15 mars, a fait la part belle à la situation politique et internationale pour le moins tendue.
L’Amérique de Donald Trump en a pris pour son grade. Déjà, avec le triomphe d’Une Bataille Après l’Autre, grand gagnant de la soirée avec six Oscars, dont celui du meilleur film. Le film de Paul Thomas Anderson avec Leonardo DiCaprio étrille la politique anti-immigration, anti-IVG et capitaliste des États-Unis. Le cinéaste américain, sacré meilleur réalisateur, a rappelé pourquoi il a voulu faire ce film : « J’ai écrit ce film pour mes enfants, afin de leur demander pardon pour le gâchis que nous leur léguons dans ce monde. Mais aussi pour leur donner l’espoir qu’ils seront la génération qui, je l’espère, nous apportera un peu de bon sens et de décence. »
Le présentateur des Oscars Conan O’Brien, après avoir ironisé sur « une année où tout va bien dans le monde », ne s’est pas non plus privé d’évoquer l’affaire Epstein et l’inaction de la justice américaine dans son hilarant monologue d’ouverture. « C’est la première fois depuis 2012 qu’aucun acteur britannique n’est nommé pour le meilleur acteur ou la meilleure actrice », a-t-il dit, avant de lâcher : « Un porte-parole britannique a déclaré : “Eh bien, au moins nous arrêtons nos pédophiles” », en référence au prince Andrew.
L’animateur Jimmy Kimmel, venu présenter l’Oscar du meilleur documentaire, n’a pu s’empêcher de tacler le recul de la liberté d’expression aux États-Unis, après avoir été suspendu de l’antenne à plusieurs reprises « Raconter une histoire qui pourrait vous coûter la vie, voilà le vrai courage. Comme vous le savez, certains pays ne soutiennent pas la liberté d’expression. Je ne peux pas dire lesquels… disons juste la Corée du Nord et CBS ».
La crise internationale en lumière aux Oscars
Autre séquence engagée, le court-métrage documentaire de Joshua Seftel Toutes les chambres vides sur les enfants victimes de fusillades scolaires aux États-Unis a été récompensé. La mère d’une jeune victime de la fusillade d’Uvalde a livré un hommage émouvant et un rappel nécessaire : « Ma fille Jackie avait 9 ans lorsqu’elle a été tuée à Uvalde. Depuis ce jour, sa chambre est figée dans le temps. Jackie n’est pas qu’un titre de presse. Elle est notre lumière et notre vie. La violence par arme à feu est désormais la première cause de décès chez les enfants et adolescents. »
Mais la crise internationale a aussi été mise sur le devant de la scène, à commencer par la guerre à Gaza. Outre les pin’s ICE OUT, contre la police américaine de l’immigration, de nombreuses célébrités portaient par ailleurs le pin’s rouge du collectif Artists4Ceasefire, appelant à un cessez-le-feu entre Israël et Gaza. Venu remettre l’Oscar du meilleur film international, Javier Bardem a apporté son soutien aux Palestiniens, en déclarant sur scène sans détour : « Non à la guerre, et liberté pour la Palestine ».
L’acteur principal du film La Voix de Hind Rajab, qui était en lice pour l’Oscar du meilleur film international, n’a pas pu assister aux Oscars à cause de sa nationalité, ce qu’a déploré la réalisatrice, Kaouther Ben Hania. « Mon acteur principal n’est pas avec moi ce soir ; il ne peut pas entrer aux États-Unis parce qu’il est palestinien. Et il y a cette interdiction décidée par Donald Trump visant à interdire l’entrée aux Palestiniens, donc c’est un peu triste » a-t-elle déclaré.
Le fantôme de la guerre en Ukraine
La guerre en Ukraine s’est, elle aussi, invitée à la cérémonie. Par l’absence de Sean Penn, vainqueur de l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle pour Une bataille après l’autre tout d’abord. L’acteur et réalisateur a préféré se rendre en Ukraine, d’après ses proches, plutôt qu’à la soirée. L’acteur est un soutien de longue date du président ukrainien Volodymyr Zelensky, à qui il avait même offert l’un de ses Oscars en 2022.
Le documentariste russe Pavel Talankin était, lui, bien présent pour recevoir l’Oscar du meilleur documentaire pour Mister Nobody contre Poutine. Après avoir défié Vladimir Poutine en filmant la propagande dans les écoles russes, il a passé un message fort ce dimanche 15 mars : « Il existe des pays où, au lieu d’étoiles filantes, ce sont des bombes et des drones qui sifflent dans le ciel. Au nom de notre avenir, au nom de tous nos enfants, mettons fin à toutes ces guerres dès maintenant. Merci. »
Le réalisateur du documentaire, l’Américain David Borenstein, a, lui, appelé à se mobiliser contre la montée du fascime, et pas qu’en Russie. « Mr. Nobody Against Putin » raconte comment on perd son pays. Et ce que nous avons constaté en travaillant sur ces images, c’est qu’on le perd à travers d’innombrables petits actes de complicité. Quand on se rend complice alors qu’un gouvernement assassine des gens dans les rues de nos grandes villes. Quand on ne dit rien alors que les oligarques s’emparent des médias et contrôlent la manière dont on les produit et les consomme. Nous sommes tous confrontés à un choix moral, mais heureusement, même un « nobody » est plus puissant qu’on ne le pense.
Une période chaotique et effrayante
Enfin, malgré la guerre en Iran, le réalisateur d’Un Simple Accident, Jafar Panahi, et les co-réalisateurs du documentaire Cutting Through Rocks, Mohammadreza Eyni et Sara Khaki, ont pu faire le déplacement. Mais les cinéastes iraniens nommés aux Oscars n’avaient pas vraiment le cœur à la fête comme l’a déclaré sur le tapis rouge Mohammadreza Eyni : « Nous avions vraiment envie de célébrer ce moment avec nos compatriotes. Mais nous-mêmes n’avons pas accès à Internet pour communiquer avec eux, et nous ne savons pas comment ils s’informent. De plus, ce n’est plus leur priorité, car, vous savez, en tant qu’Iraniens, nous avons tellement d’autres priorités en ce moment, et nous espérons un avenir meilleur et la paix pour notre pays ».
Face au chaos ambiant, le cinéma reste une échappatoire précieuse, et une arme politique non négligeable, comme l’a souligné Conan O’Brien : « Si je peux me permettre d’être sérieux un instant. Tous ceux qui nous regardent en ce moment à travers le monde savent bien que nous traversons une période très chaotique et effrayante, n’est-ce pas ? C’est dans des moments comme celui-ci que je pense que les Oscars prennent tout leur sens. Regardez : 31 pays répartis sur six continents sont représentés ce soir. Célébrons, non pas parce que tout va bien, mais parce que nous travaillons et espérons des jours meilleurs. »
Notre analyse Actus-Eco.fr : Les informations présentées dans cet article reflètent les tendances actuelles de l’économie et des marchés internationaux. Pour plus de détails, consultez nos autres articles sur les prix du carburant et sur les marchés financiers.
Source : www.huffingtonpost.fr

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