
6 personnes poursuivies dans l’affaire de faux retours de colis
16 mars 2026
La croisière de rêve tourne au cauchemar : diarrhées, vomissements… 104 passagers et 49 membres d’équipage frappés par une terrible intoxication alimentaire
16 mars 2026Avant le deuxième tour des élections municipales, le PS tiraillé par les alliances locales avec La France insoumise
PASCAL LACHENAUD / AFP
Olivier Faure, le 12 mars 2026.
• À Marseille et Paris, les socialistes demandent aux candidats insoumis de se retirer pour éviter la dispersion des voix de gauche.
• Des discussions locales ont lieu à Toulouse et Nantes pour former des alliances.
Une seule question et une infinité de réponses possibles. Au lendemain du premier tour des municipales, confronté aux percées surprises de la France insoumise, le Parti socialiste se retrouve face à un dilemme : à défaut d’accord national avec les mélenchonistes, exclu d’emblée par le Premier secrétaire Olivier Faure, faut-il en faire des locaux dans les villes susceptibles de basculer à l’extrême droite et même à droite ?
Si aucun accord national ne sera conclu, « je demande aux socialistes de rassembler dans la clarté et de veiller au respect de nos principes et de nos valeurs », a déclaré le patron du PS dimanche soir, après l’annonce des résultats. Au lendemain, ses troupes sont donc contraintes de faire du cas par cas. Un exercice périlleux, entre la ligne de la direction, celle des courants d’opposition interne et les configurations électorales radicalement différentes.
Premier cas de figure : les villes où les socialistes sont arrivés en tête comme Marseille et Paris. Ici, nulle alliance n’est envisagée, Benoît Payan comme Emmanuel Grégoire ayant fermé la porte pendant la campagne. Sauf que dans la cité phocéenne, le maire sortant est talonné par le candidat Rassemblement national Franck Allisio. Et la qualification de l’insoumis Sébastien Delogu, avec 11,9 % des suffrages, fait planer le risque d’une dispersion des voix de gauche au second tour, au profit du Rassemblement national. À Paris, la menace d’un maire d’extrême droite est inexistante. En revanche, des doutes persistent sur la réponse de Rachida Dati à Sarah Knafo qui appelle à l’union. Si la candidate LR acceptait « la main tendue » de l’extrême droite, en plus de son accord avec la liste Horizons de Pierre-Yves Bournazel, la possibilité de voir la capitale basculer à droite est réelle.
Une règle claire au niveau national, mais…
Dans la première et la deuxième ville de France, les socialistes appellent donc les candidats insoumis à « se retirer ». « La menace de victoire de l’extrême droite dans la deuxième ville du pays est telle qu’aujourd’hui chacun doit être en mesure de prendre ses responsabilités », a insisté Pierre Jouvet sur TF1. « Le principe de responsabilité est du côté de monsieur Delogu et de la France insoumise », abonde François Hollande sur France Inter. Mais dans les configurations moins favorables au PS, les positions sont bien moins unanimes.
Il y a d’abord les villes où la liste France insoumise est arrivée devant la liste de gauche unie et se retrouve face à un candidat de droite. C’est par exemple le cas à Toulouse et à Limoges. Autre configuration : les villes où le Parti socialiste, bien qu’en tête, est talonné par la droite et menacé d’une défaite. C’est le cas de Nantes, bastion du PS tenu par Johanna Rolland, et où le candidat LR Foulques Chombart de Lauwe est arrivé dans un mouchoir de poche. Sans accord, les chances de la gauche se réduisent considérablement. Mais faire alliance, c’est aussi renouer avec la France insoumise, au mépris des divergences profondes avec Jean-Luc Mélenchon et avec le risque de fâcher une partie de l’électorat socialiste.
Prudent, Pierre Jouvet préfère s’en remettre aux acteurs locaux. « Sur ce qui est de l’échelon local, je fais confiance à celles et ceux qui discuteront », déclare-t-il sobrement, en réclamant tout de même des « clarifications » de la France insoumise sur les points les plus litigieux. Mais, ajoute-t-il, « il n’est pas question de laisser des villes à la droite ou à l’extrême droite parce qu’il n’y aurait pas de discussion locale. » Sans le dire, le secrétaire général du parti ouvre ainsi la porte à des accords locaux… au risque de froisser une partie de son camp. « Le principe c’est plutôt la clarté, compte tenu de ce qu’ont été les positions des dirigeants et en particulier le premier d’entre eux », tranche François Hollande sur France Inter. Et s’il se refuse à donner « des consignes », il ne rechigne pas sur « un avis ». « Là où nous ne sommes pas en capacité de l’emporter, là où la France insoumise est en tête, la meilleure des solutions, c’est soit le retrait soit le maintien » des candidats PS, juge-t-il.
Sauve qui peut à Nantes, fusion inattendue à Toulouse
Sauf qu’il y a la théorie et la réalité du terrain. À Toulouse, une « liste commune » et un « accord de gouvernance » ont été annoncés ce lundi matin par les candidats insoumis et socialiste de Toulouse. Le compromis prévoit que François Piquemal (LFI) briguera la mairie tandis que le candidat PS-Ecologistes François Briançon tentera la métropole toulousaine. « Quand on est de gauche, on rassemble la gauche », a déclaré le socialiste lors d’une conférence de presse commune, indiquant avoir « tenu au courant » Olivier Faure.
À Nantes, le candidat insoumis a aussi affirmé lundi matin avoir entamé des discussions avec la socialiste Johanna Rolland. Dans une lettre ouverte, William Aucant conditionne un rapprochement au refus de la maire sortante de « tout accord » avec la liste divers centre de Mounir Belhamiti, ex-député Renaissance. Mais face au risque de voir le candidat de droite s’imposer dans le bastion socialiste nantais, « la responsabilité historique des forces de gauche, et uniquement de gauche, est de construire un front antifasciste clair », écrit-il.
Quelle sera la position de la maire PS ? Sollicitée par l’AFP, son équipe n’avait pas répondu dans l’immédiat. La perte d’une ville acquise au PS depuis 1989 ne manquerait pas d’envoyer un signal d’alerte aux Roses, à dix-huit mois du scrutin présidentiel. Tout comme un accord – même local et sous conditions – avec les insoumis. Un serpent qui se mord la queue.
Source : www.huffingtonpost.fr

9999999
