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JULIE SEBADELHA / AFP
Désistement, fusion « technique », maintien : les mots pour comprendre l’entre-deux-tours
Une autre campagne commence. Sitôt les résultats du premier tour des élections municipales connus, dimanche 15 mars au soir, les différents candidats qualifiés pour le deuxième round (ceux au-dessus des 10 %) ont commencé un intense ballet de négociations et tractations.
L’éparpillement des électeurs, qui suit la tendance de partition à l’échelle nationale, oblige effectivement les différentes formations politiques à discuter avec leurs partenaires ou adversaires d’un soir pour espérer battre leurs vrais rivaux dans les urnes le 22 mars prochain. C’est surtout le cas à gauche, à Toulouse, Lille, Lyon, Strasbourg ou Nantes. Et, dans une moindre mesure, à Paris et Marseille.
Dès lors, plusieurs cas de figure sont possibles, selon l’avancée des discussions et les inimitiés personnelles et programmatiques des différents prétendants. Certains parlent de désistement, d’autres d’alliance ou de « fusion technique » pour éviter des maintiens potentiellement mortifères. Petit lexique pour y voir plus clair.
Alliance ou « fusion technique »
La stratégie la plus courante est sans nul doute celle de l’alliance et de la fusion des candidatures. En clair, la liste arrivée en tête de son camp élargi s’ouvre aux représentants de celle(s) arrivée(s) derrière elle, en termes de places et d’idées. C’est ce qui a notamment été acté tôt ce lundi à Toulouse, avec l’insoumis François Piquemal rejoint par le socialiste François Briançon, pour espérer déloger Jean-Luc Moudenc du Capitole.
De tels rapprochements sont également attendus à Paris (entre les candidats de droite Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel) ou à Lille, Limoges ou Strasbourg, entre différentes composantes de gauche (PS, écologistes, insoumis). Vient ensuite la question de la fusion dite « technique », une subtilité introduite dans le débat par la France insoumise.
Pour ne pas se compromettre avec un candidat qui ne partagerait pas l’essentiel de leurs revendications, le mouvement de gauche radical propose, en clair, un accord sur les places, mais sans entente programmatique. Une option, affirment les dirigeants, pensée pour mobiliser les électeurs insoumis au profit de la liste en tête – quand bien même elle est menée par un autre parti de gauche. C’est ce qui pourrait se profiler à Lyon avec l’écologiste sortant Grégory Doucet ou à Nantes avec la maire sortante socialiste Johanna Rolland. Tous deux ont besoin du report des voix LFI pour espérer une reconduction.
Désistement ou maintien
Dans ce contexte, d’autres candidats font un choix différent : celui d’appeler leurs concurrents à se retirer. En résumé, les prétendants qui estiment avoir plus à perdre dans une fusion des listes réclament à ceux qui suivent de se désister. Quitte à rompre avec la tradition établie lors des précédentes municipales de la « fusion » avant le second tour.
C’est le cas à Paris, où Rachida Dati et Emmanuel Grégoire excluent toute alliance avec Sarah Knafo (Reconquête) et Sophia Chikirou (LFI). Mais également à Marseille, où le socialiste en tête Benoît Payan refuse de discuter avec l’insoumis Sébastien Delogu. « Ni compromission ni tambouille ni arrangement », a-t-il notamment plaidé vendredi soir, après avoir critiqué la campagne agressive de son adversaire, et avant de déposer sa liste en préfecture pour couper court à toutes éventualités de tractations.
Dans ce cas de figure, la pression se déplace sur les seconds. Boutés hors de l’alliance des partis de gauche, après une compétition âcre, les chefs de file insoumis par exemple font face à un dilemme complexe : se maintenir pour installer des conseillers municipaux, quitte à affaiblir la gauche face à ses ennemis. Ou se retirer (sans contrepartie ni possibilité d’être élu) pour permettre aux candidats en tête de faire le plein. Sophia Chikirou a déjà indiqué que sans fusion, elle se maintiendrait.
La question est d’autant plus sensible pour Sébastien Delogu, qui doit composer avec le risque d’une victoire du Rassemblement national sur la canebière. Le ballet se terminera, quoi qu’il en soit, mardi soir, dernier moment pour déposer sa liste et confirmer sa présence (ou non) au second tour.
Source : www.huffingtonpost.fr

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