
À Nîmes, la droite ravale ses divisions pour garder le pouvoir face au RN et à la gauche
16 mars 2026
Municipales 2026 : « Je voterais pour Rachida Dati », à Paris, le maire RN de Perpignan Louis Aliot préfère les LR à Reconquête
16 mars 2026Dans le dernier roman du poète et romancier américain Ocean Vuong, un jeune homme veut sauter d’un pont. Il en est empêché par une femme âgée qui le recueille. Autour d’elle, se crée une petite communauté, prenant soin des uns et des autres, notamment des cicatrices que les guerres ou l’exil ont laissées. Questionnant, réinventant, sublimant les relations filiales et amicales, alors que les personnages reprennent ou perdent des forces dans ce drôle de paysage, le roman peint l’Amérique, comme une grande et très vieille porte qui, une fois franchie, demande à ce que tout le monde paie pour rester. Ocean Vuong est notre invité l’occasion de la parution de son nouveau roman, L’Empereur de la joie aux éditions Gallimard.
Bibliographie complémentaire
Ocean Vuong, Ciel de nuit blessé par balles suivi de Le temps est une mère (Poésie/ Gallimard). Traduction de l’anglais parMarc Charon et Marguerite Capelle
Ocean Vuong : « La beauté n’est pas décorative, c’est une nécessité »
L’écrivain américain, en évoquant au cours de l’émission Rimbaud, sa mère, sa grand-mère et son propre travail littéraire révèle une conception de la beauté profondément enracinée dans l’expérience de la guerre, de l’exil et de la transmission. Parlant de Rimbaud, il revient d’abord sur Le Dormeur du Val, poème qui l’accompagne depuis toujours : « Un de mes poèmes préférés de Rimbaud, c’est « Le Dormeur du Val », qui révèle toute une histoire de douleur et de mort. » Pour Vuong, la beauté n’est jamais innocente ce qu’il retient de son enfance, c’est la manière dont les femmes qui l’ont élevé, survivantes de guerre, utilisaient la beauté pour se maintenir en vie. « Pour moi, la lumière, la beauté, ce n’est pas seulement décoratif, c’est une façon de comprendre la souffrance. » Quant à sa mère » *Elle m’apprenait à voir la beauté dans les choses ordinaires… C’était une façon de s’automédiquer. »*Dans cette capacité à déceler du beau dans les interstices du quotidien, Vuong voit une philosophie de la survie, une façon de tenir debout malgré la violence du monde.
« Tu es mon ami » : la scène fondatrice de L’empereur de la joie
Dans son nouveau roman, L’Empereur de la joie, une scène clé met en présence un jeune homme et une vieille dame lituanienne, marquée par l’exil et la perte de repères. Dans un moment de grande tendresse et de lucidité fragile, elle lui dit : « Tu es mon ami« . Une phrase simple, mais qui ouvre un univers. Pour Ocean Vuong, cette scène « C’est vraiment le fragment central du roman… J’ai construit tout le livre autour de cette image. » Cette relation, à la fois amicale, filiale et inclassable, répond au rejet total de l’écrivain de la mise à l’écart des personnes âgées par la société américaine : « J’avais envie de raconter une histoire d’amitié intergénérationnelle.« Deux personnages séparés par tout, l’âge, la langue, la race, les guerres, mais réunis dans une tendresse absolue. Pour l’auteur, cette image s’est imposée comme une évidence « Ils ont 60 ans d’écart, viennent de deux continents, de deux guerres, et pourtant ils réalisent qu’ils sont les meilleurs amis du monde. »
La question de l’auditrice
La question de Vanille à l’attention d’Ocean Vuong : « J’ai lu votre livre et j’ai énormément aimé autant la plume que l’histoire. Je me demandais comment, en tant qu’écrivain, aborde-t-on un livre dans lequel on a choisi la lenteur ? Est-ce qu’on s’inquiète pour son public ? A-t-on peur qu’il s’ennuie, et ne s’accroche pas assez à l’histoire ? Et Comment fait-on pour résister à l’appel de la progression, malgré ce que la société nous apprend à valoriser et à vouloir raconter ? »
Petit agenda culturel
La 28è édition du Printemps des poètes se tient jusqu’au 31 mars prochain. Comme chaque année, dans tous les territoires de France et dans plus de 50 pays à travers le monde, la manifestation se propose de fédérer une diversité d’énergies autour de la célébration de la poésie, avec pour thème de cette 28e édition : Liberté. Force vive, déployée.
Parmi quelques temps forts à venir en régions :
Du 18 au 20 mars : une mise à l’honneur de la poésie roumaine à Clermont-Ferrand, Chambéry et Lyon.
Du 24 au 28 mars : le Printemps à Rouen en partenariat avec la Maison de la Poésie et de l’Oralité de Rouen propose série d’événements littéraires et artistiques.
Dans le cadre du festival Les intempestives, Marguerite Capelle qui animera le samedi 21 mars, de 17h à 18h, à la Maison des canaux à Paris (19è) une rencontre autour de l’œuvre d’Ocean Vuong.
Archive
Umberto Eco, émission A voix nue, Francesca Piolot, France Culture, 25/04/1996
Références musicales
James Blake,Trying Times
Jim Jarmush, Jetlag
Craven Faults, Up Good Distant Down Goods Home
Craven Faults, Drover Hole
Craven Faults, Morse
Qasim Naqvi, God Docks at Death Arbor
American Football, The Summer Ends
Source : www.radiofrance.fr

9999999
