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16 mars 2026« Une forte pullulation de moustiques sur le littoral audois » : les explications d’un spécialiste et ce à quoi il faut s’attendre
Depuis plusieurs semaines, habitants et touristes du littoral audois se plaignent d’une présence inhabituelle de moustiques. Phénomène exceptionnel ou simple impression ? L’éclairage de Frédéric Simard, directeur à l’institut de recherche et développement de Montpellier, sur les causes de cette prolifération, les espèces concernées et les risques sanitaires actuels et à venir.
Frédéric Simard est un chercheur français spécialisé en entomologie médicale et en épidémiologie des maladies transmises par les moustiques. Ses recherches portent notamment sur la biologie, l’écologie et l’évolution des moustiques du genre Anopheles, principaux vecteurs du paludisme en Afrique. Il est directeur de recherche à l’Institut de recherche pour le développement (IRD). Ses travaux combinent génétique, écologie et santé publique, afin d’identifier comment les populations de moustiques évoluent et comment ces connaissances peuvent aider à contrôler les maladies vectorielles.
Le littoral audois connaît-il vraiment une explosion des moustiques cette année ou est-ce une impression ?
Ce n’est pas une impression. Il y a bien eu une forte pullulation il y a quelques semaines sur le littoral. Elle est directement liée aux fortes pluies qui ont inondé de vastes surfaces dans les zones humides de Camargue et autour des marais littoraux. Cette eau saumâtre favorise le développement des moustiques des marais, notamment Aedes caspius et Aedes detritus. Avec les températures douces qui ont suivi, leur développement a été rapide et l’émergence des adultes presque simultanée. Les surfaces inondées ont été près de quatre fois plus importantes que les années précédentes, ce qui a rendu les traitements difficiles en tout début de saison.
Quelles espèces dominent aujourd’hui sur le littoral méditerranéen ?
Parmi la cinquantaine d’espèces présentes sur le littoral méditerranéen, ce sont surtout les moustiques du genre Aedes qui provoquent les nuisances pour l’homme, notamment Aedes caspius et Aedes detritus. Le moustique Culex pipiens est également très répandu et peut transmettre certains virus aux oiseaux, aux chevaux et parfois aux humains. Le moustique tigre (Aedes albopictus), lui, est désormais bien installé dans la région. Mais il se développe surtout en milieu urbain, dans de petites réserves d’eau autour des habitations.
Un printemps doux et pluvieux favorise fortement la multiplication des moustiques
La météo et le changement climatique jouent-ils un rôle ?
Oui, clairement. Le changement climatique peut rendre certaines zones plus favorables à l’installation de nouvelles espèces. Si les hivers deviennent plus doux, les moustiques peuvent rester actifs plus longtemps dans l’année. On observe d’ailleurs une tendance à l’allongement de la saison d’activité, même si elle reste difficile à mesurer précisément. À court terme, la météo reste déterminante : un printemps doux et pluvieux favorise fortement la multiplication des moustiques.
Faut-il s’inquiéter sur le plan sanitaire ?
Oui, le risque existe déjà. Depuis plus de dix ans, des cas de transmission locale de dengue ou de chikungunya sont observés chaque année en France. Ces virus sont généralement importés par des voyageurs infectés. Les moustiques tigres locaux peuvent ensuite les transmettre à d’autres personnes. En 2025, plus de 800 cas de chikungunya ont été recensés dans plusieurs régions françaises.
Les campagnes de démoustication sont-elles efficaces ?
Oui, mais elles ont leurs limites. Dans les marais, les équipes de l’EID (entente interdépartementale pour la démoustication) utilisent un insecticide biologique qui cible les larves, ce qui permet de réduire fortement les populations. Mais certaines zones naturelles protégées ne peuvent pas être traitées. Pour le moustique tigre, la lutte repose surtout sur la prévention chez les particuliers. Les traitements contre les moustiques adultes ne sont utilisés qu’en cas de circulation virale.
Que peuvent faire les habitants au quotidien ?
La lutte contre le moustique tigre commence à la maison. Il se développe dans de petites quantités d’eau stagnante. Il faut donc éliminer tous les récipients pouvant retenir l’eau : coupelles de pots de fleurs, seaux, arrosoirs, pneus ou gouttières bouchées. Il est aussi important de couvrir les récupérateurs d’eau de pluie et de surveiller régulièrement les endroits où l’eau peut stagner.
Plus de 2 700 hectares de zones humides déjà traités
Plus de 2 700 hectares de zones humides jugées prioritaires ont déjà été traités par les équipes de l’Entente Interdépartementale pour la Démoustication du littoral méditerranéen (EID).
Cette intervention repose sur des expertises de terrain et des outils d’aide à la décision prenant en compte à la fois le potentiel d’éclosion des larves et la protection des zones urbanisées voisines.
Dans les zones traitées, l’usage d’un bioinsecticide spécifique permet toutefois de réduire fortement les populations avant leur transformation en moustiques adultes. La situation s’explique en partie par la douceur exceptionnelle du mois de février, classé troisième mois de février le plus chaud depuis 1930, après 1990 et 2024. Ces conditions favorisent le développement précoce de l’espèce Aedes detritus, un moustique capable de provoquer des nuisances à l’échelle régionale lors d’émergences massives.
Les spécialistes estiment toutefois que ces générations hivernales devraient surtout apparaître jusqu’à la fin du mois de mars.
Les autorités soulignent que cette situation hivernale atypique ne préjuge pas du niveau de nuisance attendu au printemps et en été pour les moustiques communs. Face à cette situation, les agents de l’EID restent pleinement mobilisés. L’ensemble des moyens de lutte est actuellement engagé (avions, hélicoptères, drones et engins amphibies).
Source : www.lindependant.fr

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