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17 mars 2026comment la campagne de la candidate LR Martine Vassal aux municipales à Marseille a tourné au fiasco
Après avoir longuement hésité à maintenir sa candidature au second tour à Marseille, Martine Vassal qui n’a obtenu que 12% des voix le 15 mars a finalement décidé de repartir au combat. Mais à droite, le cœur n’y est plus et beaucoup regrettent une campagne qui n’a jamais vraiment décollé. Son maintien pourrait faire tomber la ville dans les mains du RN.
Une image symbolique. Au lendemain du premier tour des municipales à Marseille, la permanence de Martine Vassal, dans le 6e arrondissement, n’a pas été ouverte de toute la matinée. Un rideau baissé à l’image de la candidate LR, restée silencieuse presque 24 heures après son très mauvais score du premier tour.
Pourtant très identifiée dans la cité phocéenne, la présidente de la métropole Aix-Marseille-Provence, largement réélue à la tête du département des Bouches-du-Rhône en 2021, n’a récolté que 12,41% des voix dans la deuxième ville de France. Très loin du maire divers gauche sortant Benoît Payan (36,70%) et du candidat d’extrême droite Franck Allisio (35,02%).
« On a pâti d’un maire sortant qui a joué la carte du centre-gauche et d’un député RN qui a mis les habits du centre-droit et qui nous a mordu les mollets. L’espace politique de la droite se réduit », reconnaît le sénateur LR des Bouches-du-Rhône Stéphane Le Rudulier auprès de BFM.
Si Franck Allisio gagne, « la droite est finie à Marseille »
De quoi laisser courir l’hypothèse d’un retrait au second tour de la représentante de la droite pour éviter une victoire du Rassemblement national (RN) qui pourrait l’emporter? Las. En pleine réunion des ténors du bloc central, Martine Vassal s’est finalement fendue d’un communiqué de presse.
« Je prends acte de ce résultat qui nous place en troisième position. Je veux l’affirmer avec clarté: nos courants doivent continuer à être représentés », a fait savoir celle qui reste donc candidate pour le second tour.
Quel score fera finalement la Marseillaise? Sera-t-elle l’artisan de la défaite de Benoît Payan qui a besoin de brasser large pour avoir une chance de l’emporter?
« C’est bien qu’on se maintienne parce que c’est symbolique de montrer qu’on ne s’efface pas. Mais si Franck Allisio gagne, la droite est finie à Marseille », reconnaît un membre LR de sa liste.
Fataliste, Martine Vassal explique son maintien sur BFMTV ce mardi: « Malheureusement vu le score que l’on fait, notre électorat est déjà parti au Rassemblement national (…). Les plus de 35.000 personnes qui nous ont fait confiance, je ne veux pas les trahir, on va jusqu’au bout ».
Le maintien de Martine Vassal permet cependant à la droite de rester probablement présente au conseil municipal, à la métropole Aix-Marseille-Provence et peut-être de garder quelques sénateurs LR lors des élections sénatoriales en septembre prochain.
Mais pour la candidate, sa présence au second tour n’a rien à voir avec des calculs électoralistes. « La métropole restera à droite vu les résultats des autres communes, c’est une très bonne chose. Franchement qu’on continue comme ça parce que j’en ai rien à foutre des postes », jure Martine Vassal ce mardi sur BFMTV.
Une difficile entrée en matière
En réalité, sa campagne n’a jamais vraiment décollé. N’était-elle même pas née sous de mauvais auspices dès le départ? À peine entrée dans la course, la patronne de la droite locale avait dû faire face à une perquisition dans ses bureaux liée à deux enquêtes préliminaires pour des soupçons de « détournement de fonds publics, trafic d’influence et corruption » et des soupçons de « chantage et incitation à la haine ».
« On a misé sur le mauvais cheval. On l’a senti très vite », s’agace ainsi un conseiller municipal LR.
Déjà aux municipales de 2020, la sexagénaire avait essuyé une cuisante défaite, ne permettant pas à son camp de garder la ville qui était dirigée depuis 25 ans par le LR Jean-Claude Gaudin. Un choc à l’époque pour la droite locale qui se croyait indéboulonnable. Un plan B à sa candidature avait donc été sérieusement envisagé ces derniers mois.
« Martine, tout le monde la connaît ici »
Le président de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur Renaud Muselier (Renaissance) avait ainsi été tenté de se lancer dans le grand bain puis son directeur de cabinet Romain Simmarano avant de lâcher l’éponge. En réalité, dans un contexte national compliqué pour le bloc central et un RN de plus en plus puissant, « personne n’avait envie d’aller au casse-pipe » dixit un cadre macroniste marseillais.
« Martine a quand même beaucoup de qualités. Tout le monde la connaît ici et elle a une vraie surface médiatique », la défend un membre de son équipe.
Tout ne partait donc pas si mal. La preuve: plusieurs sondages la donnaient au début de la campagne entre 27 et 28% des intentions de vote. Le score avait de quoi faire rêver la droite qui n’a plus aucun député à Marseille depuis 2022.
Martine Vassal pouvait même se targuer d’avoir réussi à faire l’union autour d’elle à droite, en macronie et au centre. Mais ce qui était un avantage sur le papier a vite tourné au casse-tête pour elle.
« Mérite, travail, famille, patrie »
Cette « fan autoproclamée de cross-fit » comme elle l’a confié à Paris-Match n’a ainsi eu de cesse de faire le grand écart. Elle avait par exemple assuré en décembre « partager des valeurs » avec le RN avant de rétropédaler sous la pression du camp de Gabriel Attal et d’assurer finalement que la ville ne devrait « jamais tomber aux mains du Rassemblement national ». Sans manifestement refroidir ses ardeurs.
Elle avait à nouveau évoqué « ses valeurs personnelles », « le mérite, le travail, la famille, la patrie » lors d’un débat avec les autres candidats à Marseille sur BFMTV en février.
« Vous vous rendez compte de ce que vous venez de dire? Travail, famille, patrie, c’est le slogan de Monsieur Pétain, ça », lui répond alors Benoît Payan.
« Oui, bien sûr. Et c’est mon slogan et ce sont mes valeurs », avait rétorqué, bravache, Martine Vassal.
Commentaire d’un élu Modem du département: « c’était un accident industriel. Si jamais on avait encore des électeurs centristes tentés de voter pour nous, plus que pour Benoît Payan, ce fut terminé ce soir-là ».
« Elle n’a jamais eu de colonne vertébrale idéologique et elle s’est toujours laissée porter par le sens du vent. À un moment, ça se voit », tance l’ancien député PS des Bouches-du-Rhône Patrick Mennucci.
Des propositions trop à gauche?
Le président des LR Bruno Retailleau a pourtant bien essayé de l’aider, prenant le temps de venir la soutenir sur le terrain, évoquant son « amie », « une femme de tempérament », « très travailleuse ». Pour convaincre, Martine Vassal avait également tenté de défendre son bilan: 4.000 vélos électriques en libre-service, extension du tramway, rames de métro renouvelées, la promesse d’un métro prolongé jusqu’à 1h et un tramway sur le littoral sud.
Mais même parmi ses proches, on n’y a jamais vraiment cru. Plusieurs figures du camp de Martine Vassal ont rejoint au fil de la campagne Franck Allisio, lui-même issu des LR. Ce fut le cas Blaise Rosato, premier adjoint LR de la maire des 9e-10e arrondissements de Marseille.
Un reproche revient chez ces nouveaux partisans RN: celui d’une droite devenue trop centriste, sous la coupe du macronisme.
« Moi, j’ai eu l’impression que Martine Vassal faisait une campagne de centre-gauche, pas du tout à droite, pas du tout ce dont a besoin Marseille », s’agace Patrick Pappalardo, désormais ex-président du bailleur social de la métropole, un temps proche de la candidate LR.
« La maxi-catastrophe » d’un éventuel score sous les 10%
Selon le décompte de Franck Allisio, qui revendique « une droite patriote et populaire », ils sont 20 élus métropolitains ou d’arrondissements à avoir abandonné le camp de la droite pour le rejoindre.
Et au soir du second tour, que se passera-t-il? Plusieurs options sont sur la table. Martine Vassal pourrait d’abord parvenir à conserver son score de 12% et pourrait donc se targuer d’avoir permis à la droite de se maintenir au conseil municipal de Marseille.
L’option n’est cependant pas la plus probable tant la candidate se fait discrète sur le terrain pour cette semaine d’entre-deux-tours. En réalité, ses électeurs pourraient se diviser entre une aile plus centriste qui soutiendrait Benoît Payan et une frange plus droitière qui glisserait un bulletin dans l’urne au nom de Franck Allisio.
« Si on est en dessous de 10%, c’est la maxi-catastrophe », reconnaît sans phare un cadre de sa campagne, tout en jugeant « l’option très probable ».
Source : www.bfmtv.com

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