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Les aides à domicile sont frappées de plein fouet par la hausse des prix du carburant. Conséquences, certaines se retrouvent à travailler à perte. D’autres ont choisi de ne plus se déplacer, au détriment des patients.
Le secteur de l’aide à domicile tire la sonnette d’alarme. Alors qu’on fête ce mardi 17 mars la journée nationale des aides à domicile, la Fédération des Entreprises de Services à la Personne (FESP) alerte sur la hausse des prix du carburant qui impacte directement les professionnels du secteur.
Elle appelle alors l’Etat à prendre des mesures d’aide pour les services à domicile, déjà en situation précaire, et qui sont contraints de faire des kilomètres chaque jour malgré la hausse des prix.
En attendant, ces travailleurs n’ont pas d’autres choix que subir cette inflation. C’est le cas de Nathalie Angely qui pour chacun de ses rendez-vous, prend sa voiture pour aller voir ceux qu’elle accompagne. Avec jusqu’à 400km par semaine, son budget essence a bien augmenté: « Je peux avoir entre 20 et 30€ supplémentaires par jour et à la fin de la semaine, c’est un réel coût. Et il y aussi une réorganisation au niveau de la vie personnelle ».
« On se réorganise pour ne pas s’éparpiller »
Pas question d’abandonner ses clients, alors elle s’adapte pour économiser les kilomètres: « Si on a des clients sur le même secteur, on se réorganise pour éviter les allers-retours et ne pas s’éparpiller ». Mais il ne faudrait pas que ces prix élevés s’éternisent, confie Natalé Angely.
Un sentiment partagé par Laurence Jacquon. La directrice adjointe de l’Union des associations d’Aide à domicile en milieu rurale craint que certaines de ses structures ne parviennent pas à encaisser cette augmentation: « Ça pourrait se répercuter sur les personnes que nous accompagnons. Il y a forcément des ménages qui ne pourront plus être accompagnés et ce n’est pas notre vocation », alerte-t-elle.
La Fédération des entreprises de services à la personne demande donc à l’Etat des aides pour limiter l’impact de cette hausse de prix du carburant, alors que le secteur ne peut les répercuter sur ses tarifs: « Nos entreprises ont des contraintes tarifaires. Nos prix sont réglementés par l’Etat et nos augmentations de tarifs annuelles sont aussi encadrées », prévient sur RMC Story Loïc Gobé, le président de la Fédération des entreprises de services à la personne.
Ces entreprises sont prises au piège « jusqu’à la fin de l’année sans intervention de l’Etat ». Il appelle alors l’Etat à donner « de l’oxygène sur le prix des carburants ». Et il l’assure, des intervenants « ne veulent plus aller travailler parce qu’elles vont le faire à perte ».
« Je prends des congés en retard »
C’est justement le cas de Sophie qui vit dans l’Indre: « Ce matin je reste à mon domicile parce que je ne peux plus mettre de carburant. Je ne peux pas travailler à perte, on a un métier tendu, fatigant, usant, là on n’y arrive plus! », prévient-elle. « Avec le prix de l’essence, c’est impossible donc je prends des congés en retard, au détriment de mes patients qui ont peut-être besoin de moi ».
Certains de ses patients « ne comprennent pas et estiment qu’on est fainéants parce qu’on ne va pas travailler mais on ne peut pas leur répercuter nos états d’âmes », concède Sophie qui parcourt chaque jour entre 180 et 200 km par jour, soit un plein tous les deux jours et demi. « Je donne de l’argent pour aller travailler, je dois trouver une solution mais je ne l’ai pas », alerte-t-elle.
Ce lundi, le gazole était toujours en moyenne au-dessus des 2 euros le litre (2,047 euros), le SP98 et SP95 un poil moins cher à 1,9 euro le litre.
Source : rmc.bfmtv.com

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