
Le directeur américain de la lutte contre le terrorisme, Joe Kent, démissionne à cause de la guerre en Iran
17 mars 2026
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17 mars 2026Joe Kent, chef du contre-terrorisme accuse Trump de s’être fait avoir par Israël, en Iran, et démissionne
ANNABELLE GORDON / AFP
Donald Trump, ici dans le Bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, le 16 mars 2026.
Le 3 février 2025, Joe Kent avait été nommé par Donald Trump pour diriger le Centre national de lutte contre le terrorisme. Il était entré en fonction au cœur de l’été, juste après que sa nomination soit confirmée par le Sénat.
Ce mardi 17 mars, le voici qui démissionne brusquement, face à la tournure des événements au Moyen-Orient. Dans un message publié sur X, le haut responsable du renseignement américain invoque notamment des réserves quant à la guerre menée par l’administration Trump contre l’Iran, sous la pression d’Israël.
« Après mûre réflexion, j’ai décidé de démissionner de mon poste de directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme, avec effet immédiat », a-t-il annoncé, avant de se justifier : « je ne peux en conscience soutenir la guerre en cours en Iran. L’Iran ne représentait aucune menace imminente pour notre nation, et il est clair que nous avons déclenché cette guerre sous la pression d’Israël et de son puissant lobby américain. »
« Ce fut un honneur de servir sous le président Donald Trump et la directrice du renseignement national Tusli Gabbard (…). Que Dieu bénisse l’Amérique », conclut celui qui avait été soutenu par Donald Trump lorsqu’il s’était lancé en politique en 2021.
Aucune preuve sur l’existence d’une « menace imminente de l’Iran »
Le 28 février, lors du déclenchement de la guerre contre l’Iran, Donald Trump avait parlé « d’opérations militaires majeures » et « massives », rendues nécessaires par des menaces qu’il avait décrites comme « imminentes », sans mentionner une autorisation ou consultation du Congrès américain, qui dispose selon la Constitution du pouvoir de déclarer la guerre.
Le dirigeant républicain avait de manière explicite appelé à un renversement des autorités iraniennes. « L’heure de votre liberté est à portée de main », avait-il lancé au peuple iranien. « Lorsque nous aurons fini, emparez-vous du pouvoir », avait-il encore dit, en affirmant : « ce sera probablement votre seule chance en plusieurs générations. »
Le 3 mars, à l’issue d’un briefing classé secret défense entre les sénateurs et notamment le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, sur la guerre contre l’Iran, le sénateur démocrate Tim Kaine avait pourtant assuré à l’AFP qu’aucune preuve n’avait été présentée par le gouvernement sur l’existence d’une « menace imminente de l’Iran » contre les États-Unis.
Malgré cela, Donald Trump se présente volontiers en pacificateur et a souvent critiqué les guerres lancées par les États-Unis dans le passé. Il a reproché en particulier à son prédécesseur démocrate Joe Biden d’être responsable de la mort de militaires américains dans un attentat à l’aéroport de Kaboul, lors du retrait chaotique d’Afghanistan à l’été 2021.
Le républicain a toutefois lancé lui-même plusieurs opérations militaires importantes depuis son retour au pouvoir en janvier 2025, par exemple en frappant des sites nucléaires iraniens en juin, ou encore en faisant capturer le dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro début janvier.
Il n’a jamais sollicité l’aval du Parlement, ce qui lui a valu de féroces critiques de l’opposition démocrate et quelques protestations dans son camp, le parti républicain.
Source : www.huffingtonpost.fr

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