
Guerre au Moyen-Orient : la sécurité du détroit d’Ormuz en questions, vers des pourparlers entre Israël et le Liban ? Suivez la situation en direct
17 mars 2026
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17 mars 2026C’est une “invasion” qui “ouvre un nouveau front dans la guerre au Moyen‑Orient”, résume le Wall Street Journal. L’armée israélienne a annoncé lundi 16 mars avoir lancé des “opérations terrestres limitées” contre le Hezbollah pro-iranien dans le sud du Liban, où plus d’un million de personnes ont été déplacées depuis le début de la guerre.
Ces déplacés “ne retourneront pas dans leurs foyers” le long de la frontière tant que la sécurité des habitants du nord d’Israël ne sera pas garantie, a averti le ministre israélien de la Défense, Israël Katz.
“L’opération semble appelée à durer, Israël poursuivant ses mobilisations militaires et rappelant environ 450 000 réservistes, ce qui signifie qu’il envisage une invasion terrestre de grande ampleur”, remarque L’Orient – Le Jour. “Mais surtout qu’il refuse toute négociation avant que l’État libanais n’agisse lui aussi – quitte à aller vers la confrontation – contre le Hezbollah”.
“Israël force le Liban à négocier sur sa souveraineté”
Pour certains observateurs, “cette expansion militaire dans le sud du Liban semble de plus en plus destinée à redéfinir les rapports de force avant tout règlement diplomatique”, souligne le Guardian. “Alors que les efforts internationaux pour mettre fin aux combats se poursuivent, l’avancée d’Israël sur le territoire libanais pourrait lui offrir un plus grand levier dans les négociations.”
“Les conditions implicites de l’actuelle initiative diplomatique consistent à contraindre l’armée libanaise à désarmer le Hezbollah sous la stricte supervision des États-Unis et de la France”, analyse le politologue Ziad Majed, interrogé par Al-Jazeera. “En occupant une partie du territoire libanais, Israël force le Liban à négocier sur sa souveraineté, sans que ce dernier ne sache si les troupes israéliennes finiront par se retirer ou si les zones actuellement occupées seront transformées de manière permanente en zone tampon inhabitée”.
Le ministre de la Défense Israël Katz a d’ailleurs laissé entendre que la seconde option était possible, celui-ci ayant comparé l’opération terrestre au Liban à la campagne israélienne à Gaza, remarque le Wall Street Journal.
“Un arrangement politique” nécessaire
Des responsables de Tsahal, interrogés par le quotidien israélien Ha’Aretz ont toutefois “cherché à relativiser” les déclarations de Katz lundi. Les sources militaires israéliennes ont insisté sur le fait que “les plans approuvés à ce stade prévoient des incursions limitées sur le territoire libanais, visant à protéger les localités israéliennes et à frapper les infrastructures du Hezbollah ainsi que des stocks d’armes situés à plusieurs kilomètres de la frontière”.
Ces responsables israéliens ont aussi souligné qu’ils estimaient “qu’un calme durable pour les habitants du nord d’Israël ne pourra être obtenu que par arrangement politique incluant des négociations avec le gouvernement libanais et un renforcement de l’armée libanaise, et non par le maintien d’importantes forces israéliennes au Liban.”
Lundi, le président israélien Isaac Herzog a salué comme “une évolution très positive” la proposition du président Emmanuel Macron de faciliter des discussions directes entre le Liban et l’État hébreu. “Il y aura des pourparlers”, a-t-il assuré tout en appelant les pays européens à “soutenir tout effort visant à éradiquer” le Hezbollah.
Selon le Wall Street Journal, qui cite des responsables libanais et français, “les dirigeants libanais ont fait savoir qu’ils étaient prêts à engager de rares discussions directes au niveau gouvernemental avec Israël”, sous la médiation de Paris. “Israël est ouvert à cette idée, selon une personne proche du dossier”, précise le quotidien américain.
Source : www.courrierinternational.com

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