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17 mars 2026Avec quatre candidats en lice, la bataille reste entière à Paris pour le second tour des élections municipales dimanche 22 mars, même si le candidat socialiste Emmanuel Grégoire, qui a largement distancé sa concurrente de droite, l’ex-ministre Rachida Dati, semble en mesure de garder la capitale française à gauche.
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Emmanuel Grégoire, député de Paris, ex-premier adjoint de la maire socialiste Anne Hidalgo, est sorti dimanche soir en tête du premier tour (37,98 % des voix). Il a devancé de plus de 12 points Rachida Dati (25,46 %), qui réalise un score bien moins élevé qu’espéré.
Ancienne ministre de la Culture sous la présidence d’Emmanuel Macron, Rachida Dati, qui fut aussi garde des Sceaux du président de droite Nicolas Sarkozy, a fait de la conquête de la mairie de Paris son objectif premier. La droite espère faire basculer la capitale française de deux millions d’habitants, dirigée par la gauche depuis 25 ans.
Deux autres candidates seront au second tour dimanche : Sophia Chikirou du parti de gauche radicale La France insoumise (11,72 %), et Sarah Knafo du parti Reconquête (extrême droite), qualifiée in extremis avec 10,40 % des voix.
Alliance entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel, Sarah Knafo de Reconquête mise de côté
Rachida Dati compte sur le réservoir de voix d’un cinquième qualifié, le candidat de centre droit Pierre-Yves Bournazel (11,34 %), qui a annoncé lundi 16 mars la fusion des deux listes. « J’ai le plaisir de vous annoncer ce soir que nous avons décidé de fusionner nos listes », a dit Pierre-Yves Bournazel sur la chaîne de télévision France 2, en précisant s’effacer et vouloir « tourner une page ».
Un renoncement qui en dit long sur la difficulté de ce rapprochement après une campagne tendue entre les deux candidats. Mais Pierre-Yves Bournazel n’avait pas le choix. Rachida Dati est la mieux placée des deux à l’issue du premier tour. Édouard Philippe, le patron d’Horizons, le parti de Pierre-Yves Bournazel, a pesé dans cette décision. Pour lui, impossible de favoriser la victoire de la gauche à Paris en refusant une alliance avec Rachida Dati.
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Répondant à une condition posée par Pierre-Yves Bournazel, Rachida Dati a confirmé au journal Le Figaro qu’elle ne ferait pas « alliance avec Reconquête » et sa candidate Sarah Knafo, qui a obtenu un score bien en deçà de ce que prédisaient les sondages, note Valérie Gas, cheffe du service politique de RFI. Elle a ajouté avoir proposé à Pierre-Yves Bournazel d’être deuxième sur sa liste au second tour. Mais les relations entre eux sont notoirement dégradées. Elle avait estimé qu’il était « l’incarnation physique de la droite la plus bête du monde ». Tandis que lui, il l’avait qualifiée de « personne en état d’ébriété narcissique. »
Cette fusion sera-t-elle suffisante pour permettre à la maire du VIIᵉ arrondissement de s’emparer de l’Hôtel de Ville ? Un élu Renaissance en doute. Pour lui, les voix de Pierre-Yves Bournazel « se reporteront pour moitié sur Rachida Dati, pour moitié sur Emmanuel Grégoire. »
La gauche unie et La France insoumise ne s’unissent pas
La surprise de ce premier tour vient aussi de la candidate LFI et députée de Paris Sophia Chikirou, arrivée en troisième position. Un score à l’image de son parti, qui a réalisé une percée dans plusieurs villes en France. Sophia Chikirou a annoncé, sans surprise, qu’elle se maintiendrait au second tour, après le « refus » d’Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie sans LFI, de sa proposition de fusion.
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La campagne a été émaillée de multiples accusations, cristallisées en partie sur les affaires de violences sexuelles dans le périscolaire, les principaux candidats dénonçant la responsabilité de la majorité sortante. Parmi les autres thèmes débattus : le logement, alors qu’à l’image de nombreuses capitales, Paris connaît une forte crise du logement.
Autres enjeux : la mobilité, un des axes forts du bilan des douze années de mandat de la maire sortante Anne Hidalgo, qui a accéléré la végétalisation, la piétonnisation et le développement de pistes cyclables dans la capitale la plus dense d’Europe, la sécurité ou encore la propreté.
La situation de Rachida Dati, qui sera jugée du 16 au 28 septembre pour corruption et trafic d’influence, a aussi fait débat. Elle est soupçonnée d’avoir indûment perçu 900 000 euros entre 2010 et 2012 d’une filiale de l’alliance Renault-Nissan, quand Carlos Ghosn en était le PDG et quand elle était eurodéputée. Des faits qu’elle conteste, mais qui l’exposent à des peines allant jusqu’à dix ans d’emprisonnement et cinq ans d’inéligibilité.
Municipales: ceux qui sont bien partis, ceux qui sont mal partis, les résultats incertains
En ballotage favorable, l’ancien Premier ministre Édouard Philippe (Horizons) au Havre, qui a conditionné sa candidature en 2027 à un succès dans ce scrutin local, fera face au second tour à deux autres candidats, mais il pourrait l’emporter.
Dans le sud de la France, à Nice, l’allié de Marine Le Pen, Éric Ciotti, devance de 10 points son rival et frère ennemi le maire sortant Christian Estrosi.
Si LFI a créé la surprise à Saint-Denis avec la victoire de Bally Bagayoko, c’est également en bonne voie pour le député insoumis David Guiraud à Roubaix.
Le candidat de gauche et maire sortant de Marseille Benoît Payan affrontera au second tour le candidat du RN Franck Allisio dans un duel serré et incertain.
À Paris, le second tour s’annonce compliqué pour Rachida Dati, distancée largement par Emmanuel Grégoire et dont le résultat est conditionné aux alliances et désistements au second tour.
À Lille, le successeur de Martine Aubry, Arnaud Deslandes, est en situation difficile, concurrencé par le candidat insoumis.
À Bordeaux, le maire sortant écologiste Pierre Hurmic est au coude à coude avec le macroniste Thomas Cazenave.
Et à Toulouse le maire sortant Jean-Luc Moudenc doit faire face à une alliance PS-LFI qui pourrait lui faire perdre l’élection.
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Source : www.rfi.fr

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