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L’État hébreu a annoncé la mort du général dans une frappe ce mardi. Il était à la tête des Bassidji, véritable organisation idéologique comptant des millions d’Iraniens chargés de faire respecter les lois dictées par les mollahs.
L’hécatombe se poursuit dans les rangs des mollahs iraniens. Israël a annoncé ce mardi avoir tué Ali Larijani, le puissant chef de la sécurité en Iran, ainsi que Gholamréza Soleimani, commandant de la milice du Bassidj. Pour l’heure, les morts des deux officiels qui comptaient parmi les plus hauts dignitaires du régime islamique n’ont pas encore été confirmées par Téhéran.
Gholamréza Soleimanil était à la tête du Bassidj, l’une des forces de sécurité intérieure les plus importantes d’Iran et cible depuis plusieurs jours des attaques aériennes de l’État hébreu. La milice, qui recrute essentiellement parmi la jeunesse iranienne, est une véritable organisation idéologique qui innerve toutes les strates de la société et se charge de faire respecter les lois dictées par les mollahs.
Le Bassidj, épine dorsale de la répression en Iran
Gholamreza Soleimani est né en 1963 à Farsan, à l’ouest du pays. L’Iranien débute sa carrière militaire au printemps 1984, en s’engageant comme volontaire au sein des Bassidji (du persan «niruyeh Moghavemat Basij», signifiant «force de mobilisation de la résistance») pendant le conflit qui oppose l’Iran à l’Irak. Les Bassidji sont, à l’origine, d’anciens combattants de la guerre Iran/Irak (1980-1988) «qui se battaient contre l’ennemi tout en espérant mourir en martyr», expliquait le documentariste Mehran Tamadon, qui a passé trois années à leurs côtés.
Gholamreza Soleimani, rejoint le Corps des gardiens de la révolution islamique iranienne en 1982 et gravit ensuite les échelons jusqu’au grade de commandant de compagnie, puis de commandant de bataillon pendant le conflit au cours duquel il prend part à de très nombreuses opérations.
En 2019, Soleimani prend la tête du Bassidj, devenue entre-temps l’une des forces de sécurité intérieure les plus importantes d’Iran et désignée comme terroriste par les États-Unis en 2011. Ces engagés, répartis en branche selon leurs catégories sociales, ne portent pas souvent d’uniforme, vivent au cœur de la société civile et sont disséminés dans les écoles, les universités, les hôpitaux ou les administrations. Les autorités font appel à ces miliciens dirigés par les Pasdarans – aussi appelés gardiens de la révolution – pour maintenir l’ordre public et réprimer, avec violence, les contestataires du régime. Financée directement par l’État, la milice qui agit comme l’épine dorsale de la force de sécurité du régime iranien revendique aujourd’hui plusieurs millions de membres – bien que leur nombre ne soit pas précisément connu.
Sous sanctions internationales
Le Bassidj a été fortement impliqué dans la répression violente en Iran, notamment après la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad en juin 2009. En novembre 2019, sous le mandat de Soleimani, les miliciens auraient également été à l’origine de la mort de centaines de civils iraniens. Trois ans plus tard, après la mort de Mahsa Amini en 2022, qui avait provoqué de violentes manifestations à travers le pays, le Bassidj avait été massivement mobilisé pour réprimer les rassemblements. Sous la houlette de Gholamreza Soleimani, des milliers de volontaires, souvent en civil, avaient procédé à des arrestations, des passages à tabac et des intimidations dans les rues et devant les universités. En Iran, les Bassidji jouent depuis des années un rôle central dans l’arrêt des rassemblements et la répression sanglante des protestations.
L’influence du général était centrale dans l’application des lois et des idéaux du régime. Pendant les six années de Gholamreza Soleimani à la tête du Bassidj, la milice «avait mené les principales opérations de répression en Iran, employant une violence extrême», a d’ailleurs indiqué ce mardi l’armée israélienne sur son compte X.
Fidèle du régime, Soleimani avait déclaré en décembre 2023 que la République islamique persisterait dans ses efforts pour éliminer l’État d’Israël, s’inscrivant dans le cadre idéologique de «deuxième étape de la révolution», concept forgé par Ali Khamenei en 2019 qui s’était engagé à résister à la «domination américaine et sioniste» dans la région.
L’Iranien faisait l’objet de nombreuses sanctions internationales imposées par le Royaume-Uni, le Canada, Monaco… En avril 2021, Soleimani avait également été sanctionné par l’Union européenne qui déplorait «l’usage généralisé et disproportionné de la force par les forces de sécurité iraniennes, qui a entraîné un nombre élevé de morts et de blessés lors de la répression des manifestations de novembre 2019». »En tant que chef de l’organisation Bassidj, Gholamreza Soleimani porte la responsabilité de la répression violente des manifestations et des graves violations des droits humains commises en Iran», ponctuait l’Union Européenne. La même année, les États-Unis avaient gelé ses avoirs et interdit aux ressortissants américains d’effectuer des transactions avec lui.
Source : www.lefigaro.fr

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