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17 mars 2026Résultats des municipales 2026 à Perpignan : Louis Aliot, derrière l’union des droites, n’a-t-il pas « dévoré » les derniers votes Républicains ?
Au lendemain du premier et dernier tour des élections municipales à Perpignan et de la réélection du maire sortant Rassemblement national, la droite républicaine accuse un effondrement de son nombre d’élus au sein du conseil municipal. Un affaiblissement enclenché depuis plusieurs années par le climat national. Sans lien, selon ses ténors, avec le ralliement « opportun » d’anciens colistiers LR de Jean-Marc Pujol à l’extrême droite.
Le maire sortant Rassemblement national de Perpignan aura réussi un coup politique sur l’échiquier local. Loin du repoussoir présumé, le ralliement des anciens colistiers de Jean-Marc Pujol, son adversaire Les Républicains de 2020, semble plutôt lui avoir donné un coup de main pour assurer sa réélection dès le premier tour ce dimanche. Mais, sous couvert de l’union des droites, ce rapprochement ne lui a-t-il pas aussi servi à siphonner les cuves de la droite traditionnelle ? Elle qui se réveille ce lundi matin à Perpignan incontestablement affaiblie.
Nostalgique assurément de 2020 quand, au premier tour, elle cumulait plus de 36 % des suffrages entre LR (menés par le même Jean-Marc Pujol), macronistes et autres divers. Un vrai coup d’assommoir. Bruno Nougayrède, seul opposant de droite à ne pas avoir franchi la ligne de front et réunissant sur son nom les investitures Les Républicains, Horizons, MoDem, Renaissance, UDI et Oui au pays catalan, arrive en troisième position derrière la gauche avec 13,45 % des voix. La deuxième place de la liste occupée par la sénatrice LR Lauriane Josende, pourtant soutien affiché à un Bruno Retailleau mordant souvent la ligne frontiste, n’y aura rien fait.
Six ans plus tard, et un scrutin sous Covid, la droite à Perpignan accuse un recul de 5 000 voix. Quand le RN engloutit vraisemblablement son réservoir et passe de 35,65 % au premier tour 2020 à 50,61 % en 2026, soit 7 000 voix de plus.
« C’est la défaite de 2020 qui nous a mis le plus à terre »
Ils ne sont plus que quatre élus de droite à intégrer l’opposition au conseil municipal contre treize à l’ouverture du précédent mandat. Lauriane Josende, secrétaire départementale des LR 66, est de ces nouveaux arrivants et tacle : « L’union des droites, c’est de l’opportunisme politique, un vent électoral quand la droite républicaine n’a justement pas ou plus le vent dans le dos. » Pour autant, « Louis Aliot aurait gagné largement sans ça« , analyse-t-elle. « Cette union des droites ne lui a pas apporté de voix. Et puis, les figures de ce ralliement, ce sont qui, sincèrement ? Chantal Bruzi, Pierre Parrat, et même Jean-Marc Pujol n’étaient plus LR. Beaucoup, à Perpignan, votent Louis Aliot plus que RN, parce que son nom est une marque à lui tout seul. Il a bénéficié de l’abstention, d’un sentiment d’abandon des habitants, du rejet de la classe politique et de la prime au sortant. C’est ce qui nous a le plus porté préjudice. »
« Et si certains disent que l’union des droites nous a affaiblis, c’est pour accréditer la thèse que c’est la solution pour gagner tous les scrutins. Mais notre électorat était déjà réduit », poursuit-elle. Pour preuve, les Républicains des P.-O. étaient d’abord passés de 10 000 à 5 000 adhérents avant de descendre à 400 voilà six ans. « C’est la défaite de 2020 qui nous a mis le plus à terre. Après, on est remonté un peu à la faveur, notamment, de l’élection de Bruno Retailleau, où on est remonté à plus de 1 000 adhérents. L’union des droites consiste à se faire élire avec les voix du RN, parce que la droite républicaine est démonétisée. Là, on savait que l’on serait très bas. Or, quand Bruno Retailleau a redonné des couleurs à notre parti, bizarrement, j’avais tous les maires et les élus qui revenaient en me disant : ‘Finalement, c’est vrai, Éric Ciotti, qui a créé l’UDR pour être élu à Nice avec l’extrême droite, a fait n’importe quoi. On n’en a pas besoin’. »
Un appel du pied peut-être aux derniers de la droite républicaine qui s’accrocheraient encore à leur instinct de survie politique. Ou à toutes les nouvelles « recrues » du RN qui pensent infléchir la ligne de l’extrême droite de l’intérieur et risqueraient de déchanter. Oubliant que chez les frontistes, même dans l’union, le pouvoir ne se partage pas.
« Chez les Républicains, les maires des Pyrénées-Orientales ont préféré abandonner leur étiquette politique »
Au niveau départemental, la droite républicaine (LR, Horizons) est relativement stable à l’issue de ce 1er tour des élections municipales, notamment parmi les maires sortants qui se réinstallent dans leur siège au Barcarès, à Canet, à Sainte-Marie, à Saint-Cyprien… Mais, tempère Lauriane Josende, « ce sont des maires qui ne sont plus encartés pour la plupart depuis très longtemps même si on sait qu’ils sont chez nous, Et ceux qui restent encartés n’ont pas fait campagne avec la bannière LR. »
Et de préciser : « Chez les Républicains, les maires de manière générale, ont préféré abandonner leur engagement partisan et leur étiquette politique, parce que dans les communes, comme au Sénat, on est moins clivés politiquement, on est plus sur des logiques de territoire avec des listes plurielles » précise encore la chef de file des LR dans les Pyrénées-Orientales. « On sait qu’ils sont de la droite républicaine pour la plupart d’entre eux, mais ils ont quitté le parti pour se sentir plus libres de leur appartenance et de la composition de leur liste pour être réélus et c’est ce qui fonctionne le mieux aujourd’hui. »
Source : www.lindependant.fr

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