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17 mars 2026Reuters.com
17 mars 2026Trop petite pour faire de la moto, cette catalane invente des bottes réhaussée pour les petits gabarits
Les bottes de moto Shorty Rider veulent réconcilier sécurité et confort pour les motardes de petite taille. Grâce à une semelle rehaussée de cinq centimètres, la startup portée par Eugénie Roca espère franchir le cap des 100 précommandes sur Ulule.
Cinq centimètres. Un détail pour certains. Pas pour tout le monde. Sur une moto, ces quelques centimètres peuvent faire toute la différence entre toucher le sol… ou rester sur la pointe des pieds à chaque arrêt. Pour beaucoup de motardes de petite taille, c’est même un problème bien connu, voire un vrai frein à la pratique.
Eugénie Roca en sait quelque chose. À 31 ans, cette entrepreneuse originaire de Prats-de-Mollo a décidé d’en faire le cœur de son projet. Avec Shorty Rider, la jeune femme développe des bottes de moto capables de rehausser la pilote d’environ cinq centimètres, afin de lui permettre de mieux poser les pieds au sol, sans renoncer à la sécurité.
Car Eugénie Roca, 1,58 m, parle d’expérience. Elle qui roule à moto depuis l’adolescence. » J’habitais dans un mas à un quart d’heure de Prats-de-Mollo. Pour se déplacer, il fallait forcément un véhicule. J’ai fini par convaincre mes parents de m’acheter une petite moto, raconte-t-elle en souriant. Mon père m’avait trouvé une moto un peu toute pourrie en espérant que ça me dégoûte. » Raté. Même les chutes n’y feront rien, la passion s’installe.
Inter
Quelques années plus tard, Eugénie s’installe à Paris et continue à rouler. Au guidon de sa puissante KTM Duke 390, la jeune femme gagne en technique et en assurance. Mais un problème persiste. Toujours le même : toucher le sol. « Quand on est petite, on choisit sa moto en fonction de sa taille. Et malgré ça, c’est souvent compliqué. » La révélation viendra d’une amie motarde qui roule… en baskets compensées. « Elle m’a dit que ça lui changeait la vie. Je lui ai répondu que ce n’étaient pas des bottes de moto et que si elle tombait, elle se fracasserait le pied. Mais j’ai quand même essayé. »
Le test est concluant. Avec quelques centimètres supplémentaires sous les pieds, la conduite devient immédiatement plus confortable. « Je me suis dit : mais pourquoi personne n’a inventé des bottes de moto avec une vraie semelle rehaussée ? » Autour d’elle, les discussions avec d’autres motardes confirment l’intuition. Le problème est largement partagé. Peu à peu, l’idée d’un produit spécifique fait son chemin, et finit par s’imposer. Il y a deux ans, Eugénie Roca prend la décision radicale de quitter son poste dans l’audiovisuel chez Warner Bros pour se consacrer entièrement à ce projet. Ainsi naît Shorty Rider. Une marque pensée pour les motardes, avec un objectif simple : adapter l’équipement aux morphologies plutôt que l’inverse.
Une campagne de précommande
Pour concevoir ses bottes, Eugénie s’entoure d’une designer industrielle, Marine Fondin, rencontrée lors d’un événement moto. Ensemble, elles imaginent un modèle baptisé Rise Queen 001 qui permet de rehausser la pilote de cinq centimètres grâce à une semelle épaisse, tout en conservant les normes de sécurité nécessaires à l’équipement moto. Renforts aux malléoles, semelle antidérapante, résistance à l’abrasion… le produit doit être homologué selon la norme européenne EN 13634. Le prototype existe déjà. Mais pour passer à la fabrication, il faut franchir une étape décisive : financer les moules de production.
Eugénie lance donc une campagne de précommandes sur la plateforme Ulule. Objectif : atteindre 100 paires vendues. « Les moules pour les semelles coûtent très cher. Les préventes permettent de lancer la production. » Un mois après son lancement, la campagne dépasse déjà les trois quarts de l’objectif. Un signe encourageant pour la jeune entrepreneuse, qui ne se verse pour l’instant aucun salaire et investit même ses propres économies dans l’aventure. « Les bottes, fabriquées au Portugal, seront proposées autour de 199 euros, un prix comparable à celui du marché. »
Mais l’ambition va plus loin. À terme, Shorty Rider pourrait proposer d’autres équipements adaptés aux différentes morphologies. Même aux hommes de petite taille. « Beaucoup de femmes nous disent que les vestes ne tombent pas bien, que les combinaisons sont trop longues, que les mollets ne passent pas dans les bottes… L’idée serait d’aller vers un équipement plus inclusif. » Car la moto se féminise. « Aujourd’hui, environ 30 % des personnes qui passent le permis moto sont des femmes. Un chiffre qui ne cesse d’augmenter. »
Source : www.lindependant.fr

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