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ROMAIN COSTASECA / Hans Lucas via AFP
Ce que les égouts européens révèlent sur la consommation de drogues. (image d’illustration)
Le rapport entre les égouts et le narcotrafic ne saute pas aux yeux, mais il est bien réel. L’étude d’échantillons quotidiens d’eaux usées municipales prélevées dans plusieurs pays européens permet d’en apprendre plus sur la consommation de drogues sur le Vieux continent. Bilan de l’étude publiée ce mercredi 18 mars : les résidus de kétamine et de cocaïne ont fortement augmenté l’an dernier par rapport à 2024.
À l’inverse, les résidus de MDMA, principe actif de l’ecstasy, sont en nette baisse. L’étude témoigne « d’un phénomène de consommation de drogues à la fois généralisé, varié et en constante évolution », explique dans un communiqué Lorraine Nolan, directrice de l’Agence de l’Union européenne sur les drogues (EUDA, ex-EMCDDA), qui a réalisé le projet en association avec le réseau de chercheurs Score.
Des échantillons quotidiens d’eaux usées municipales ont été prélevés sur une période d’une semaine entre mars et mai 2025 dans les zones de captage de stations d’épuration dans 115 villes de 25 pays – dont 23 de l’Union européenne auxquels s’ajoutent la Norvège et la Turquie. Ces échantillons d’eaux usées de 72 millions de personnes ont été analysés pour détecter des traces de kétamine, de cocaïne, de MDMA, de méthamphétamine, d’amphétamine et de cannabis.
Plus de traces de cocaïne et de MDMA le week-end qu’en semaine
Si la présence dans les eaux usées des trois dernières substances a varié d’une ville à l’autre, celle de kétamine a progressé dans la majorité des villes l’an dernier. La charge totale de kétamine a augmenté de près de 41 % entre 2024 et 2025, et les niveaux les plus élevés ont été observés dans des villes belges, allemandes et néerlandaises étudiées.
Quant à la cocaïne, sa présence dans les égouts a elle aussi augmenté de 22 % en 2025 et reste élevée dans les villes d’Europe occidentale et méridionale selon le rapport, « en particulier en Belgique, en Espagne et aux Pays-Bas, bien que des traces aient été trouvées dans la plupart des villes d’Europe orientale ». En revanche, pour la MDMA, la majorité des localités ont signalé une baisse des détections entre 2024 et 2025.
Cette diminution a été la plus marquée dans les eaux usées des villes d’Allemagne, d’Autriche et de Slovénie, et est « plus importante que celle observée en 2020, lorsque près de la moitié des villes avaient signalé des baisses pendant les fermetures des lieux de vie nocturne liées à la Covid-19 », expliquent les auteurs.
Par ailleurs, l’analyse des eaux usées permet aussi de détecter des fluctuations dans les usages hebdomadaires de drogues : ainsi, dans trois villes étudiées sur quatre, les traces de benzoylecgonine (principal métabolite de la cocaïne) et de MDMA dans les eaux usées sont plus élevées pendant le week-end (du vendredi au lundi) qu’en semaine.
Source : www.huffingtonpost.fr

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