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18 mars 2026Engagé pour Gaza, amateur de rap, spécialiste du logement… François Piquemal, l’insoumis qui pourrait décrocher Toulouse
Le député de LFI, âgé de 41 ans, représente une opportunité historique pour son mouvement aux élections municipales: celle de remporter les élections municipales à Toulouse, la quatrième plus grande ville de l’Hexagone.
« S’il y a 60% de participation, je suis persuadé d’être en tête à gauche. S’il y a moins, on entre dans des zones grises ». 14 novembre 2025. Candidat de La France insoumise pour la mairie de Toulouse, le député François Piquemal affiche toute sa confiance auprès de BFM.
Tant pis si Les Écologistes, qu’il convoitait, annoncent quelques jours plus tard se rallier au Parti socialiste de François Briançon. L’élu de 41 ans n’a « pas peur » d’être isolé. Au contraire, il croit dur comme fer en ses chances de gagner la course qui s’engage pour devenir le meilleur adversaire du maire sortant Jean-Luc Moudenc, édile de centre droit qui dirige Toulouse depuis 2014, profitant régulièrement des divisions de ses adversaires.
Auparavant professeur d’histoire-géographie, François Piquemal disserte sur le passé de la ville rose, évoque le « XXe siècle » et les maires estampillés SFIO. Plus précisément, l’insoumis s’arrête sur le mandat de Jean Rieux, aux manettes entre 1906 et 1908, puis entre 1912 et 1919.
« On l’appelait Jean Le Rouge », retrace-t-il pour mieux convaincre que sa gauche, celle qui est radicale – ou « solide sur ses appuis », selon l’intéressé – a toutes ses chances pour prendre les rênes du Capitole.
D’autres éléments, plus récents, viennent conforter son discours: à Toulouse, trois des cinq circonscriptions, dont la sienne, sont détenues par LFI. Ici, Jean-Luc Mélenchon a terminé loin devant au premier tour de l’élection présidentielle avec 36,93% des suffrages contre 26,42% pour Emmanuel Macron et 9,54% pour Marine Le Pen.
L’incarnation de la progression de LFI aux municipales
De là à ce que François Piquemal prenne le dessus sur la liste d’union formée par François Briançon? Non, d’après les derniers sondages publiés durant la campagne, qui donnent l’avantage au socialiste.
15 mars 2026. À Toulouse, la participation n’a pas atteint les 60% au premier tour des municipales. Mais, surprise, François Piquemal réussit son pari: avec 27,56% des votes exprimés, il devance François Briançon (24,99%). Là est l’essentiel: certes Jean-Luc Moudenc fait la course en tête (37,23%), mais ses réserves de voix sont minimes. Sur le papier, la gauche a toutes ses chances pour le déloger si elle s’unit.
C’est chose faite, le lendemain. En dépit de la décision du Parti socialiste de ne pas passer d' »accord national » avec LFI ou de la position de l’influente présidente socialiste de la région, Carole Delga, les deux François s’affichent conjointement devant les caméras le lendemain.
L’union est scellée. François Piquemal devient l’incarnation de la progression de LFI aux élections municipales. S’il était élu maire, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon prendrait la quatrième ville de France. Jusqu’ici, le bastion insoumis le plus important était Faches-Thumesnil (Nord) et ses quelque 18.000 habitants.
Engagement pour Droit au logement
Avant d’en arriver là, François Piquemal s’est solidement implanté à Toulouse. Né à Besançon, il débarque dans la préfecture de Haute-Garonne à l’âge de 20 ans, pour suivre sa petite amie, apprend-on dans Mediacités.
Alors étudiant en histoire-géographie, il va militer contre le contrat première embauche (CPE), comme en atteste une vidéo de l’INA, ou la loi d’autonomie des universités.
Le jeune François Piquemal s’engage. Pas encore en politique, mais dans le tissu associatif. En 2010, il rejoint Droit au logement (DAL), après qu’un propriétaire souhaite qu’il quitte son appartement avant la fin du bail, devenant ensuite porte-parole de l’association à Toulouse.
Son investissement associatif fait de lui un fin connaisseur de l’habitat, un sujet qui se retrouve dans son programme pour les municipales où il prône l’encadrement des loyers et le développement des logements publics.
La politique arrive concrètement en 2020. Le futur député est d’abord élu conseiller municipal en participant à la liste du mouvement Archipel citoyen, dont il a tenté, sans succès, de prendre la tête.
Quelques années plus tôt, un homme l’a marqué: Jean-Luc Mélenchon, auteur selon lui d’une campagne présidentielle « super enthousiasmante » en 2017.
Logiquement, François Piquemal est de la bataille de 2022. « Je ne voyais pas comment ne pas prendre position: la personnalité la plus prête, la plus aboutie, notamment au niveau du programme, c’était Jean-Luc Mélenchon », raconte-t-il dans un article de l’Insoumission, média de LFI.
Lors des législatives qui suivent, l’insoumis est investi par le mouvement dans la 4e circonscription de Haute-Garonne où il l’emporte haut la main au second tour contre une candidate macroniste avec 59,26% des voix. Les élections anticipées de 2024, consécutives à la dissolution de l’Assemblée nationale, confirment son ancrage: l’insoumis est élu dès le premier tour.
« Je fais partie de cette génération qui a été élevée par le rap français » François Piquemal, candidat à la mairie de Toulouse
Au Palais Bourbon, il prolonge son travail sur le logement, combattant avec force la loi anti-squat portée par le macroniste Guillaume Kasbarian en 2023 et rédigeant une proposition de loi en 2025 sur l’encadrement des loyers ou encore un rapport parlementaire sur la rénovation urbaine.
Dans l’hémicycle, il cherche aussi à incarner une culture populaire, comme lorsqu’il cite les stars du rap français SCH et Jul pour appuyer ses propos, lui le grand amateur de ce genre musical. « Je fais partie de cette génération qui a été élevée par le rap français. Quand t’écoutes des groupes comme IAM ou NTM, forcément, ça te structure politiquement, notamment sur la question du partage des richesses, des difficultés sociales », raconte-t-il en 2022 dans une vidéo de campagne.
Radical sur la ligne politique, François Piquemal l’est moins dans son débit de parole, assez lent, et son ton, plutôt posé… Sans que cela ne l’empêche de faire parler de lui pour son attitude, à l’image de certains de ses camarades. C’est le cas en juillet 2024. Lors du vote pour la présidence de l’Assemblée, il refuse de serrer la main d’un député RN, préférant faire un « pierre, feuille, ciseaux ».
Outre son travail sur le logement, François Piquemal se distingue aussi par son combat pour la Palestine, comme de nombreux insoumis. Le 5 septembre dernier, il embarque dans une flottille humanitaire pour Gaza. Celle-ci est ensuite bloquée le 2 octobre par l’armée israélienne avant d’arriver à destination. Le parlementaire de LFI est alors incarcéré cinq jours et relate ensuite des « scènes d’humiliation » auprès de 20 minutes.
De retour à Toulouse, François Piquemal peut s’engager pleinement dans la campagne pour les municipales, lui qui s’est lancé officiellement dès janvier 2025. La suite est connue. Mais cette histoire n’aura vraiment de sens pour LFI que si le Toulousain transforme l’essai ce dimanche.
Source : www.bfmtv.com

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