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18 mars 2026« Je n’appelle pas ça un projet d’utilité publique » : près de Béziers, des retraités expropriés s’estiment floués par la construction d’un lotissement à deux pas de la Méditerranée
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Dans l’Hérault, des propriétaires se battent contre un projet immobilier aux pratiques opaques dans la commune de Sérignan. Ils ont perdu leurs cabanes, situées à deux pas de la mer et transformées en lotissements.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Au milieu du béton, à Sérignan (Hérault), des retraités ne reconnaissent plus leur petit paradis. Ils possédaient tous ici un terrain, souvent des vignes, et parfois un cabanon. Il en reste seulement deux ou trois, perdus dans les lotissements. « Les grillades que l’on a faites, les anniversaires, c’étaient des moments fantastiques », se rappelle Danielle Grousset, membre de l’Association de défense des propriétaires des Cosses, Falgairas et Galine. Mais ces 80 hectares ont été déclarés d’utilité publique. Expropriation, viabilisation et vente au prix fort s’en sont suivies. En quelques années, 1 500 logements sont sortis de terre.
« Je n’appelle pas ça de l’utilité publique. Cela aurait été le cas si c’était pour faire une école, pour faire une route, mais pas pour faire des logements comme ça », déplore Blanche Mendès, membre de l’association. Les anciens propriétaires auraient voulu construire pour eux, mais c’était trop cher. Sur 300 propriétaires, 90 ont contesté, souvent âgés. Ils ne sont plus que sept aujourd’hui. Ils dénoncent avoir reçu, à l’époque, des propositions financières qu’ils jugent malhonnêtes. « On m’a proposé 40 euros du mètre carré. On m’a proposé, et je n’ai pas voulu vendre, donc ils m’ont exproprié », assure Théodore Mendès, ancien propriétaire. Selon l’associatif, le mètre carré vaut désormais 300 euros.
Les anciens propriétaires ont découvert que 19 parcelles ont été acquises par des familles d’avocats, assistants maîtres d’ouvrage, architectes, tous proches de l’association foncière censée les soutenir. Nous avons joint l’un de ces acheteurs, également acteur du programme immobilier. « Il y a deux façons d’être rémunéré. Soit vous êtes rémunéré en contrat, soit en part. Mais je prends des parts, c’est plus facile », indique-t-il, ajoutant avoir acquis les terrains au « prix affiché, public ».
Selon l’avocate des propriétaires expulsés, ces nouveaux acheteurs, partie prenante du projet, ont pourtant, en quelque sorte, confisqué les biens. « Les choses se sont faites en catimini, étant précisé qu’une fois qu’on avait acquis le bien à une valeur vénale non constructible, on avait derrière la communauté qui permettait de rendre constructible ledit terrain, construire un beau pavillon et passer d’une valeur initiale de 180 000 euros, par exemple, à une valeur de trois millions d’euros », estime Jérôme Karsenti, avocat des propriétaires.
La lutte contre la cabanisation sur les zones prisées du littoral de l’Hérault a peut-être été une bonne affaire pour certains. Une information judiciaire est ouverte, portant notamment sur des faits d’escroquerie et de prises illégales d’intérêt.
Source : www.franceinfo.fr

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