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18 mars 2026L’exposition Nan Goldin au Grand Palais, parmi les plus attendues de l’année, se visite comme aucune autre
© Nan Goldin
« Untitled », 1982, de Nan Goldin.
Terminus. Après Stockholm, Amsterdam, Berlin et Milan, Nan Goldin pose ses valises une dernière fois, à Paris. Ce mercredi 18 mars, le Grand Palais inaugure l’une des expositions les plus attendues de l’année : This Will Not End Well, grande rétrospective d’un genre nouveau consacré à l’illustre photographe américaine.
En trois mots ? Bouleversante, tendre, et dérangeante. Elle est, pour l’artiste de 72 ans, reconnue à travers le monde pour son travail mêlant intime et politique, l’occasion de « continuer à se servir de sa plateforme pour livrer [sa] vérité », comme l’a soufflé cette dernière dans un message à la presse, lors de l’inauguration.
Connue pour ses clichés mettant en scène la communauté queer à New York dans la deuxième moitié du XXe siècle, Nan Goldin a, ici, intégré une nouvelle série de photos plus récentes prises ces dernières années par des proches à Gaza, pour dénoncer les atrocités du génocide, la complicité des médias et les entraves à la liberté d’expression.
« Le monde a perdu toute compassion », déplore l’Américaine, toujours dans son vocal. Loin du statut de simple observatrice, elle rappelle, à travers ce retour en arrière sur toute son œuvre, son regard empathique sur les histoires qu’elle a immortalisées, ouvrant ainsi notre curiosité à ce (et ceux) qu’on ne connaît pas.
Une visite immersive
Mais ne vous attendez pas à défiler devant des photos accrochées au mur, les unes après les autres. This Will Not End Well se visite comme aucune autre expo. Passionnée de cinéma, la photographe a fait le choix de nous embarquer dans une visite immersive faite de six petites salles de projection, six « pavillons ».
Chacun d’entre eux est différent, que ce soit dans la bande-son, la façon d’y entrer, d’être éclairé, leur architecture, du diaporama qu’ils abritent et l’émotion qu’on est censé en recevoir. Prenez Sirens, le premier sur votre gauche. Collection de vidéos énigmatiques et enivrantes, c’est une plongée dans l’extase de la drogue.
Nan Goldin
« Twisting at my birthday party, NYC », 1980, de Nan Goldin.
Nan Goldin
« Picnic on the Esplanade, Boston », 1973, de Nan Goldin.
En face, vous trouverez Stendhal Syndrome. Présentée lors des Rencontres de la photographie d’Arles en 2025, c’est une exploration originale des œuvres d’art de plusieurs des plus grands musées du monde, que l’artiste raconte en parallèle de photos de ses amis à la façon des Métamorphoses d’Ovide.
Du Grand Palais à la Salpêtrière
À l’autre bout, il faudra vous armer d’un ou deux mouchoirs pour assister à The Other Side, série de portraits lumineux et émouvants de ses copines trans, qu’elle a photographiées depuis 1972. Plus loin : Memory Lost, qui abrite une série sur la crise des opioïdes sur fond de témoignages recueillis par Nan Goldin, est poignant.
Gardez The Ballad of Sexual Dependency pour la fin. Non seulement c’est le plus long des diapos de l’expo (une quarantaine de minutes pour plus de 700 clichés), mais c’est aussi la pièce maîtresse, chronique passionnante des vies sexuelles et amoureuses de sa bande, en pleine épidémie du Sida.
Nan Goldin
Brian and Nan in Kimono, 1983, de Nan Goldin.
Clap de fin ? Pas vraiment. Il reste un dernier pavillon. Mais pour s’y rendre, il vous faudra reprendre le métro, sortir à la station Gare d’Austerlitz, et frapper à la porte de la Chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière. Y est exposé Sisters, Saints, Sibyls, une série documentaire sur le tabou du suicide née de l’histoire tragique de sa sœur, Barbara Goldin.
Le parcours s’arrête là. Et comme nous l’avons fait, il pourra se raconter avec des mots, des souvenirs, des anecdotes. Des images, un peu moins. Il est interdit de prendre des photos ou des vidéos à l’intérieur des pavillons. On vous l’a dit, c’est une visite inhabituelle.
Source : www.huffingtonpost.fr

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