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18 mars 2026Municipales 2026 à Carcassonne : comment la « famille » socialiste a cru au retrait du candidat PS Alix Soler-Alcaraz et rejeté le choix du maintien au second tour
Mardi 17 mars, Alix Soler-Alcaraz, candidat de la gauche unie, arrivé en 3e place le dimanche 15 mars, a décidé de maintenir sa liste pour le second tour et une triangulaire face au RN Christophe Barthès et à François Mourad. Un choix qui a secoué le PS, des hiérarques départementaux et régionaux jusqu’à la direction nationale.
Mardi 17 mars, la fin de journée n’a pas été agitée que dans l’improbable huis clos de la rue Fédou, à Carcassonne. C’est certes bien au siège du PS audois que s’est décidé le retournement de situation qui a conduit Alix Soler-Alcaraz, candidat de la gauche unie arrivé 3e du 1er tour avec 23,27 %, à se maintenir pour le dimanche 22 mars. Une candidature marquée par l’intégration dans sa liste de quatre membres de la liste du sortant, Gérard Larrat, arrivé 4e, qui a annoncé son retrait dès le lundi 16 mars.
Mais c’est bien à l’échelle de l’agglomération carcassonnaise, du département, de l’Occitanie, et jusqu’à Paris, que la hiérarchie socialiste s’est prise de passion pour le chef-lieu de l’Aude. Un intérêt aussi massif que parfois soudain, dans la perspective d’un 2nd tour et d’une triangulaire au terme desquels Carcassonne pourrait être la 2e plus grosse commune et chef-lieu d’un département, après Perpignan en 2020, à basculer à l’extrême droite, en cas de succès de Christophe Barthès. Un député RN qui fera face à Alix Soler-Alcaraz, donc, et François Mourad (2e du 1er tour, 25,36 %), soutenu par Horizons. Un succès qui serait de taille, quand le RN, dans les 103 communes de 20 000 à 49 999 habitants où il était en lice, n’a réalisé qu’une moyenne de 20,8 % le dimanche 15 mars selon des calculs réalisés par La Chaîne Parlementaire.
Mais à Carcassonne, le candidat RN est bien arrivé en tête du 1er tour avec 34,52 %. Et son entrée à l’Hôtel de Rolland ne relève plus de la politique-fiction. Une potentielle issue qui hérisse, ou fait peur, c’est selon. Mais qui est parvenue à susciter une unanime réaction des hiérarques socialistes, convaincus que ce maintien revient à « donner » la mairie au RN. L’unanimité : une vraie gageure dans un PS plus habitué à multiplier les motions comme les pains en congrès ou à se déchirer sur l’opportunité d’une primaire pour la présidentielle.
L’unanimité des vice-présidents de Carcassonne Agglo contre le maintien
Cette unanimité s’est d’abord manifestée à l’échelle de l’Agglo. Mardi, les vice-présidents de l’interco dont 80 des 83 communes ont désigné leur maire dès le 1er tour (sauf Carcassonne, donc, ainsi que Rieux-Minervois et Capendu), sont réunis autour de Régis Banquet. Et les élus sont d’accord : le retrait est la seule issue envisageable, au risque « d’installer Barthès à la mairie pour 20 ans », redoutent certains participants, persuadés que la « coalition républicaine » engagée avec la liste Larrat ne suffira pas. Cette position est répercutée par le président de l’Agglo au candidat qui, s’il a bien déposé une liste en préfecture, envisage alors cette issue. Sauf que l’AG improvisée de la rue Fédou va changer la donne.
Et donner au « cas » carcassonnais une dimension régionale, avec l’entrée dans la danse de Carole Delga, présidente de la Région, et de Kamel Chibli, son 3e vice-président. Deux poids lourds qui, ce mercredi matin, encore, évoquaient le « sujet Carcassonne » en visio, avec Régis Banquet et Eric Menassi, vice-président de l’Agglo et maire de Trèbes. En planchant sur une issue : faute de retrait officiel, impossible après le dépôt de la liste en préfecture, celle d’un appel formel à un « acte républicain » et au vote Mourad-Bardou, traduit par l’absence des bulletins de vote « Carcassonne unie » dimanche dans les bureaux.
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Le 27 février 2026, Carole Delga était venue à Carcassonne signifier son soutien au candidat de cette « gauche unie », hors LFI. Mais alors que le maintien de la candidature d’Alix Soler-Alcaraz est bien une réalité, on se doute qu’un déplacement d’entre-deux-tours n’est pas au programme. Mardi 17 mars, le téléphone soudain très prisé d’Alix Soler-Alcaraz a vu s’afficher le numéro de la présidente de Région, mais aussi de son homologue du Département, Hélène Sandragné. Si son directeur de cabinet, Jean Brunel, prédécesseur d’Alix Soler-Alcaraz au poste de 1er fédéral, a bien eu mardi, en fin d’après-midi, le candidat au téléphone, c’est pour s’entendre confirmer son retrait. Avant d’apprendre la volte-face : « Il y va », lui a-t-on dit.
L’appel du secrétaire général du PS, Pierre Jouvet
Hélène Sandragné, qui connaît bien le candidat, 1er secrétaire fédéral du PS dans l’Aude depuis 2021, mais aussi membre de son cabinet, est informée. Et décroche son téléphone. Sans ordonner quoi que ce soit. Mais en signifiant son désaccord. La présidente du Département ne confirmera pas la teneur des propos : ce mercredi 18 mars, Jean Brunel précisait qu’elle « ne s’exprimera pas sur la situation ». Pas plus que Régis Banquet, injoignable ce mercredi. Ou Carole Delga, dont le service communication a été sollicité, sans retour. Wait and see, donc. Comme à Paris, où Carcassonne est désormais très bien placé sur la carte de France. Car mardi 17 mars, c’est aussi le numéro de Pierre Jouvet, le secrétaire général du PS, qui s’est affiché sur le portable d’Alix Soler-Alcaraz. Les versions divergent entre celle d’un entretien cordial et d’une conversation houleuse, allant jusqu’à évoquer l’issue inévitable si le RN venait à passer : le départ d’Alix Soler-Alcaraz, « fauriste » revendiqué dans une Région Occitanie où Carole Delga soutenait Olivier Mayer-Rossignol au poste de secrétaire national, de son poste de 1er fédéral.
Ce qui est certain, c’est bien que la direction nationale a découvert l’imbroglio audois – le « bordel », selon un proche d’Olivier Faure – le jour du dépôt des listes. Dans l’entourage du secrétaire national du PS, on évoquait le « pari » tenté par le candidat PS : « Il n’a pas intérêt à se tromper, sinon il le paiera cher. » Ce risque d’être le bouc émissaire de l’échec, Alix Soler-Alcaraz en a pleinement conscience. Seul, à l’exception évidemment notable de ses colistiers et des renforts de la liste Larrat, il le sera d’ailleurs sans doute jusqu’à dimanche. En espérant que, le 22 mars, vers 22 h, son téléphone sonnera à nouveau. Cette fois pour le féliciter de son coup de poker.
« Sans grande coalition républicaine, le suffrage universel prime et c’est le 3e qui doit se retirer »
Son « idée première » était « favorable à une coalition républicaine qui aurait rassemblé tout le monde ». Mais ce mercredi 17 mars, Jean-Claude Pérez, l’ancien député-maire de Carcassonne et ex-secrétaire fédéral d’un PS qu’il a quitté en 2016, lance un appel sans ambages à « voter Mourad/Bardou ». Un choix que celui qui avait décroché l’investiture macroniste pour les législatives 2024 explique : « Cette grande coalition n’a pas pu se faire. Dans ce cas, le suffrage universel prime et c’est le 3e qui doit se retirer. » Un avis appuyé sur les caractéristiques « sociologiques » de Carcassonne : « C’est une ville centriste, ce sont les modérés qui font l’élection. Et ce que je ne veux surtout pas, c’est que l’extrême droite s’impose. On sent une recomposition du paysage politique, avec une méfiance énorme vis-à-vis des élus installés. Dans cette campagne, il y a eu une ambiance nauséabonde comme il n’y en avait jamais eu. Il faudra du temps pour retrouver un climat apaisé, et cela ne se fera pas avec l’extrême droite. » Un appel lancé en soulevant un paradoxe de plus dans ces municipales carcassonnaises de toutes les surprises : « L’ancien député-maire de droite Larrat soutient la gauche, et l’ancien député-maire de gauche Perez soutient la droite. »
Source : www.lindependant.fr

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