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MIGUEL J. RODRIGUEZ CARRILLO / AFP
Un vieux débat scientifique ressurgit, désormais porté jusque dans l’arène politique américaine par le patron de la NASA dans une interview au « Daily Mail ».
Vingt ans après avoir été rétrogradée au rang de planète naine, Pluton refait parler d’elle aux États-Unis. Non pas à la faveur d’une découverte scientifique, mais dans un contexte plutôt inattendu puisque le débat est relancé jusque dans les sphères politiques.
À l’origine, une prise de position du patron de la NASA, Jared Isaacman. Dans un entretien au Daily Mail intitulé « Rendons à Pluton sa grandeur », il a affirmé soutenir l’idée que Donald Trump puisse agir pour redonner à Pluton son statut de planète. « Je soutiens à 100 % le président Trump » dans ce projet, a-t-il déclaré.
Une position qu’il justifie aussi par une forme de reconnaissance historique : selon lui, il s’agit de « restaurer à sa juste place » la découverte de Pluton, qui remonte à 1930 et que l’on doit à l’astronome américain Clyde Tombaugh.
Derrière cette prise de position se mêlent plusieurs logiques : une contestation scientifique jamais totalement refermée, une forme de fierté nationale autour d’une découverte américaine, et, plus récemment, une récupération politique du sujet.
La séquence a de quoi surprendre. Car la question du statut de Pluton semblait, en théorie, tranchée depuis 2006. Cette année-là, l’Union astronomique internationale avait redéfini les critères permettant de qualifier un astre de planète. Pour être classé comme tel, un corps céleste doit notamment avoir « nettoyé » son orbite, c’est-à-dire exercer une domination gravitationnelle sur son environnement.
Pluton ne remplissant pas cette condition, elle avait alors été reclassée en planète naine.
Mais cette définition est loin de faire consensus, y compris parmi certains chercheurs qui contestent les critères retenus en 2006. Certains scientifiques estiment qu’elle est trop restrictive et ne tient pas compte d’autres critères, comme la géologie ou la présence d’une atmosphère : des éléments qui rapprochent pourtant Pluton des autres planètes.
Musk, Shatner, la NASA comme comité de soutien
Depuis, la question reste discutée, y compris au sein de la communauté scientifique.
Certains chercheurs défendent une définition plus large, qui prendrait davantage en compte les caractéristiques géologiques ou atmosphériques des astres, ce qui permettrait à Pluton de retrouver son statut initial. Autrement dit, au-delà du symbole, c’est aussi la définition même d’une planète qui est en jeu.
Mais ces discussions, longtemps confinées au champ scientifique, prennent aujourd’hui une tournure plus politique.
Plusieurs personnalités publiques ont récemment pris position en faveur d’un retour en grâce de Pluton. L’acteur William Shatner a par exemple critiqué la décision des astronomes, appelant à y mettre fin. Elon Musk s’est lui aussi dit favorable à cette idée. Chez certains soutiens de Donald Trump, l’idée prend même une dimension plus politique, presque identitaire, dans la lignée de slogans comme « Make America Great Again ». Un sujet scientifique devenu, peu à peu, un objet de communication politique.
Reste que, dans les faits, la classification des planètes ne relève pas d’une décision politique.
Elle dépend de l’Union astronomique internationale, dont les résolutions s’imposent à la communauté scientifique. Une éventuelle intervention de Donald Trump, même sous la forme d’un décret, n’aurait donc pas d’effet sur cette définition.
Vingt ans après son déclassement, Pluton continue de susciter attachement et controverses, au point de s’imposer aujourd’hui jusque dans le débat public américain.
Source : www.huffingtonpost.fr

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