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La candidate LR, le représentant du Parti socialiste et la députée insoumise débattent ce mercredi soir sur BFMV à partir de 21 heures avec l’espoir de parvenir à devenir le ou la nouvelle maire de Paris. Chacun d’entre eux joue son avenir politique et devrait lâcher ses dernières forces dans la bataille.
Un débat pour trancher le futur de Paris. BFMTV reçoit ce mercredi 18 mars les trois candidats du second tour des municipales à Paris. Autour de la table, Emmanuel Grégoire, Sophia Chikirou et Rachida Dati qui mettent sur la table leur destin. Le candidat socialiste, la représentante de la droite et la députée insoumise vont chacun devoir jouer leur partition pour convaincre les électeurs.
• Emmanuel Grégoire veut mobiliser la gauche
Emmanuel Grégoire est arrivé très largement en tête au premier tour dimanche 15 mars avec 37,98% des voix. L’ancien maire adjoint d’Anne Hidalgo, désormais en froid avec l’édile sortante, a misé sur la continuité pour convaincre les électeurs, avec donc un certain succès.
Mais sa victoire est loin d’être assurée. Pour pouvoir gagner dimanche prochain, le député socialiste doit d’abord parvenir à élargir son socle électoral. Pour y parvenir, Emmanuel Grégoire pourrait tendre la main aux 11,34% de Parisiens qui ont voté Pierre-Yves Bournazel, le désormais ex-candidat Horizons-Renaissance, qui s’est retiré lundi de la course en faisant fusionner sa liste avec celle de Rachida Dati.
Le candidat PS doit surtout convaincre les électeurs de l’insoumise Sophia Chikirou (11,42% au premier tour). Si cette proche de Jean-Luc Mélenchon a évoqué publiquement dès dimanche soir un rapprochement entre leurs deux listes, lui demandant de « l’appeler », Emmanuel Grégoire a fermé la porte à cette option.
Une conséquence de la campagne de Sophia Chikirou, qui avait exhorté à « battre Emmanuel Grégoire ». Sans compter les relations polaires entre l’état-major du PS parisien et les troupes de Jean-Luc Mélenchon.
Résultat: la députée LFI a décidé de maintenir sa candidature, ce qui pourrait faire perdre de précieux électeurs au PS.
Emmanuel Grégoire fait ainsi perdre un élément d’attaque à Rachida Dati, qui n’a eu de cesse d’évoquer « des insoumis » sur sa liste, disant à plusieurs reprises que « voter pour Grégoire, c’était voter pour Jean-Luc Mélenchon ». En réalité, seule la députée Danielle Simonnet, qui siège désormais avec les écologistes, après avoir été longtemps proche du fondateur de LFI, est présente sur la liste du candidat.
Autre angle d’attaque probable lors du débat sur BFM ce mercredi soir: les révélations sur les dysfonctionnements du temps périscolaire parisien, marqués par de nombreux cas de violences contre des enfants lorsqu’Emmanuel Grégoire était premier adjoint de la ville de Paris.
Ce « n’était pas du tout dans mon portefeuille, j’étais en charge des ressources humaines. Quand je suis devenu premier adjoint, j’étais en charge des finances et de l’urbanisme », s’était justifié le candidat en février dernier sur notre antenne, tout en reconnaissant qu’il « aurait dû plus s’occuper de ce sujet ».
• Pour Rachida Dati, rallier les électeurs de Sarah Knafo sans faire fuir les soutiens de Pierre-Yves Bournazel
La candidate des LR est arrivée largement derrière Emmanuel Grégoire au premier tour. Elle a récolté 25,46% des voix, soit trois points de plus que lors des municipales de 2020, pour lesquelles elle avait largement été battue au second tour par Anne Hidalgo.
Mais Rachida Dati reste combative et compte bien se battre jusqu’au bout. Pour l’emporter, l’ancienne ministre de la Culture compte d’abord sur les électeurs de Pierre-Yves Bournazel. Mais son ralliement a eu un goût amer pour elle: le désormais ex-candidat Horizons-Renaissance n’a pas souhaité devenir son colistier, comme elle le lui proposait pourtant. Celui-ci a jugé qu’il avait « le devoir de rendre l’alternance possible » mais que « son devoir s’arrêtait là ».
Il faut dire que les relations entre ces deux figures ont été difficiles ces derniers mois. Dans son livre, Pierre-Yves Bournazel l’avait accusé d’être « en état d’ivresse narcissique », tandis que Rachida Dati regrettait sur RMC en janvier qu’il incarne « physiquement la droite la plus bête du monde ».
L’absence de l’ancien candidat sur la liste de Rachida Dati « est, je crois pour elle, l’ultime désaveu », a jugé de son côté le candidat PS à Paris Emmanuel Grégoire ce lundi sur France inter.
Pour parvenir à l’emporter, celle qui a été largement réélue maire du 7e arrondissement dimanche dernier doit aussi convaincre les électeurs de Sarah Knafo. La candidate Reconquête qui promettait de faire de Paris « une ville heureuse » a obtenu 10,4% des voix dimanche soir. Si elle aurait pu choisir de se maintenir au second tour, Sarah Knafo s’est finalement retirée.
Une bonne nouvelle pour Rachida Dati, qui dispose donc sur le papier d’un réservoir de voix important en vue du second tour. Reste cependant que la manœuvre n’est pas évidente: la candidate LR doit à la fois attirer les sympathisants de Reconquête, très à droite, sans faire fuir donc les électeurs centristes de Pierre-Yves Bournazel.
Dernier défi pour elle ce soir: répondre à ses adversaires qui pourraient bien tenter de l’emmener sur le terrain judiciaire. Rachida Dati sera jugée du 16 au 28 septembre prochain aux côtés de l’ex-patron de Renault-Nissan Carlos Ghosn pour « corruption » et « trafic d’influence« . Elle encourt notamment une peine d’inéligibilité avec application immédiate. La maire du 7e arrondissement a répété à plusieurs reprises être « très sereine » affirmant qu’elle ne serait « pas empêchée ».
• Pour Sophia Chikirou, parvenir à convaincre de nouveaux électeurs
La candidate LFI a récolté 11,72% des voix au premier tour. Si son score est loin de celui de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle en 2022 qui avait récolté 30% des voix dans la capitale, il est plus du double de celui de la représentante des insoumis aux municipales de 2020, Danielle Simonnet.
Arrivée quatrième dimanche soir, Sophia Chikirou n’a guère de chances de l’emporter. Mais connue pour sa pugnacité, la députée insoumise devrait lâcher ses dernières forces dans la bataille, en espérant conserver au moins les électeurs qui ont voté pour elle le 15 mars.
Pour y parvenir, elle devrait continuer à se poser comme « la seule opposante à Rachida Dati », comme elle l’a fait ces dernières semaines, visant ainsi Emmanuel Grégoire, nonobstant au passage sa tentative de faire fusionner sa liste avec celle du candidat socialiste.
« Je veux bien qu’on me dise ‘Dati c’est le diable’. Mais elle était membre du gouvernement de Sébastien Lecornu, or qui a voté son budget? Monsieur Grégoire! Donc quelle leçon d’opposition à Dati vient-il me donner? », a ainsi demandé Sophia Chikirou mardi soir lors d’un meeting.
Le candidat socialiste qui a besoin des voix des électeurs insoumis lui répondra-t-il vertement? Il a reconnu de son côté lundi sur France inter « d’immenses convergences de fond » avec le programme de LFI à Paris, mais qui « n’effacent pas la brutalisation opérée par Rachida Dati tout au long de la campagne ».
Source : www.bfmtv.com

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