
passe d’armes entre Rachida Dati, Emmanuel Grégoire et Sophia Chikirou sur les violences dans le périscolaire à Paris
18 mars 2026Reuters.com
18 mars 2026
Publié
Mis à jour
Temps de lecture : 4min – vidéo : 5min
Si aujourd’hui les leaders de la fabrication de puces électroniques sont les États-Unis, Taïwan, ou encore la Corée du Sud, la France a été l’un des précurseurs dans ce domaine. Retour sur notre rôle aux prémices de cette révolution technologique.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Carte de paiement, carte SIM de nos téléphones, carte de transport… Près de 20 milliards de cartes à puce circulent dans le monde. Un succès planétaire pour une invention française. En effet, notre pays a été un champion technologique avant de se laisser distancer. Pour comprendre, il faut remonter aux années 60. Pour garder notre indépendance vis-à-vis des Américains, le général de Gaulle lance alors le plan Calcul. Et c’est Michel Debré, ministre des Finances d’alors, qui explique son importance stratégique : « Aucune nation industrielle ne peut se développer dans les années à venir sans informatique, c’est-à-dire sans ordinateur, et il est bon en ce domaine qu’un pays comme la France recherche son indépendance. »
À cette époque, on ne parle pas encore de puces. La France conçoit des ordinateurs novateurs. Ce sont d’énormes machines qui occupent des salles entières. Constituées de transistors soudés à la main, de bandes magnétiques, de cartes perforées, le tout relié par des kilomètres de câbles. Avec des entreprises comme Bull ou la C2I, la France est dans la course avec les Américains.
Mais au tout début des années 70, une révolution survient en Californie. À Palo Alto, dans les laboratoires Intel, des chercheurs inventent le premier microprocesseur de l’histoire. Le cerveau de l’ordinateur qui occupait auparavant une pièce entière tient désormais sur un seul petit carré de silicium de la taille d’un ongle. Cette miniaturisation permet de concevoir des ordinateurs beaucoup plus petits avec unités centrales, écrans et claviers. Les Américains comme IBM et Apple s’engouffrent et lancent leur premier modèle. Les Français, eux, n’y croient pas. Ils imaginent d’autres usages pour les puces informatiques.
« Cette carte, cette carte intelligente, elle ressemble à n’importe quelle autre carte de crédit. Mais à l’intérieur, elle renferme des circuits intégrés, comme un ordinateur. Vous l’aurez demain dans votre poche, elle pourra vous servir de monnaie électronique ou bien encore de fichier médical. Et derrière cette innovation, il y a un homme, Roland Moreno », annonce-t-on en 1982. « J’ai trouvé assez vite, un peu par accident, cette idée de mettre une mémoire d’ordinateur en circuit intégré dans une bague. J’ai eu la chance de rencontrer le lendemain du jour où j’ai eu cette idée un banquier qui a manifesté une extrême excitation sur cette idée », racontait Roland Moreno.
Il invente ainsi la carte à puce dans son atelier en 1974. Cet ingénieur autodidacte ne cherche pas la puissance de calcul mais la sécurité des transactions. Il a l’idée d’installer un processeur sur une carte en plastique. Le concept mûrit pendant 10 ans et finit par convaincre les Français pour payer chez les commerçants ou passer un appel dans les cabines téléphoniques. « À Blois, une centaine de magasins ont été équipés de ce nouveau système de paiement et 10 000 cartes à mémoire ont été distribuées aux particuliers », précisait-on au journal télévisé de 1984.
Née en France, la carte à puce va bientôt conquérir le monde. Le problème, c’est que pendant ce temps, nous perdons la véritable bataille, celle des microprocesseurs, les puces beaucoup plus complexes qui font tourner les ordinateurs. Les investissements sont trop lourds. Dans les années 90, notre pays ne peut pas suivre la fulgurante course à la puissance de calcul. Les États-Unis, Taïwan et aujourd’hui la Corée du Sud dominent le secteur. Mais si la France ne conçoit plus le cerveau des ordinateurs, elle excelle toujours dans les domaines spécialisés, qui gèrent les batteries de nos voitures électriques, les capteurs et les cartes SIM de nos smartphones, les microprocesseurs très résistants de l’aéronautique, de la défense et du spatial. En somme, sans les puces Made in France, le monde tournerait un peu moins bien.
Source : www.franceinfo.fr

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