
Placebo fête ses 30 ans avec un nouvel album et une tournée qui passera en France
18 mars 2026
les tiraillements de Bruno Retailleau mettent son camp sous pression
18 mars 2026Syrie : dans le nouveau camp d’Al-Hol, auprès des dernières familles accusées d’être liées au groupe État islamique
En Syrie, Al-Hol, plus grand camp de familles accusées d’être liées à l’Etat islamique, a été démantelé le mois dernier par les autorités de Damas. Une majorité des 24 000 résidents jusqu’ici retenus se sont enfuis au moment du retrait des forces kurdes de la région. Un nouveau camp sécurisé a depuis été ouvert pour transférer les dernières familles soupçonnées d’être liées à l’organisation terroriste.
Reportage sur place de notre correspondante en Syrie, Manon Chapelain.
On arrive à l’extérieur du camp. Un camp encerclé de grandes grilles et de barbelés. C’est ici qu’ont été transférées les dernières familles accusées d’être liées à l’Etat islamique, jusqu’ici retenues à Al-Hol.
La femme du couple envoie un message vocal: « Tu es où Eba ? Eba, répond nous ? On est près de la grille, à l’entrée. »
Avec nous, à l’extérieur, il y a un couple d’une soixantaine d’années. Ils ne sont pas autorisés à rentrer. Ils essaient de joindre leur belle-fille. Ils ne l’ont pas vu depuis dix ans, et n’ont jamais pu rencontrer leurs petits-enfants.
L’homme du couple : « Cette fois-ci, on souhaite les emmener avec nous à la maison. Mon fils… Cela fait dix ans qu’on a pas eu de nouvelles. Il avait 18 ans lorsqu’il a rejoint l’État islamique. Ce n’était pas un combattant. C’était un simple ouvrier dans le bâtiment. »
Voilà Eba… Elle vient d’arriver avec ses deux filles…
Des gardes les séparent…
La femme du couple : « S’il vous plait, rendez-les nous ! Ils n’ont rien fait ! Nous sommes tellement seuls, mon mari et moi ! »
Le garde : « Je suis désolé. Nous ne pouvons rien faire. Les familles doivent rester à l’intérieur. On exécute les ordres. »
« On espère ne pas être enfermés à nouveau”
On entre à l’intérieur du camp. Il y a devant nous plusieurs rangées de préfabriqués. C’est un camp à taille humaine… Rien à voir avec le camp d’Al-Hol, qui accueillait près de 24 000 personnes. Ici, ils ne sont plus que 3 300. La plupart se sont échappés fin janvier, au moment où Al-Hol a été repris par les forces gouvernementales.
Fatme est ici avec sa fille. Elle a été témoin de toutes ces fuites.
Fatme : « Lorsque les forces kurdes se sont retirées, elles ont laissé leurs munitions avec les portes du camp ouvertes. Très vite, les plus courageux ont pris la fuite. Nous, nous sommes restés. Nous avons entendu que les autorités allaient arrêter tous ceux qui s’échappaient… J’ai préféré rester dans un cadre légal pour pouvoir sortir plus tard. »
Et là, qu’est-ce que vous ont annoncé les autorités ? Ils vous ont dit que vous veniez ici pour y rester, ou que vous alliez bientôt pouvoir sortir ?
Fatme : « Ils nous ont dit que c’était temporaire… mais on ne sait pas vraiment si c’est vrai. On espère qu’ils ne nous ont pas sortis d’un camp pour nous enfermer dans un autre. »
Fatme nous fait visiter son préfabriqué . Deux petites pièces, avec, à l’intérieur, un lit et un lavabo.
Fatme : « Dieu merci. La tente, c’est terminé. Dès qu’il y avait une tempête, tout s’envolait autour de nous. L’hiver, nous étions inondés par la pluie. L’été, nous mourrions de chaud. »
Rana, la voisine de Fatme, nous explique que ce qu’il y avait de plus difficile à Al-Hol, c’était les cellules de Daesh, qui semaient la terreur dans le camp.
Rana : « Une fois, je me suis réveillée avec mon fils. Il criait ‘une tête a été coupée !’. La tête d’un homme gisait par terre, près de notre tente. Son corps se trouvait beaucoup plus loin, dans un autre secteur. On avait tellement peur. Peur de se faire tuer comme cet homme, sans avoir rien fait. »
Un avenir incertain pour les réfugiés du camp
Autour de nous, dans ce nouveau camp, il y a surtout des personnes âgées, des mères avec leurs jeunes enfants, des personnes blessées. Ceux qui sont restés sont les plus pauvres, ceux qui n’avaient aucun endroit où aller et qui ne font partie d’aucun réseau terroriste. Comme cette femme, seule, avec sa fille de 3 ans.
Une femme : « Ceux qui sont sortis avaient des proches qui les attendaient à proximité. Si nous avions quelqu’un pour nous récupérer, il est certain que l’on se serait enfui. Mais nous n’avons nulle part où aller. »
Près d’un mois après son ouverture, un doute subsiste sur l’avenir de ce nouveau camp. Certaines ONG affirment que les familles pourront un jour sortir si elles ont un garant.
Source : www.radiofrance.fr

9999999
