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18 mars 2026Transmission d’entreprises : un nouvel outil pour faciliter la rencontre entre cédants et repreneurs
Des entreprises qui fonctionnent mais ferment faute de repreneur : c’est le constat dressé par le Perpignanais Tayeb Belghazi, courtier et dirigeant du réseau national Immofinances. Il analyse ce phénomène et lance un site pour rapprocher les cédants et les porteurs de projet.
Un commerce qui ferme dans une rue de centre-ville. Un restaurant qui baisse définitivement le rideau. Un artisan qui part à la retraite sans successeur. Derrière ces situations, il y a une réalité économique souvent méconnue : de nombreuses entreprises disparaissent faute de repreneur, alors même qu’elles restent viables. « Selon les chiffres de la CCI, sur 100 entreprises mises en vente, seulement 25 à 30 % trouvent quelqu’un pour les reprendre, explique Tayeb Belghazi, courtier et dirigeant du réseau national Immofinances. Cela veut dire que près de 70 % disparaissent, alors qu’elles pourraient continuer à tourner. »
Et le phénomène pourrait s’amplifier dans les prochaines années. « Aujourd’hui, près de 700 000 chefs d’entreprise ont plus de 55 ans. Beaucoup vont partir à la retraite dans les dix ans qui viennent. » Derrière ces départs se pose toujours la même question : qui reprend ? « Le problème, c’est souvent la rencontre entre les deux. Les dirigeants ne savent pas comment trouver un repreneur. Les repreneurs ne savent pas où chercher. » Ce constat, Tayeb Belghazi l’a fait il y a plus de dix ans, lors d’une discussion avec un expert-comptable. « Il me disait : j’ai des clients qui arrêtent leur activité simplement parce qu’il n’y a personne pour reprendre. Ça m’a marqué. »
De cette réflexion est née l’idée d’un outil numérique destiné à faciliter cette rencontre. Tayeb Belghazi vient ainsi de lancer une plateforme baptisée Entreprises à vendre, qui vise à rapprocher les dirigeants souhaitant céder leur activité et les porteurs de projets. « Comme un site de rencontres, l’idée est de faire correspondre les profils, résume-t-il. Le repreneur indique ce qu’il cherche, une région, une activité, un budget, et le système lui propose les entreprises susceptibles de correspondre. » Le site vient tout juste d’être mis en ligne. « Nous sommes au début de l’aventure. L’objectif est d’atteindre une centaine d’annonces d’ici trois mois pour créer une dynamique. »
Faire « matcher » les profils
Le fonctionnement se veut simple. Les dirigeants peuvent déposer gratuitement une annonce pour céder leur entreprise. Les repreneurs, eux, paient pour accéder aux informations détaillées et entrer en contact. « Les vendeurs ne paient rien, c’était important pour nous. Cela permet d’éviter un frein au moment de publier une annonce. »
Il insiste : « La plateforme ne remplace pas les professionnels de la transaction, insiste l’entrepreneur. Nous ne sommes pas une agence immobilière. Nous mettons simplement les gens en relation. Les agents immobiliers spécialisés ont déjà des entreprises à vendre. L’idée est de leur donner plus de visibilité. » Une fois la rencontre faite, reste souvent la question du financement. « Dans la plupart des cas, reprendre une entreprise nécessite un crédit. Là, on peut accompagner les repreneurs pour monter leur dossier. »
Dans les territoires comme les Pyrénées-Orientales, où l’économie repose largement sur de petites structures, la question de la transmission est particulièrement sensible. « Ici, le tissu économique est composé surtout de petites entreprises, parfois avec un ou deux salariés. » Commerces de proximité, restaurants, entreprises artisanales… ce sont souvent ces structures qui peinent à trouver un successeur. « Vous pouvez avoir une entreprise qui fonctionne depuis vingt ans, avec sa clientèle, son chiffre d’affaires… et pourtant personne pour la reprendre. »
Pour Tayeb Belghazi, la reprise d’entreprise reste pourtant une opportunité. « Reprendre une activité existante, c’est repartir avec une clientèle, un chiffre d’affaires et parfois une équipe en place. C’est souvent plus sûr que de créer de zéro. »
Encore faut-il s’y prendre à temps. « Beaucoup de dirigeants commencent à chercher un repreneur au moment même où ils veulent partir. Et là, c’est souvent trop tard. » Car derrière ces transmissions se joue aussi l’avenir du tissu économique local. « Quand une entreprise disparaît, ce n’est pas seulement un commerce qui ferme, conclut-il. C’est aussi un savoir-faire qui disparaît. »
Source : www.lindependant.fr

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