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Israël Katz, ministre de la Défense israélien, a annoncé ce mardi 17 mars 2026 l’élimination d’Ali Larijani, figure montante du régime iranien, lors de frappes menées en Iran. Une stratégie menée par les États-Unis et Israël visant à désorganiser le régime, mais qui pourrait aussi fragiliser toute perspective de négociation.
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a annoncé ce mardi 17 mars 2026 l’ »élimination » d’Ali Larijani, l’un des principaux dirigeants iraniens, ainsi que du général Gholamréza Soleimani, commandant de la milice du Bassidj, lors de frappes menées dans la nuit par l’armée israélienne en Iran.
Longtemps resté dans l’ombre du pouvoir, Ali Larijani, 68 ans, s’était imposé ces dernières semaines comme une figure centrale du régime, notamment après la mort du guide suprême Ali Khamenei. Considéré par certains responsables israéliens comme le dirigeant de facto de la République islamique, il avait retrouvé une place stratégique au centre des questions de sécurité, de diplomatie et du programme nucléaire iranien.
L’objectif des États-Unis et d’Israël: désorganiser le régime iranien en frappant sa chaîne de commandement. Mais cette tactique interroge: en éliminant des profils politiques capables de dialoguer, elle réduit les possibilités de négociation. Pour en parler, le podcast du Titre à la une reçoit Sébastien Regnault, sociologue, chercheur au CNRS et auteur de La modernité iranienne: culture, société, organisation, pouvoir, coopération.
La stratégie de Donald Trump est de donner les clés au peuple pour une révolution. L’élimination des hauts responsables iraniens peut-elle être un déclic pour une révolution en Iran?
Elle affaiblit le régime, mais pour l’instant, les têtes qui tombent sont renouvelées en permanence. On peut douter de la pertinence à long terme de cette stratégie. Le pari de Benjamin Netanyahu, plus encore que celui de Donald Trump, était de faire tomber le régime. Il a constaté que l’élimination des hauts cadres de l’intelligentsia iranienne entraînait un renouvellement du régime, voire sa radicalisation. En provoquant cette guerre, il a radicalisé l’ensemble des forces de sécurité et militaires pour conduire l’Iran à résister. Les membres du système défendent la République islamique, mais ils défendent aussi l’Iran comme nation et patrie.
Que change cette radicalisation du régime dans l’évolution du conflit? Ces profils, tel que celui d’Ali Larijani, aptes à négocier disparaissent-ils du nouveau régime?
La stratégie de Netanyahu est d’empêcher toute relation diplomatique avec l’Iran, et pas seulement de lui faire la guerre. Il veut supprimer toute possibilité de renouer des liens politiques.
C’est la stratégie que Benjamin Netanyahu mène à Gaza et au Liban: éliminer ses adversaires pour empêcher tout dialogue. Pourtant, les problèmes politiques sous-jacents ne pourront pas se régler uniquement par la force militaire. Cette stratégie est une impasse. Ali Larijani était un conservateur extrêmement pragmatique, doté de réseaux internationaux. Il avait été chef du parlement, ministre des Affaires étrangères et chef de la télévision. C’était un interlocuteur avec lequel il était possible de discuter, et la France l’a fait.
En éliminant les interlocuteurs valables pour un processus diplomatique, on se confronte à des profils beaucoup plus durs et idéologues. Ali Larijani avait manœuvré à l’intérieur de son système pour que la République islamique adopte l’accord sur le nucléaire signé au début des années 2010.
Quel est l’horizon de ce conflit? Poursuivre une élimination à l’infini d’un régime qui compte des milliers de hauts cadres?
Donald Trump affirme que l’Iran ne veut pas négocier pour justifier sa guerre. Les négociations sur le nucléaire étaient enclenchées avant la guerre et il y avait de bonnes bases pour croire à leur aboutissement. Les Iraniens acceptaient de sortir leur stock d’uranium enrichi du pays pendant quelques années et de limiter les taux d’enrichissement. Ils avaient proposé des gages. Mais la stratégie de Benjamin Netanyahu exclut toute négociation.
Et Donald Trump suit la stratégie de Benjamin Netanyahu?
Donald Trump s’est laissé entraîner. L’opinion publique américaine commence à réaliser que Netanyahu lui a tordu le bras. Il n’y a pas vraiment d’issue, excepté le problème du détroit d’Ormuz. Près de 20% des sources énergétiques de l’économie mondiale y transitent. Une fermeture prolongée ferait monter le prix du baril à 150 ou 200 dollars. Il faudra alors négocier une trêve, car sinon, toute l’économie mondiale en pâtira.
Comment se fait-il que le régime iranien, malgré ses ressources militaires inférieures à celles des États-Unis et d’Israël, parvienne à bloquer ce détroit au point de potentiellement forcer un changement de stratégie adverse?
Lorsqu’un adversaire contrôle un détroit, il est techniquement et militairement extrêmement difficile de lui reprendre. C’est le talon d’Achille de cette guerre. Trump a fait preuve d’aventurisme, car il était prévisible que les Iraniens s’en prendraient à cette ressource énergétique. Ils se préparent à cette guerre depuis 25 ans. Les Iraniens sont de fins stratèges, c’est les inventeurs du jeu d’échecs. Le système compte des savants et des ingénieurs de haut niveau. l’Iran forme plus d’ingénieurs que la France et l’Allemagne réunies. Les Iraniens avaient prévenu: en cas de guerre, ils utiliseraient tous leurs moyens géostratégiques pour faire augmenter le coût politique et économique du conflit pour les Occidentaux.
Est-ce que l’horizon des États-Unis pour sortir vainqueur est d’envoyer des troupes au sol?
Ce n’est pas très crédible, car cela changerait la nature de la guerre. Donald Trump ne veut pas s’embourber dans un conflit sans fin. Une telle opération logistique est extrêmement contraignante. Trump a espéré une guerre rapide, mais elle s’éternise. Les Américains prévoyaient environ sept semaines, mais les Iraniens ont le temps pour eux. Ils veulent faire payer très cher la facture de cette guerre aux États-Unis.
Qu’est-ce qui mettra un point final à ce conflit?
Donald Trump voudra décider de la fin de la guerre à un moment donné, mais je suis persuadé que Benjamin Netanyahu voudra continuer. Surtout, les Iraniens ne libéreront pas le détroit d’Ormuz sans obtenir une compensation financière pour la guerre menée contre eux.
Les Israéliens ont-ils les moyens de poursuivre sans l’aide des Américains?
Ils finiront par arrêter. Mais pour les Iraniens, l’enjeu est que cette guerre ne s’arrête pas pour recommencer six mois plus tard, comme après la guerre de juin 2025 (la guerre des Douze Jours, NDLR). Ils maintiendront une position extrêmement ferme pour que la fin de cette guerre soit définitive.
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Source : www.bfmtv.com

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