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19 mars 2026Comme en 2020, Le Pen fait pour Paris une entorse à sa stratégie historique ni gauche ni droite
JULIEN DE ROSA / AFP
Comme en 2020, Le Pen fait pour Paris une entorse à sa stratégie ni gauche ni droite
Paris vaut bien une largesse. Marine Le Pen a apporté son soutien, sans le dire, à Rachida Dati dans la course à l’élection municipale ce jeudi 19 mars, trois jours avant le second tour. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, elle appelle précisément ses électeurs à « faire barrage » à son rival socialiste Emmanuel Grégoire.
« La responsabilité de la gauche dans le système qui a permis des agressions contre tant d’enfants (dans le périscolaire) pendant tant d’années à Paris est intolérable », écrit la cheffe de file du Rassemblement national, invitant ainsi « tous les honnêtes gens à faire barrage à de tels irresponsables. » Comprendre : à voter pour la prétendante de droite dans la capitale.
Avec ces mots, Marine Le Pen fait une rare entorse à sa stratégie historique. Depuis qu’elle a pris la tête du parti d’extrême droite, la députée de Pas-de-Calais s’inscrit invariablement (ou presque) dans la ligne que son paternel Jean-Marie Le Pen avait fini par afficher dans les années 1990, renvoyant dos à dos ses adversaires. Le fameux « ni gauche, ni droite. »
Pour les scrutins les plus récents, les législatives 2022 ou 2024, elle avait encore appelé ses électeurs à « ne pas choisir » entre les différents camps lorsque ses troupes étaient absentes du second tour. Sans parler de désistements pour barrer la route de quiconque, toujours qualifiés de « magouilles » au sein du parti à la flamme – tendance Marine Le Pen. Alors, s’agit-il d’un tournant ?
Quelle ligne au RN ?
Sans doute pas pour l’instant. Si la candidate déclarée pour 2027 prend soin de préciser que son appel au barrage ce printemps à Paris se fonde sur « le seul motif » de l’affaire du périscolaire – des accusations de violences sexuelles récurrentes qui entachent le bilan de l’équipe sortante -, il est intéressant de noter qu’elle a fait le même écart en 2020. Elle expliquait déjà clairement sa « large » préférence pour Rachida Dati face à Anne Hidalgo, sans toutefois donner de consignes de vote.
Rebelote donc six ans plus tard, mais dans un contexte différent. Plus que jamais, la ligne semble mouvante au Rassemblement national, contraint d’avancer vers la présidentielle avec deux candidats potentiels, jusqu’à ce que Marine Le Pen soit fixée sur son sort judiciaire, en juillet. Or, contrairement à sa mentor, Jordan Bardella se revendique clairement à tribord, depuis le début de son engagement.
Quand elle brocarde les « trucs de droite » inefficaces à ses yeux pendant le budget, lui prend soin de choyer les patrons et d’affirmer sa ligne pro-business. Quand elle tient à distance ses potentiels partenaires au-delà de l’extrême droite, lui n’hésite pas à les draguer et à multiplier les mains tendues.
Ainsi, pour ces municipales, Jordan Bardella a dégainé son soutien à Rachida Dati quelques jours avant Marine Le Pen, et ce, sans évoquer le scandale du périscolaire mais en insistant sur la nécessité à ses yeux de barrer la route de la gauche. Avec le président du RN, l’entorse promet de durer. Gare à la fracture.
Source : www.huffingtonpost.fr

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