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C’est la révolution néolithique, le moment où les humains se sont mis à domestiquer les plantes et les animaux, les chasseurs cueilleurs deviennent ainsi des agriculteurs et des éleveurs.
Pourquoi l’agriculture ne se diffuse pas partout de la même façon
C’est un bouleversement profond ! Les populations se sédentarisent, les premières villes naissent. Avec elles, la production alimentaire gagne en stabilité – même si elle dépend des conditions climatiques – mais cela entraîne une explosion démographique, qui charrie à son tour de nouveaux risques sanitaires et transforme durablement l’environnement. Ce mode de vie se diffuse ensuite à travers le monde, à partir d’environ 12 000 ans avant aujourd’hui. Mais cette transition ne suit pas partout le même rythme.
Comme l’explique Pierre Luisi, chercheur dans l’institut d’Anthropologie de cordoba en Argentine, en Europe, la diffusion de l’agriculture a été particulièrement rapide grâce à une géographie et un climat plus favorable. Elle s’est fait d’est-ouest, où les conditions climatiques restent relativement similaires d’une région à l’autre. Les plantes domestiquées peuvent ainsi s’adapter plus facilement aux nouveaux territoires, ce qui facilite leur propagation.
« Alors qu’en Amérique du Sud, l’expansion de l’agriculture s’est faite sur un axe nord-sud, avec des grands changements de climat, d’altitude, etc., donc avec plus de difficultés de transmission des techniques d’agriculture vers de nouveaux territoires. Donc ça, c’est la grosse différence ! En Europe, l’expansion s’est faite très rapidement, alors qu’à l’Amérique du Sud, à partir des grands centres de domestication qui sont les Andes et l’Amazonie, ça a été beaucoup plus lent et difficile. »
On voit déjà des différences entre nos deux régions du monde sur la rapidité de la progression. Mais il reste à comprendre comment cette transition s’est opérée. Est-ce que les nouveaux agriculteurs ont migré, en remplaçant les anciens chasseurs-cueilleurs, et ont ainsi répandu l’agriculture ailleurs, c’est ce qui s’est passé en Europe à partir du Croissant Fertile. Ou bien est-ce que les chasseurs-cueilleurs locaux ont appris de leur voisin et changé leur mode de vie ? En clair, est-ce que l’agriculture se diffuse toujours par les humains, ou aussi par le savoir ? C’est ce qu’a voulu étudier cette nouvelle étude parue hier soir dans Nature sur une région particulière d’Argentine : la vallée d’Uspallata.
Quand les savoirs voyagent plus que les humains
Cette région de Mendoza se situe loin du centre de domestication, loin de là où l’agriculture a été inventée dans le coin. C’est donc un terrain idéal pour comprendre comment ces pratiques ont pu arriver jusque-là. Pour retracer cette histoire, les scientifiques ont croisé plusieurs approches : avec de l’ADN ancien, analyses isotopiques des dents et données paléoclimatiques. 46 génomes anciens ont été reconstitués. Deux millénaires d’histoire qui révèlent les populations de cette partie de l’Amérique du Sud sont les mêmes.
« Les chasseurs-cueilleurs et les agriculteurs postérieurs appartiennent à la même population, donc il y a une continuité génétique entre les chasseurs-cueilleurs et les agriculteurs. On n’a pas du tout détecté l’arrivée de populations externes à la région qui expliquerait en fait l’arrivée de l’agriculture, donc clairement notre résultat, notre interprétation, c’est que l’agriculture a été introduite dans la vallée de Uspallata, par la transmission culturelle et non par la migration. »
Pierre Luisi, qui a débuté ces travaux lors de son post-doctorat à l’Institut Pasteur, souligne aussi que ces résultats remettent en cause une idée répandue : celle d’une agriculture diffusée par les Incas.« L’arrivée de l’agriculture dans Uspallata s’est faite avant l’arrivée des Inca. C’est vraiment une transmission culturelle qui n’a rien à voir avec l’expansion Inca, alors que depuis l’Europe, on s’imagine souvent que ce sont les Incas qui ont amené la civilisation partout en Amérique du Sud, mais en fait, non. Ça s’est fait vraiment avant et ça s’est fait par transmission culturelle. »
L’agriculture est donc apparue de multiples fois mais s’est propagée selon différents scénarios. Dans le cas de l’Amérique du Sud, les connaissances circulent davantage que les personnes. Quelques migrations éparses ont tout de même été décelées dans cet ADN ancien, mais là encore, une différence majeure avec l’Europe apparaît : il n’y aucune trace de violences. Les migrants ont été intégrés aux populations locales, avec des pratiques funéraires communes.
Cette étude, qui repose sur de nombreuses données scientifiques, n’aurait pas pu se faire sans les savoirs des peuples autochtones, notamment le peuple Huarpe dont les traditions orales confirment ce scénario. La suite, ça sera de mener les mêmes analyses un peu plus au nord de l’Argentine, plus proche du centre d’invention de l’agriculture et plus au sud, où l’agriculture du maïs notamment a été plus sporadique et moins intensive; pour apporter encore plus de nuances à ces trajectoires.
Source : www.radiofrance.fr

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