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Manuel Breva Colmeiro / Getty Images
Selon un sondage OpinionWay réalisé en 2024, 71 % des répondants déclaraient que le rangement du lave-vaisselle avait déjà été un sujet de dispute avec leur conjoint.
Alors que j’ai longtemps cru que le plus important, avec un lave-vaisselle, était que la vaisselle en ressorte propre à la fin du cycle, j’ai compris, lorsque nous en avons fait l’acquisition avec mon conjoint il y a quelques années, que je m’étais lourdement trompée.
Pour lui, y disposer tasses, fourchettes et petites cuillères tient davantage du jeu Tetris que d’une simple tâche ménagère. Là où j’entasse bols et couverts là où il reste de la place, lui optimise l’espace de façon « ordonnée et harmonieuse », selon ses propres mots. « Chaque élément doit être à sa place, m’explique-t-il. Les petites assiettes dans les petits compartiments, les grandes dans les grands, les verres et les bols en haut, sans qu’ils ne se chevauchent… Et les couverts répartis équitablement pour ne pas tout bourrer dans un coin. »
Il est loin d’être le seul homme à organiser le lave-vaisselle comme un stratège planifie son champ de bataille. Depuis quelques années maintenant, TikTok regorge de vidéos humoristiques où des couples – le plus souvent hétérosexuels – comparent leurs méthodes. Si les rôles s’inversent parfois, la tendance est plutôt claire : des hommes adeptes d’un rangement quasi militaire, face à des femmes plus portées sur un joyeux chaos.
Organiser le lave-vaisselle, une activité typiquement masculine ?
C’est aussi cette dynamique qui existe chez Charline et son compagnon. Si la trentenaire confesse mettre « la vaisselle dans la machine et ça lave, point », lui se revendique « control freak » de son remplissage. Son objectif : allier optimisation de l’espace et « agencements complexes » pour le charger au maximum sans que ça ne nuise à l’efficacité du lavage. « Il a tout à fait conscience d’être un perfectionniste du lave-vaisselle, il en est même très fier », sourit Charline.
Même constat chez Louise, dont le compagnon devient « fou » lorsqu’elle dispose dans le lave-vaisselle les assiettes de manière un peu trop serrées à son goût. « Il peut passer un temps incroyable à les espacer alors qu’elles se laveraient tout aussi bien ainsi », lâche-t-elle. Autre sujet de discorde lié à cet électroménager, « le fait qu’il le fasse tourner tout le temps, alors qu’on pourrait très bien laver à la main les poêles et les tupperwares qu’il met dedans », ajoute-t-elle.
Le lave-vaisselle serait-il donc un sujet de tensions dans les couples ? C’est ce que suggérait en janvier 2024 un sondage OpinionWay réalisé pour la marque de tablettes Sun. Un tiers des répondants (et même 45 % des sondés de moins de 35 ans) y expliquait « trouver agaçant que leur partenaire range mal lave-vaisselle à l’intérieur » et 71 % déclaraient que le rangement du lave-vaisselle avait déjà été un sujet de dispute dans leur foyer. Pire : pour 17 % des sondés, le sujet lave-vaisselle avait conduit à une rupture tandis que 42 % des 25-34 ans l’avaient sérieusement envisagé, sans pour autant sauter le pas.
Un sujet de mansplaining
Chez Louise, heureusement, le sujet lave-vaisselle n’a jamais dégénéré. En revanche, il a déjà occasionné de la part de son compagnon de longues explications sur la manière optimale de le charger. « Oui, il me fait un peu de mansplaining, mais ce n’est pas méchant, s’amuse-t-elle. Moi, en échange, je lui rappelle qu’il pourrait laver à la main la poêle qu’il cherche à tout prix à caser dedans. »
Si de mon côté, mon conjoint ne m’a jamais reprise sur ma manière de charger le lave-vaisselle et m’a encore moins expliqué sa méthode (« Je ne veux pas passer non plus pour le relou de service »), Charline, elle, a eu droit à toutes les étapes de ce qu’elle nomme l’« éducation au lave-vaisselle ». « Il y a eu la manière pédagogique douce, l’agressive, puis le jugement silencieux où il réorganise dans mon dos… Pour finalement aboutir à m’interdire l’utilisation du lave-vaisselle. » Depuis, elle débarrasse la table… Et s’arrête là. « À lui de jouer aux Lego ensuite. »
Une question de répartition des tâches
Comment expliquer que des tensions, voire des ruptures, naissent d’un sujet aussi trivial qu’un lave-vaisselle mal rangé ? Dans une note de blog publiée en 2020, la psychothérapeute américaine Stephanie Regan lançait une piste : le problème ne serait pas tant le surinvestissement des hommes dans cette tâche que leur désengagement ailleurs.
Car dans les faits, les tâches domestiques restent, encore aujourd’hui, majoritairement assurées par les femmes. Dans une enquête menée en 2022 par l’Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes (EIGE), 68 % des femmes indiquent consacrer chaque jour une partie de leur temps à la cuisine et au ménage, contre 43 % des hommes.
« En se concentrant sur une seule tâche, les hommes, peuvent, grâce au temps dont ils disposent, la perfectionner et faire des remarques du type “ça ne va pas là”, tandis que les femmes passent déjà mentalement à la suivante », faisait justement remarquer Stephanie Regan.
Heureusement, les choses commencent à bouger, même si encore trop lentement. Selon le baromètre d’opinion du ministère des Solidarités paru en 2024, 41 % des femmes et 48 % des hommes déclarent partager le ménage à parts égales au sein de leur couple.
Chez Charline, c’est même l’inverse. « Mon conjoint s’occupe de 70 % des tâches ménagères. Je reconnais que c’est inéquitable, mais nous n’avons pas les mêmes standards. Il est bien plus perfectionniste et a accepté mon côté désordonné. C’est ainsi qu’on a trouvé notre équilibre », estime-t-elle. Comme quoi, en abandonnant le lave-vaisselle à celui qui s’en soucie le plus, certains arrivent aussi à trouver leur terrain d’entente.
Source : www.huffingtonpost.fr

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