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19 mars 2026De l’entreprise familiale aux prud’hommes de Perpignan : le parcours d’Édith Bérard, cheffe d’entreprise depuis 1999
Dirigeante de l’entreprise d’électricité Grabolosa, Édith Bérard préside aujourd’hui le conseil de prud’hommes des Pyrénées-Orientales. Une trajectoire forgée sur le terrain.
« Être une femme cheffe d’entreprise dans le bâtiment, à l’époque, ce n’était pas évident. J’ai eu le respect de la profession, vraiment. Mais ça s’est fait petit à petit. Ça n’empêchait pas qu’on vous regarde du coin de l’œil pour voir si vous alliez tenir. » Édith Bérard le dit simplement. Depuis plus de vingt-cinq ans, la dirigeante perpignanaise est à la tête l’entreprise d’électricité Grabolosa. Une trajectoire forgée sur le terrain, bien avant son élection récente à la présidence du conseil de prud’hommes des Pyrénées-Orientales.
Son parcours n’avait pourtant rien d’évident. « Moi, mon rêve, c’était d’enseigner les mathématiques, de transmettre. » La vie en décidera autrement. En 1999, après le décès brutal de son mari, Édith Bérard, secrétaire comptable depuis 11 ans, reprend l’entreprise familiale. « Je pensais signer pour deux ans, le temps de trouver un repreneur. » La SARL Grabolosa compte alors une vingtaine d’employés. Certains, présents depuis quarante ans, l’encouragent à continuer. « J’ai signé. Mais le soir venu, je me suis dit : qu’est-ce que tu as fait ? »
L’entreprise devient alors son école. Gestion des équipes, organisation des chantiers, relations avec les banques… la jeune dirigeante apprend progressivement tous les rouages de l’activité. »Je ne voulais pas être gérante juste pour signer des chèques sans maîtriser ce qui se passait. Alors pour structurer mon parcours, j’ai suivi une formation à l’École supérieure des dirigeants du bâtiment (ESJDB). »
Au programme : 18 mois de formation, une semaine par mois à Paris. « On y apprend tout ce qui tourne autour de l’entreprise, la gestion, le juridique, la sécurité, la transmission… » Une étape décisive. Dans un univers réputé très masculin, la légitimité s’est construite avec le temps. « Au début, on vous observe, on attend de voir si vous allez tenir. J’ai tenu. » L’entreprise consolide alors son activité et ses marchés professionnels. Fille d’un père tchèque engagé dans la Légion étrangère, Édith Bérard revendique aussi un certain sens de la ténacité. « Je suis très attachée à mes racines. J’y retourne dès que je peux. »
L’engagement au fil du parcours
Au fil des années, la cheffe d’entreprise s’implique dans les organisations professionnelles du bâtiment. »Quand on dirige une entreprise, on comprend vite l’intérêt de partager les expériences. » Syndicat des électriciens, fédération du bâtiment, instances professionnelles…« là aussi, l’engagement s’est construit progressivement. » C’est dans ce cadre qu’Édith Bérard rejoint le conseil de prud’hommes de Perpignan en 2009. « Je ne connaissais pas cet univers, mais c’est une manière de rendre ce qu’on m’a transmis. »
Le principe de cette juridiction (juger les conflits du travail entre représentants des salariés et des employeurs) correspond à sa vision du terrain. » Derrière chaque dossier, il y a toujours une histoire professionnelle. » Quinze ans plus tard, en janvier dernier, la dirigeante est devenue présidente côté employeurs du conseil de prud’hommes. Une fonction exercée pour un an, dans un système où la présidence alterne entre représentants des salariés et des employeurs. Édith Bérard aborde ce mandat avec la même approche que dans son entreprise. » Rendre la justice, ce n’est pas seulement appliquer la règle. C’est aussi comprendre les situations et essayer d’être le plus juste possible. »
Et pour celle qui n’avait jamais imaginé diriger une entreprise du bâtiment, la trajectoire reste étonnante. « Si on m’avait dit, il y a vingt-cinq ans, que je serais là aujourd’hui… j’aurais ri au nez de tout le monde. »
Source : www.lindependant.fr

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