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19 mars 2026Deux morts, épidémie « sans précédent », vaccination… Ce que l’on sait sur les dizaines de cas de méningite en Angleterre
Une épidémie de méningite, décrite comme « explosive », touche actuellement le sud-est de l’Angleterre. Près de 30 cas ont été recensés et deux personnes, âgées de 18 et 21 ans, sont mortes. La majorité des contaminations s’est produite dans une boîte de nuit à Canterbury, entre le 5 et le 7 mars.
Des dizaines de cas de méningite ont été recensés dans le sud-est de l’Angleterre, à la suite d’une contamination qui a notamment eu lieu dans une boîte de nuit de Canterbury « entre le 5 et le 7 mars ». Cette épidémie qui a fait deux morts est décrite comme « explosive » et « sans précédent ».
• 27 cas, dont 15 confirmés
Le nombre de cas signalés dans l’épidémie de méningite à méningocoques est passé de 20 à 27, dont 15 cas confirmés et 12 faisant encore l’objet d’une enquête, ont annoncé les autorités sanitaires ce jeudi 19 mars.
Sur les 15 cas confirmés, neuf sont des cas de méningocoque B, selon l’agence de sécurité sanitaire britannique UKHSA, qui précise que tous les cas, à l’exception d’un seul, ont nécessité une hospitalisation. Aucun détail supplémentaire sur l’état de santé des personnes concernées n’a été apporté.
Ces cas devraient probablement augmenter, selon le docteur Robin May, directeur scientifique de l’agence sanitaire, interrogé sur la radio de la BBC. Il a précisé que tous « se rapportent d’une manière ou d’une autre à la même période, celle où l’exposition initiale a eu lieu ».
L’épidémie a également fait deux morts, une élève de terminale de 18 ans et un étudiant de l’université du Kent (sud-est de l’Angleterre) de 21 ans.
Les infections à méningocoques, des bactéries, peuvent engendrer la mort en moins de 24 heures sans prise en charge rapide. Elles peuvent aussi laisser des séquelles plus ou moins lourdes. Forte fièvre, violents maux de tête, vomissements, raideur de la nuque, photosensibilité et taches rouges ou violacées (purpura) sont les principaux symptômes.
• Une contamination en boîte de nuit
Le ministre britannique de la Santé, Wes Streeting, a indiqué que la majorité des cas sont liés à la boîte de nuit Club Chemistry à Canterbury (sud-est de l’Angleterre), fréquentée par des étudiants, « entre le 5 et le 7 mars ». L’établissement a depuis volontairement fermé ses portes.
Cette situation a toutes les caractéristiques d' »un événement super-contaminateur, avec une propagation continue au sein des résidences universitaires », selon la directrice de l’UKHSA, Susan Hopkins.
• Une épidémie pas encore « contenue »
Interrogé ce jeudi sur la radio de la BBC, Anjan Ghosh, directeur de la santé publique au sein des autorités locales du Kent, a déclaré qu’il n’était « pas en mesure d’affirmer », à ce stade, que l’épidémie était « contenue ».
À ce stade, des cas ont été confirmés dans deux universités et quatre écoles du Kent, ainsi que dans un établissement d’enseignement supérieur à Londres. Ce dernier cas concerne une personne qui se serait rendue dans le Kent lors du week-end de contamination.
Un cas lié à cette épidémie a été signalé en France. Il s’agit d’une personne ayant fréquenté l’université du Kent, qui a été hospitalisée en France et se trouve « dans un état stable », selon le ministère français de la Santé.
• Une situation « explosive » et « sans précédent »
Cette épidémie a été décrite par le docteur Robin May, sur Sky News, comme « sans précédent » et « explosive », en raison du nombre de cas concernés et de la rapidité de la propagation. Le ministre de la Santé, Wes Streeting ,avait également qualifié de « sans précédent » cette épidémie.
La transmission se fait de personne à personne par contact étroit et prolongé, par exemple en s’embrassant, en buvant dans le même verre ou en partageant une cigarette électronique. Cette maladie n’est toutefois pas aussi contagieuse que le Covid-19 ou la rougeole, souligne l’agence de sécurité sanitaire, précisant que le risque d’infection pour le reste de la population « reste faible ».
Selon l’UKHSA, 378 cas d’infections invasives à méningocoques ont été confirmés en 2024-25, parmi lesquels plus de 80% concernaient le méningocoque B. Sur les deux dernières décennies, le nombre de ces infections à méningocoques a baissé: en 1999/2000, un pic de 2.595 cas avait été atteint.
• Des traitements préventifs distribués
L’agence de sécurité sanitaire UKHSA a été informée le 13 mars du premier cas de ce foyer épidémique. Les autorités ont commencé à tracer les contacts et à fournir des antibiotiques aux étudiants de l’université du Kent, à ceux qui ont fréquenté le Club Chemistry entre le 5 et le 7 mars, et à l’entourage proche des personnes infectées ou soupçonnées d’avoir été infectées.
Ces traitements préventifs par antibiotiques empêchent la contagion entre individus. Plus de 6.500 personnes ont été traitées, a indiqué mercredi l’université du Kent.
Un programme de vaccination ciblée contre le méningocoque B a aussi été lancé sur le campus de cette université à Canterbury. Il concerne environ 5.000 étudiants. Au Royaume-Uni, les nourrissons sont vaccinés contre le méningocoque B depuis 2015, mais les générations nées avant cette date ne sont pas couvertes.
• Un risque « faible » de contamination en Europe
Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies a écrit, sur son site mercredi, que le risque de contamination « au sein de la population générale dans l’Union européenne était très faible ».
Il considère que « la probabilité d’exposition et d’infection est négligeable ». Toutefois, il appelle les médecins à la prudence en leur rappelant la « possibilité de méningite » chez les personnes qui sont de retour de voyage.
Le Centre de crises sanitaires français a, pour sa part, assuré que « toutes les mesures de gestion ont été prises pour limiter les risques de transmission de la maladie » après avoir été informé « le 12 mars » du premier cas détecté en France. Aucun autre cas n’a été détecté sur le territoire national en lien avec l’épidémie anglaise.
Les autorités françaises promettent que la situation est suivie « avec attention ». Les personnes qui ont été en contact avec la personne contaminée ont eu la possibilité de prendre un traitement.
Source : www.bfmtv.com

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