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19 mars 2026Élevage, fromages et parcours pédagogique, comment la ferme du Rialet, perchée dans les Pyrénées, mise sur un modèle hybride
À La Llagonne, Jean Palau et Denis Corrieu ont développé un modèle agricole fondé sur plusieurs activités : élevage, transformation fromagère et accueil du public. Une stratégie qui leur permet de maintenir l’activité malgré les aléas.
En plein Capcir, à La Llagonne, la ferme du Rialet n’a rien d’une exploitation figée. Entre élevage, transformation fromagère et accueil du public, Jean Palau et Denis Corrieu ont construit au fil des années un modèle hybride qui repose sur plusieurs activités. Une façon de sécuriser l’équilibre économique du site dans un territoire où les conditions restent exigeantes. Car ici, à plus de 1 600 mètres d’altitude, l’agriculture se pratique avant tout au rythme de la montagne. Et des saisons portées par le tourisme l’hiver et l’été. Entre ces périodes, la fabrication de fromages, yaourts et glaces artisanales, et la vente directe sur place et dans plusieurs boutiques proches de Perpignan, permettent de maintenir l’activité.
Ce modèle économique ne s’est pas construit en un jour. Cela fait 14 ans que les deux associés ont racheté l’exploitation laitière et la fromagerie du Rialet. Très vite, le couple comprend qu’il faudra diversifier pour faire vivre le site. Ils ouvrent une petite ferme pédagogique, embauchent plusieurs salariés. « Le but, ce n’est pas seulement de montrer les animaux. C’est aussi de faire comprendre aux visiteurs le métier d’éleveur, le travail au quotidien, les soins, l’organisation… », explique Denis Corrieu. Le pari fonctionne. Familles, touristes, groupes scolaires poussent progressivement la porte du Rialet. Aujourd’hui, la ferme a bien grandi. Sur près de deux hectares, le parcours permet d’approcher plus de 150 animaux appartenant à une trentaine de races différentes.
Participation à The Voice
Dans un bâtiment attenant à l’étable, la fromagerie fonctionne toute l’année. Le lait de vache produit sur la ferme y est transformé directement en tommes des Pyrénées, fromages frais, yaourts ou encore crèmes desserts. « La visite permet justement de comprendre ce lien entre élevage et transformation », ajoute Jean Palau. Aujourd’hui, l’activité repose sur ces deux piliers. La transformation et la vente de fromages représentent près de 75 % des revenus et les entrées payantes à la ferme pédagogique complètent le modèle, à hauteur d’environ 25 %.
Il y a trois ans, la ferme a même bénéficié d’un coup de projecteur inattendu. Jean Palau participe au télé-crochet musical The Voice sur TF1. L’agriculteur-chanteur attire la curiosité et la fréquentation augmente sensiblement. « On a enregistré environ 30 % de visiteurs en plus. Des gens venaient parce qu’ils nous avaient vus à la télévision. » Une hausse que l’exploitation a depuis réussi à conserver.
Un équilibre soumis à de nombreux aléas
Mais dans une exploitation de montagne, l’équilibre reste fragile. Les épisodes successifs de sécheresse ont pesé lourdement sur les prairies et l’alimentation du troupeau de vaches en foin. « Il a fallu s’adapter, trouver des solutions », ajoute Denis Corrieu. À l’automne, une nouvelle crise gagne les éleveurs du secteur : la dermatose nodulaire contagieuse. Une maladie qui a conduit à l’abattage complet de nombreux troupeaux de bovins. « Nous avons été épargnés mais nous avons vraiment eu très peur d’être touchés, de tout perdre. Quand on élève des bêtes depuis des années, ce ne sont pas juste des animaux. On les connaît, on les voit naître et grandir. Les voir partir comme ça, c’est très dur. » Une angoisse et une amertume face à la gestion de la crise qui ont laissé des traces durables. Et comme si cela ne suffisait pas, l’hiver a lui aussi apporté son lot de difficultés avec la fermeture de la RD66 pendant plusieurs semaines suite à un éboulement, perturbant l’accès à la ferme.« Quand la route est coupée, tout devient plus compliqué. Les livraisons, les visiteurs… tout est impacté. »
À La Llagonne, sur ce plateau où le climat impose son rythme, le Rialet continue d’avancer, portée par ce modèle hybride qui lui permet, malgré les difficultés, de rester debout. « On a connu des moments difficiles, reconnaît Jean Palau. Mais on tient parce qu’on a construit quelque chose de solide et que nous pouvons compter sur notre équipe ».
Source : www.lindependant.fr

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