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Plusieurs dizaines de communes françaises se retrouvent désormais sans maire puisqu’aucun candidat ne s’est présenté aux élections municipales. Après le départ de l’équipe sortante, ces communes sans maire ont alors été placées sous tutelle de la préfecture pendant trois mois, et le préfet est désormais chargé de nommer trois administrateurs provisoires pour gérer les affaires courantes avant la tenue de nouvelles élections.
Les habitants de 68 communes n’auront pas à se déplacer aux urnes dimanche 22 mars, pas plus qu’au premier tour. Cette année, les élections municipales n’ont tout simplement pas lieu dans certaines villes et villages de France puisqu’aucune candidature n’a été déposée en préfecture.
Une situation qui inquiète les administrés, comme dans le petit village breton de Cohiniac (Côtes-d’Armor) où vivent environ 400 personnes. « L’ancien maire a fait du bon boulot, on est un peu déçus que personne ne se représente derrière », témoigne ainsi Ronan, un habitant de la commune.
« Ça laisse en suspens des affaires qui peuvent avoir des conséquences directes sur le commerce », redoute aussi Virginie, la seule commerçante de la commune.
Un rôle ingrat pour des élus vieillissants
Après cinq mandats à Cohiniac, dont un en tant que maire, l’édile sortant Jean-Paul Héder veut désormais tourner la page. « Ces vœux sont aussi les derniers d’un mandat qui n’aura pas été un long fleuve tranquille », confiait-il en janvier dernier lors de la traditionnelle cérémonie des vœux, lorsqu’il a annoncé qu’il ne se représenterait pas.
« Je peux vous assurer qu’il y a des jours où on se lève le matin et on se dit ‘bon qu’est ce qui va encore arriver aujourd’hui?' », confie Jean-Paul Héder à BFM. « Il faut bien s’accrocher, il faut être courageux ».
À bientôt 72 ans, la maire du village de Rochejean (Doubs) a elle aussi décidé de ne pas se représenter, après 10 ans de mandat dont deux en tant que maire dans la petite commune de 700 habitants. « J’ai envie de faire autre chose », justifie-t-elle.
« C’est un rôle quand même difficile », déplore la septuagénaire, qui regrette aussi un manque de formation pour ce travail « très particulier ». « Il y a beaucoup de choses à gérer et à faire. Et les administrés ne sont pas toujours reconnaissants, on paie les bêtises qui ont pu être faites par les équipes précédentes et les gens ne le comprennent pas toujours ».
Ainsi, pendant plusieurs mois, Florence Schiavon a enchaîné les consultations pour essayer de motiver de nouvelles troupes, mais elle n’a malheureusement trouvé personne de prêt à prendre la relève.
« Personne ne voulait repartir, j’étais embêtée », reconnaît cette femme, qui souffle depuis qu’elle a appris qu’une nouvelle liste était en train de se mettre en place en vue du nouveau scrutin, prévu dans un peu moins de trois mois. En attendant, Rochejean a été placé sous tutelle de l’État, grâce à une délégation de trois personnes qui ont déjà été désignées par la préfecture pour gérer les affaires courantes.
« J’ai fait ma part »
« C’est une occupation à plein temps or je n’ai pas spécialement envie de mourir sur scène, et puis j’ai fait ma part », soutient aussi Régis Rioton, le maire sortant du petit village de Bayons (Alpes-de-Haute-Provence), où vivent moins de 200 habitants. Avant de se décider à arrêter, cet architecte de profession – qui devrait être à la retraite dans deux ans – n’était pas particulièrement inquiet au sujet de sa succession à la mairie.
« Je pensais sincèrement que ça allait se faire tout seul, que ce serait bien d’avoir un peu de sang neuf, que des jeunes retraités prennent le relais », assure cet homme de 66 ans, qui comptait sur l’opposition à certains de ses projets pour monter une liste adverse. « Mais non », regrette-t-il.
« Il est détestable de penser qu’il n’y aura pas de liste. Ce n’est pas satisfaisant de laisser la mairie comme ça », résume Régis Rioton, qui a dû gérer une affaire d’envergure avant de rendre son tablier, à savoir la construction d’un pont pour pallier l’effondrement d’une voie communale qui dessert deux hameaux. « J’ai passé le mois à essayer de gérer ce dossier, qui m’a amené tout un tas de complications avant de partir, mais je voyais mal la situation rester en l’état pendant ‘l’intérim’. Les gens étaient partiellement coupés du monde, mais c’est bon les travaux sont en cours ».
Assurer le rôle de maire d’une petite commune n’attire pas les foules. « Dans les petits villages de montagne, c’est sûr que c’est complexe », soupire aussi Jean-Louis Barlier, maire de Fréland (Haut-Rhin) depuis 1995, qui n’a dans un premier temps pas souhaité se représenter à un 7e mandat pour ces élections. Par conséquent, aucun scrutin ne se tient dans le village ces dimanches 15 et 23 mars et une délégation a été mise en place avant les prochaines élections qui auront lieu dans trois mois… auxquelles le sexagénaire compte finalement se représenter, soucieux du bien-être de sa commune de 1300 habitants.
« Sur le coup je me suis inquiété pour la suite », confie Jean-Louis Barlier à BFM, qui rejoint ses confrères sur l’ingratitude de la tâche. « C’est pas facile pour les petites communes rurales, il faut regarder chaque dépense car on a peu de rentrées d’argent: nos recettes proviennent de la vente de bois, et il suffit qu’un incident climatique vienne bouleverser ce qu’on avait prévu pour que ça perturbe notre budget ».
Une tutelle de l’État temporaire
Les habitants ne sont pas livrés à eux-mêmes pour autant, puisque la loi prévoit dans ce cas la mise en place d’une délégation spéciale de trois fonctionnaires nommée par arrêté préfectoral pour une période de trois mois. « Les missions sont les mêmes que celles d’un maire mais limitées aux affaires courantes, comme célébrer des mariages ou simplement gérer les services ou les pouvoirs de police », explique Georges Salaün, secrétaire général de la préfecture des Côtes-d’Armor.
Pendant cette période de transition que s’apprêtent à traverser 68 communes françaises, des initiatives citoyennes peuvent voir le jour. À Cohiniac, à Fréland ou à Bayons, des habitants semblent pris d’un ultime sursaut démocratique: ils comptent se réunir pour essayer de monter des listes et esquisser le futur de leur commune en vue du prochain scrutin. Rendez-vous en juin prochain.
Source : www.bfmtv.com

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