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Il aura fallu six ans d’un long et intense bras de fer avec Google pour en arrive là. Epic Games a finalement obtenu gain de cause: « Fortnite » revient le 19 mars sur le Play Store. Avec Apple, ce n’est pas encore gagné.
C’est une victoire définitivement actée pour Epic Games. Après six ans de bataille juridique, l’éditeur américain a obtenu le retour de la version mobile de Fortnite sur le Google Play Store. Et ce sera effectif dès ce 19 mars.
Finalement, le rebelle Tim Sweeney aura eu raison des géants de la tech et pourrait bien ouvrir la voie à d’autres développeurs. S’ils ont les reins financiers solides, eux aussi, pour supporter aussi la charge de la rébellion… Tout a commencé en 2020 lorsque Epic décide de contourner les règles instituées par les boutiques en ligne afin de s’éviter les 30% de commission prélevés par Google et Apple. Les joueurs peuvent alors s’acquitter des achats intégrés directement auprès d’Epic via un lien vers un site externe de paiement.
Tim Sweeney lancé dans une croisade
Colère chez Google et Apple face à ce système de paiement direct qui leur apparaît comme illégal. Les deux ténors décident alors d’exclure Fortnite de leurs stores respectifs pour violation des règles.
Epic Games ne se laisse pas impressionner et engage une longue et fastidieuse bataille juridique en déposant plainte contre chacun pour pratiques anticoncurrentielles et abus de position dominante. Le motif est simple: Android comme iOS ne sont pas les plateformes libres et « open source » qu’ils prétendent être. Tim Sweeney, le patron du studio, entame alors une véritable croisade contre le duo, avec des accusations similaires, mais adaptées à chaque système et philosophie (la fausse liberté et ouverture d’Android, l’écosystème fermé d’Apple).
Il reproche notamment à Apple son monopole sur la distribution et les paiements, l’absence d’alternative toujours chez Apple pour installer des applications iOS, et évidemment la « taxe Apple » de 30% jugée excessive. Epic se fend même d’une parodie de la célèbre publicité d’Apple « 1984 » pour placer la marque à la pomme dans la peau du « Big Brother » qu’elle combattait jadis.
Si Apple est une forteresse, contre Google, l’attaque est tout autre. Sous ses airs de « liberté » fonctionnelle (il est possible de télécharger les applications sur des stores alternatifs), Google exercerait le même type de monopole déguisé, selon Epic.
La bataille va alors porter sur un point crucial: le géant de Mountain View aurait payé des milliards de dollars à certains développeurs de jeux et constructeurs (Samsung, Activision ou encore Ubisoft) pour qu’ils ne portent pas leurs apps sur des stores concurrents. On parle alors d’entreprises. Epic réussira à prouver ce point en justice.
Le « sideloading » (l’installation directe par d’autres biais) reste le cheval de bataille d’Epic. L’éditeur américain reproche à Google de complexifier l’opération en usant de procédés pour effrayer les utilisateurs avec des messages d’alerte de sécurité anxiogènes. Epic obtiendra de l’Union européenne l’obligation pour Apple d’accepter les stores alternatifs pour les clients européens (décision imitée dans d’autres régions du monde, mais pas aux Etats-Unis) et s’empressera d’y mettre Fortnite. Une mesure déployée ailleurs, mais pas aux Etats-Unis.
Des victoires contrastées contre Google et Apple
De procédure en procédure, les affaires Epic Games contre Google et Epic Games contre Apple n’auront pas totalement la même issue. Contre Apple, Epic a dû céder sur certains points, mais il a obtenu l’essentiel: la fin du contrôle des paiements par Apple. En revanche, il n’a pas fait plier son adversaire sur la question du monopole que les tribunaux n’ont pas reconnu. Il a néanmoins obtenu que Fortnite soit à nouveau disponible sur iOS, mais ce sera sur l’App Store aux Etats-Unis et via l’Epic Games Store en Europe, une possibilité permise par le DMA.
Face à Google, c’est une victoire acquise dès fin 2023 devant le jury californien. Et une victoire totale, incluant la reconnaissance du monopole illégal sur la distribution et le paiement, l’obligation de retour du jeu sur le Play Store. Dès octobre 2024, Google a également été sommé d’autoriser les boutiques d’applications concurrentes, de ne plus obliger les développeurs à recourir à son système de paiement durant 3 ans, de ne plus payer pour des exclusivités.
Fin 2025, les deux parties ont signé un accord de règlement. Et début 2026, a été révélé un partenariat commercial à hauteur de 800 millions de dollars sur six ans entre Epic et Google, impliquant le développement conjoint de produits, le marketing commun autour d’Android, Fortnite et Unreal Engine. Le tout est peu au goût du juge californien qui avait tranché en faveur d’Epic. Il a également demandé à l’éditeur de cesser ses campagnes de dénigrement envers Apple et Google.
Après avoir fait son retour sur l’App Store américain, il y a près d’un an, Fortnite va pouvoir réinvestir officiellement et plus simplement les centaines de millions de smartphones et tablettes Android. Désormais, les joueurs vont pouvoir choisir entre payer via les stores ou via l’Epic Games Store. Une victoire qualifiée de « priceless » (inestimable) par Tim Sweeney. Elle lui aura néanmoins coûté des sommes astronomiques en frais d’avocat, mais, comme il n’a eu de cesse de le répéter, c’était aussi pour le bien des développeurs, petits et grands, et de l’économie mobile.
Source : www.bfmtv.com

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