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19 mars 2026Iran : les mots de la guerre – Pasdarans : épisode du podcast Iran : les mots de la guerre
Dans ce podcast « Iran, les mots de la guerre », des spécialistes reviennent sur les mots qui permettent aujourd’hui d’éclairer le conflit au Moyen-Orient. Bernard Hourcade, géographe, ancien directeur de l’Institut français de recherche en Iran et membre de la rédaction d’Orient 21, revient ici sur le terme « Pasdarans ».
D’une milice révolutionnaire à une force militaire structurante
Les « Pasdarans » sont « l’élite de la République islamique« . Initialement, « ce sont des étudiants engagés » dans la révolution qui, très rapidement, « sont utilisés pour être les responsables des comités révolutionnaires« , explique Bernard Hourcade. Au lendemain de la Révolution iranienne de 1979, les futurs Gardiens de la Révolution ne sont encore que des militants hétéroclites. Dans un climat d’épuration et d’incertitude, leur rôle politique initial est d’ordre sécuritaire.
À partir de 1980, le conflit Iran-Irak transforme profondément leur statut. « Ces combattants sont devenus des soldats« , participant activement à la défense du territoire, poursuit Bernard Hourcade. Cette guerre permet de fusionner « le nationalisme iranien et l’islam révolutionnaire, en oubliant l’ouverture internationale« , ce qui donne aux Gardiens une nouvelle légitimité. Simples militants « pour la révolution islamique« , les Pasdarans deviennent « les défenseurs de la patrie » et « des éléments essentiels de la défense de la République« , les inscrivant durablement dans l’appareil d’État.
Une élite tentaculaire au cœur du pouvoir iranien
Après la guerre, l’ascension des Pasdarans s’accélère. Récompensés par des postes et des ressources, ils investissent tous les secteurs : « On leur a donné des entreprises, […] des postes de ministre […], ils ont occupé le champ politique, puis économique« , rappelle le chercheur. Dotés d’un savoir-faire technologique et industriel, ils sont devenus « l’élite du système » et le « cœur de la Révolution islamique« , dominant aussi bien l’armée que l’économie, notamment dans les domaines stratégiques comme le nucléaire ou les missiles.
Aujourd’hui, les Gardiens de la Révolution jouent à la fois un rôle de force intérieure et d’instrument d’influence extérieure. Les Pasdarans sont « les gardiens du temple » du point de vue idéologique, mais aussi les artisans de la projection régionale, via des réseaux et groupes alliés. Malgré leur diversité interne, ils se sont imposés comme des acteurs dominants et « c’est de là que viendra l’avenir de l’Iran« , estime Bernard Hourcade. Paradoxalement, leur désignation comme organisation terroriste a renforcé leur position, en suscitant « une solidarité de clan » au nom de la dignité nationale, et cela « leur a rendu service dans la période actuelle« .
Source : www.radiofrance.fr

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