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Le casting désormais connu, les trois derniers jours de campagne à Paris s’annoncent à couteaux tirés. Des cinq candidats qualifiés pour le second tour, il ne reste plus en lice que Rachida Dati, Sophia Chikirou et Emmanuel Grégoire. Divisée, la gauche parviendra-t-elle à conserver la capitale qu’elle dirige depuis 2001 ? Ou bien laissera-t-elle les clés de l’Hôtel de ville à Rachida Dati, boostée par la fusion avec la liste de Pierre-Yves Bournazel et le retrait de celle de Sarah Knafo ?
Tout heureux de son score de 37,98 % des voix obtenu au premier tour des élections municipales, dimanche 15 mars, Emmanuel Grégoire a désormais de quoi douter. Le candidat de l’union de la gauche – hors La France insoumise – a rapidement repoussé la main tendue par la candidate insoumise Sophia Chikirou (11,72 %). Le socialiste a été fidèle à sa parole : il avait annoncé dès le début de sa campagne qu’il ne ferait pas d’alliance avec LFI. Mais si ce choix représentait un risque limité avec cinq candidats au second tour, ce n’est plus du tout la même histoire avec seulement trois listes, dont deux de gauche.
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Car face à lui, Rachida Dati a bénéficié en 48 heures d’un parfait alignement des planètes. Largement distancée dimanche soir avec seulement 25,46 % des voix, l’ancienne ministre de la Culture a d’abord pu compter, lundi, sur les pressions exercées par Édouard Philippe pour contraindre Pierre-Yves Bournazel à fusionner sa liste avec la sienne.
« J’ai le plaisir de vous annoncer ce soir que nous avons décidé de fusionner nos listes. Pourquoi ? Parce qu’une majorité de Parisiens attend le changement et l’alternance », a-t-il déclaré dans la soirée sur France 2, tout en ajoutant : « Pour moi, le chemin s’arrête (…) puisque les Parisiens n’ont pas souhaité que je sois le prochain maire de Paris« .
La condition fixée par celui qui avait obtenu 11,34 % des suffrages était claire : aucune alliance avec l’extrême droite. Rachida Dati a donc refusé la proposition d’union de Sarah Knafo (10,40 % des voix) et un second tour à quatre candidats semblait alors se dessiner. Mais coup de théâtre, mardi, avec le retrait de la liste Knafo !
« J’ai toujours dit que j’avais un objectif depuis l’annonce de ma candidature : battre la gauche. Donc je tiens le cap (…), je me retire pour nous donner toutes les chances de battre la gauche », a-t-elle déclaré au journal Le Parisien, prenant soin d’expliquer qu’elle ne se désistait « pas pour la personne de Rachida Dati » mais « pour Paris ».
Quel report de voix en faveur de Rachida Dati ?
L’addition purement arithmétique des voix de ces trois candidats (Dati-Bournazel-Knafo) donne un total de 384 870, soit 75 177 voix de plus que les 309 693 qui se sont portées sur Emmanuel Grégoire au premier tour.
Heureusement pour Emmanuel Grégoire, ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo (2018-2024), fusion et retrait n’entraînent pas automatiquement un report de toutes les voix. « C’est l’incertitude et la magie d’un second tour qui n’est pas une simple addition de listes. Il y aura aussi des nouveaux entrants, des gens qui n’avaient pas voté au premier tour et qui vont rentrer dans le jeu électoral au deuxième tour », souligne Frédéric Dabi, directeur général de l’institut de sondage Ifop, sur France 24.
Un certain nombre d’électeurs de Pierre-Yves Bournazel pourraient en effet refuser de voter Rachida Dati, voire mettre un bulletin Emmanuel Grégoire dans l’urne. L’absence sur la liste définitive de la candidate Les Républicains de son ancien concurrent, ainsi que celle de l’ancien ministre Clément Beaune, qui figurait en troisième position sur la liste Bournazel, témoignent de profondes divergences. Celles-ci existent également chez une partie des électeurs.
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Même cas de figure chez les soutiens de Sarah Knafo, même si ceux-ci seront sans doute plus enclins à voter pour Rachida Dati au second tour, la candidate Reconquête! plaidant pour l’union de la droite et de l’extrême droite depuis le début de sa campagne.
Ce désistement qui rebat les cartes a eu l’effet d’un coup de tonnerre. D’abord chez Les Républicains, totalement revigorés. « Aujourd’hui, une nouvelle élection commence. Nous pouvons gagner Paris face à la gauche radicale », a réagi sur le réseau social X Nelly Garnier, porte-parole de campagne de Rachida Dati.
Une décision également qualifiée de « sage et responsable » sur X par le patron de LR Bruno Retailleau.
Pour Grégoire, un pari gagnant qui se transforme en pari risqué
Mais aussi au sein de l’équipe d’Emmanuel Grégoire, qui abordait le second tour avec sérénité avant l’annonce de Sarah Knafo et qui a dû dans la foulée publier un communiqué de presse pour dénoncer une droite « prête à toutes les compromissions pour tenter de prendre Paris, y compris les alliances implicites avec l’extrême droite » et qui « choisit ainsi de se compromettre de la pire des façons ».
De leur côté, les écologistes parisiens annonçaient prendre contact avec les Verts populaires, cette poignée d’écologistes qui a préféré rejoindre la liste LFI plutôt que de soutenir celle d’Emmanuel Grégoire, afin de les convaincre de soutenir ce dernier. Des discussions ont bien eu lieu, sans toutefois aboutir à une issue favorable pour le candidat socialiste.
Dans ce contexte, l’absence d’alliance entre Emmanuel Grégoire et Sophia Chikirou, qui a fait le choix de se maintenir dans la course, est soudainement devenue un pari risqué alors qu’il était considéré comme un pari gagnant dimanche soir.
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Pour espérer l’emporter face à Rachida Dati, avec laquelle il débattra mercredi soir sur BFMTV, le candidat de la gauche unie hors LFI doit espérer la mobilisation d’abstentionnistes du premier tour, mais aussi et surtout un mauvais report de voix des électeurs de Pierre-Yves Bournazel et le vote utile à son profit d’une partie des électeurs de Sophia Chikirou.
L’avenir de la capitale pourrait se jouer à quelques centaines de voix. Les trois derniers jours de campagne de la bataille pour Paris promettent d’être intenses et le suspense total jusqu’à dimanche soir.
Source : www.france24.com

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