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19 mars 2026
L'Iran vise des installations gazières au Qatar
19 mars 2026Les frappes contre des sites énergétiques font entrer le conflit dans une “phase dangereuse”
“L’escalade des attaques contre les infrastructures pétrolières et gazières du golfe Persique plonge la guerre [au Moyen-Orient] dans une nouvelle phase dangereuse, susceptible d’aggraver la crise mondiale de l’approvisionnement en énergie”, résume le Wall Street Journal.
Téhéran a mené mercredi 18 mars des frappes de représailles contre des sites énergétiques au Qatar et en Arabie Saoudite après qu’Israël a frappé un peu plus tôt “la pièce maîtresse de l’industrie énergétique iranienne”, le gigantesque champ gazier de South Pars, que l’Iran partage avec Doha, rapporte le quotidien américain. L’armée iranienne a attaqué le complexe gazier de Ras Laffan au Qatar, un site majeur de production de gaz naturel liquéfié (GNL) et tiré un barrage de missiles sur la capitale saoudienne, Riyad, dont des débris sont tombés à proximité d’une raffinerie.
Le ministère des Affaires étrangères du Qatar a déploré que ces attaques dans la région « ont franchi toutes les lignes rouges en ciblant des civils, des installations civiles et vitales ».
Les frappes menées par les deux camps contre “ce que l’on appelle des installations de production de gaz en amont constituent une escalade significative de la guerre au Moyen-Orient, avec des conséquences potentiellement durables”, remarque le Guardian. “C’est la première fois, dans ce conflit, que des installations directement liées à la production d’énergie fossile sont visées, et non plus seulement des sites plus largement associés à l’industrie pétrolière et gazière”. Le quotidien britannique rappelle que les États-Unis et Israël s’étaient jusque-là abstenus de cibler les installations de production énergétique iraniennes dans le Golfe, afin d’éviter des représailles de Téhéran contre les industries pétrolières et gazières des pays voisins.
Le risque d’une “pénurie mondiale de GNL”
L’attaque au Qatar pourrait provoquer une “pénurie mondiale de gaz durable”, selon l’ampleur des dégâts, Ras Laffan étant normalement responsable d’environ un cinquième de l’approvisionnement mondial en GNL, souligne le Financial Times. “Même lorsque la guerre prendra fin, l’impact sur l’approvisionnement pourrait durer des mois, voire des années, le temps que les réparations soient effectuées”, a déclaré Saul Kavonic, analyste énergétique chez MST Financial au quotidien britannique.
Les marchés européens pourraient être particulièrement affectés et voir en conséquence une hausse des prix du GNL, note Babak Hafezi, professeur de commerce international à l’American University. “Depuis le début de la guerre en Ukraine et la destruction des gazoducs Nord Stream, les Allemands et l’Union européenne sont devenus des importateurs nets de GNL”, a-t-il expliqué à Al Jazeera. “Les pays les plus petits, aux économies plus fragiles du Sud global, seront les plus touchés, car la hausse des prix du GNL entraînera une destruction de la demande”, a-t-il ajouté.
L’escalade de mercredi a de nouveau fait grimper le prix du pétrole, poussant le baril de Brent au-delà des 112 dollars, rapporte la BBC.
Réagissant aux frappes iraniennes au Qatar, Donald Trump a promis mercredi soir de détruire le champ gazier de South Pars si Téhéran poursuivait ses attaques. Le locataire de la Maison-Blanche a confirmé qu’Israël était à l’origine de l’attaque contre le site iranien dans le Golfe persique mais il a affirmé que les Etats-Unis « ne savaient rien » de cette attaque.
Le président Emmanuel Macron a, lui, proposé jeudi un moratoire sur les frappes contre les infrastructures civiles, notamment énergétiques et hydrauliques, au Moyen-Orient. “Les populations civiles et leurs besoins essentiels, ainsi que la sécurité des approvisionnements énergétiques, doivent être préservés de l’escalade militaire”, a souligné le chef de l’État sur X qui a précisé avoir joint les dirigeants du Qatar et des États-Unis après les frappes de mercredi.
Source : www.courrierinternational.com

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