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Les prix du gaz et du pétrole se sont envolés, jeudi 19 mars 2026, après des frappes iraniennes contre des infrastructures énergétiques dans le Golfe. Téhéran a promis une vaste riposte en réponse à l’attaque contre le champ gazier de South Pars, le plus grand gisement du monde, qu’il partage avec le Qatar.
La guerre lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran est-elle entrée dans une nouvelle phase ? Depuis le 28 février, les frappes visaient principalement des cibles militaires, même si quelques infrastructures énergétiques avaient déjà été touchées, notamment des sites de stockage, de raffinage ou de transport. Mais depuis mercredi 18 mars, ce sont désormais les installations de production de gaz et de pétrole qui sont directement visées.
Un drone s’est abattu jeudi 19 sur la raffinerie saoudienne de Samref, sur les rives de la mer Rouge. « L’évaluation des dégâts est en cours », a indiqué le ministère saoudien de la Défense. Au Koweït, deux sites pétroliers ont été visés par des drones, provoquant des incendies. Aux Émirats arabes unis, un complexe gazier a été fermé après la chute de débris de missiles.
Mais surtout, c’est le site de Ras Laffan, au Qatar, le plus grand pôle de liquéfaction de gaz naturel (GNL) au monde, qui a été visé dans la nuit de mercredi à jeudi.
20% des réserves mondiales
Le tournant est intervenu lorsque des frappes attribuées à Israël ont visé mercredi des installations du complexe de South Pars, en Iran, déclencheur de cette riposte tous azimuts de Téhéran. Au centre de cette escalade : l’immense champ gazier offshore de Pars, partagé par l’Iran (South Pars) et le Qatar (North Dome ou North Field).
Au-delà de sa particularité d’être à cheval entre les eaux qatariennes et iraniennes, Pars est le plus grand gisement gazier du monde, et de très loin. Cette poche, située à 3 kilomètres en-dessous du lit de la mer, s’étend sur 9 700 km2 et renferme quelque 50 000 milliards de m3 de gaz, ce qui représente environ 20% des réserves de gaz disponibles sur la planète.
Ligne rouge
Un site hautement stratégique pour l’Iran, qui en a fait une ligne rouge, souligne notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi. Ce champ gazier est essentiel pour l’économie du pays où tout le monde utilise le gaz pour se chauffer ou pour la cuisine, explique-t-il. Le gisement fournit près des trois-quarts de la consommation de gaz iranienne.
Téhéran avait prévenu depuis des mois : en cas d’attaque contre ses installations, l’ensemble des infrastructures énergétiques de la région serait visé. Des avertissements répétés depuis le début de la guerre, rappelle notre correspondant. La riposte iranienne, menée en quelques heures contre plusieurs pays du Golfe, s’inscrit dans cette logique. Le message est clair : l’Iran n’acceptera pas qu’on touche à ses installations.

Côté qatarien, ce gisement constitue le socle de la puissance énergétique de l’émirat, deuxième exportateur mondial de GNL, et dont les hydrocarbures représentaient 83% des recettes publiques en 2023, selon un rapport de 2025 de l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA).
Selon Doha, deux missiles balistiques visant Ras Laffan, le plus grand pôle de liquéfaction de gaz, ont été interceptés, mais un incendie, désormais maîtrisé, a provoqué des dégâts « considérables », selon la compagnie publique QatarEnergy, attisant les craintes pour l’approvisionnement énergétique mondial.
« Escalade dangereuse »
Condamnant une « brutale attaque iranienne » contre Ras Laffan, le ministère qatarien des Affaires étrangères a fustigé une « escalade dangereuse, une violation flagrante de (sa) souveraineté et une menace directe pour (sa) sécurité nationale ».
Et l’escalade pourrait ne pas s’arrêter là. Si l’Iran « attaque » encore le Qatar, « les États-Unis d’Amérique, avec ou sans […] Israël, détruiront massivement l’intégralité du gisement de gaz de South Pars avec une force et une puissance que l’Iran n’a jamais vues ni connues auparavant », a menacé Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.
De quoi faire flamber à nouveau les prix du pétrole et du gaz. Les experts craignent des conséquences à long terme, le site produisant à lui seul environ un cinquième du GNL expédié par bateau dans le monde. L’Iran exporte par ailleurs une partie de son gaz vers l’Irak et la Turquie, ce qui pourrait aussi affecter l’approvisionnement régional, selon l’Institute for the Study of War (ISW).
Le PDG de QatarEnergy a indiqué à Reuters que l’attaque avait mis hors service environ 17% de sa capacité d’exportation de GNL. Deux des quatorze trains de GNL du Qatar et l’une de ses deux installations de gaz à liquides (GTL) ont été endommagés. Les réparations entraîneront, selon lui, une perte de 12,8 millions de tonnes de GNL par an pendant trois à cinq ans.
« Cette attaque a des répercussions majeures sur les approvisionnements énergétiques mondiaux, a déclaré jeudi Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, Premier ministre et chef de la diplomatie qatarienne lors d’une conférence de presse, en référence aux importants dégâts subis à Ras Laffan. De telles attaques n’apportent aucun bénéfice direct à aucun pays. Au contraire, elles causent du tort et ont un impact direct sur les populations. »
Sur X, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a averti que la riposte de Téhéran n’avait mobilisé qu’« une fraction » de ses capacités, promettant « zéro retenue » si ses infrastructures étaient de nouveau ciblées.
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Source : www.rfi.fr

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