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19 mars 2026Logement : « 7 Français sur 10 ont de vraies attentes, très précises, vis-à-vis de leur maire », notamment les jeunes, souligne Henry Buzy-Cazaux, membre du Conseil national de l’habitat
Quel est l’impact de la crise du logement dans les urnes pour ces élections municipales ? Pour en parler, le « 11h/13h » de franceinfo du jeudi 19 mars reçoit, à l’approche du second tour, Henry Buzy-Cazaux, membre du Conseil national de l’habitat. Il fait notamment part d’un « constat historique ».
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l’interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Flore Maréchal : Cette crise du logement, elle a pesé justement dans ce scrutin des municipales ?
Henry Buzy-Cazaux : Comme jamais. On a un nombre d’or qu’il faut retenir, c’est : 7 Français sur 10. Un sondage récent réalisé par Odoxa pour Nexity, qui est un acteur leader du logement, révèle que 7 Français sur 10 disaient avant l’élection que ça pèserait dans leur choix. Et puis ensuite, quand on détaille, on s’aperçoit qu’ils ont de vraies attentes, très précises, vis-à-vis de leur maire, en sachant ce qu’un maire peut faire ou pas. Notamment, il a le pouvoir de délivrer les permis de construire. Et certains ne le font pas. Pour construire du logement social, pour construire du logement privé. Il a le pouvoir de réguler le marché. Il y a des outils dans ses mains aujourd’hui. On peut penser à l’encadrement des loyers et quelques autres. Et de manière très précise, en gros, 7 Français sur 10, avec des catégories qui sont encore plus inquiètes, comme les jeunes. On est à huit jeunes sur dix qui considèrent que dans la commune où ils vivent, qu’elle soit grande, petite ou moyenne, même des communes rurales, il n’est pas facile de se loger. Donc ce constat ne fait aucun doute et il est historique, on n’avait pas du tout ce poids dans les précédents scrutins municipaux.
Pour la location et pour l’achat, quand vous parlez des jeunes, c’est pour accéder à la propriété ou même pour se loger tout simplement ?
La première préoccupation c’est de trouver un logement et là encore, et ça c’est depuis cinq ans, les maires qui reçoivent les administrés dans leur permanence s’aperçoivent que cette huitième demande de rendez-vous porte sur le besoin d’un logement pour ses enfants, en général, ou pour soi-même dans des situations qui sont très souvent difficiles. Ce sont des séparations, c’est un enfant qui doit faire des études dans telle ou telle ville, on attend beaucoup du maire. C’est logique, quel que soit le statut, il y a une vraie volonté d’être propriétaire. Ça ne varie pas, ça. Il ne faut pas imaginer, ça ce sont des discours d’élite, de riche, que maintenant tout le monde veut un droit d’usage simplement, comme on dit, et que la location suffit. On a envie d’acheter dès qu’on le peut, c’est-à-dire quand on a 25 ans, 30 ans, c’est entre 25 et 35 ans, que l’envie est très, très forte. Et avec, bien sûr, la préoccupation de la retraite aussi derrière, elle a fait monter cette envie de se protéger, d’être sécurisé, l’envie de transmettre, qui reste très forte, de se prolonger, transmettre à des enfants, à des proches si on n’a pas d’enfants. Et puis bien sûr, on voit que néanmoins, parce que les taux d’intérêt ont augmenté, on s’était fait à des taux d’intérêt à 1 % depuis très longtemps, ils sont aujourd’hui autour de 3,3 %. C’est un niveau qui restera, c’est un niveau très sain d’ailleurs pour les banques, sauf que ça coupe quantité de ménages de l’acquisition et on s’aperçoit qu’il y a à peu près 700 000 ménages de moins par an depuis trois ans qui ont le désir d’accès à la propriété et qui basculent, et donc ils viennent rallonger les demandes de logements en location privée, au HLM.
On suit régulièrement le nombre de demandeurs de logements sociaux. Regardez ce chiffre, cette demande croissante, près de 2 900 000 de demandeurs de logements sociaux en 2025, et seule une demande sur 10 est satisfaite. Ce sont les chiffres en tout cas que donne l’Agence nationale du contrôle du logement social. Qu’est-ce que ça nous dit ? Déjà, il y a de plus en plus de demandeurs et ce sont les plus pauvres qui pâtissent aussi de cette demande qui explose, finalement.
Bien évidemment, il y a un mécanisme d’éjection, c’est-à-dire que derrière ces chiffres-là, il y a des situations terribles avec des mal-logés, des très mal-logés, des sans-abris et les chiffres sont très froids. Mais il y a 3 millions, c’est-à-dire deux fois plus qu’il y a 10 ans, deux fois plus de demandeurs. Alors, pour être précis, dans ces 3 millions, il y a 1 million qui sont déjà dans le parc HLM mais qui ont besoin de changer pour avoir plus grand, plus petit, moins cher. Et 2 millions qui sont des demandeurs : 70 % des Français ont droit à un logement HLM. Et donc, quand on ne trouve pas dans le logement privé, qui est un réflexe naturel, on va déposer un dossier de candidature. Et en effet, la durée d’attente d’un logement, elle est de l’ordre de 10 ans, puisque c’est ça l’histoire. Dix ans, douze ans, quinze ans quand on est à Paris ou dans d’autres grandes villes. Ça veut dire qu’en réalité, on aura trouvé une autre solution. On aura eu un espoir qui aura été déçu. Mais justement, les Français, dans le sondage que j’évoquais, attendent de leur maire qu’il respecte la fameuse loi SRU, vous savez, avec le quota de logements sociaux.
Cliquez sur la vidéo pour regarder l’entretien en intégralité.
Source : www.franceinfo.fr

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